Live Report Exclusif

DIR EN GREY à l'Elysée Montmartre

18/02/2020 2020-02-18 17:39:00 JaME Auteur : JBH Correcteur : Aravinth

DIR EN GREY à l'Elysée Montmartre

Compte-rendu du concert de Dir en Grey du 8 février 2020 à l'Elysée Montmartre


© Lucy CH - JaME team

Un peu plus d'un an après leur concert au Trianon, DIR EN GREY revient en France dans le cadre de leur tournée TOUR 20 This Way to Self-Destruction. Malgré la pluie, les fans de DIR EN GREY, tout de noir vêtus, se sont déplacés massivement pour ce concert (même si l’Élysée Montmartre n'est pas plein).

Dans la queue déjà immense quelques heures avant le début du concert, on peut croiser des fans du monde entier : d'Europe, évidemment, mais aussi de Corée et du Japon.

19h30 : Le D.J. Philippe Parizot joue des morceaux de metal (KornRATM, New Order etc.) et électro face à un public peu réceptif (sauf quelques exceptions).

20h30 : Une vidéo introduisant le morceau Zetsuentai apparaît sur un écran géant. A la fin de celle-ci les membres de DIR EN GREY font enfin leur entrée sur scène à tour de rôle : le batteur Shinya, le bassiste Toshiya, les guitaristes Kaoru et Die et enfin le chanteur Kyô.

Le groupe, comme à son habitude, est très pro et charismatique mais c’est surtout leur chanteur Kyô qui capte davantage l’attention. Ce dernier est toujours aussi impressionnant de charisme. Ce soir il est habillé tout en noir. Cette couleur contraste avec le blanc de ses gants et  de son visage. En effet son visage grimé en blanc nous fait naturellement penser au personnage du Joker, interprété magistralement il y a peu au cinéma par Joaquin Phoenix.

Comme ce personnage, Kyô nous interprète un personnage torturé, sombrant dans la folie. Il fait des figures avec son corps et ses mains tel un pantin désarticulé comme possédé par le diable. Kyô alterne les positions accroupies et debout sur son estrade, se frappe le torse, mime de se pendre avec le fil de son micro pendant Aka ou de sortir ses viscères pendant The World of Mercy, morceau issu de leur dernier single éponyme. Il alterne entre voix de tête et growls, se prend la tête entre les genoux, part dans un monologue délirant lors de Merciless Cult, morceau issu de l’album Withering to Death (2005), l’un des rares morceaux de la soirée à ne pas être issu de leur dernier album The Insulated World (2018).

Le chanteur n’est pas très bavard mais lorsqu’il harangue le public avec ses bras, ce dernier lui répond par de vives acclamations. Le public est très réceptif, en communion avec le groupe, en transe malgré les sonorités très lourdes, brutales du groupe. DIR EN GREY est techniquement parfait dans son nouveau style. Le groupe semble très soudé et enchaîne les morceaux quasiment sans temps mort sur fond de vidéos kaléidoscopiques au rythme très rapide, alternant vidéos de désolation : villes (New York, Venise etc), nature (paysage de forêts en feu lors de Ranunculus) ou encore êtres humains (vidéo d’un enfant et son ours pendant Aka) ainsi que des vidéos plus ou moins ésotériques (pyramides sur The World of Mercy). Hormis sur quelques chansons (The World of MercyRanunculus) où l’on peut entendre des arpèges et des passages mélodiques (signature habituelle de DIR EN GREY) au début des morceaux ou au milieu de passages violents, le reste des autres morceaux sont très brutaux.

D’ailleurs, on ne peut qu’être impressionné par le jeu très rapide et puissant de Shinya qui cogne ses fûts à un rythme effréné. Les membres du groupe restent généralement à leur place habituelle : Kyô au centre, Kaoru et Toshiya en retrait à gauche, Die à droite et Shinya au fond, hormis de rares fois comme sur Rubbish Heap où les membres du groupe bougent de place et s’avancent vers la scène.

21h35 : Après The World of Mercy, le public applaudit chaleureusement le groupe qui quitte temporairement la scène. La première partie du concert de DIR EN GREY vient de se terminer, c’est l’heure du rappel ou plutôt des rappels !

Avant le retour du groupe sur scène, les fans crient des « encore » et se font servir de l’eau dans les premiers rangs.

21h 40 : Soit à peine 5 minutes plus tard, le groupe réapparaît et enchaîne avec sa première chanson de rappel : Followers. Lors de celle-ci Kyô nous rappelle combien le monde est cruel et se cogne la poitrine avec son micro. Le groupe enchaîne sur The Deeper Vileness. Le public headbangue en cœur. On assiste à un déchaînement de violence. Shinya continue à frapper ses fûts avec vélocité et maestria. Kyô quant à lui, harangue la foule avec ses mains en criant des « Paris », celle-ci le lui rend bien en l’acclamant en retour. Il annonce au public une « last song ». Le groupe enchaîne ensuite avec Utafumi. La foule hurle, un fan réussit même à monter sur scène avant de se faire éjecter. Pendant ce temps, dans la fosse, des pogos et des circle pits se créent spontanément. Le public est déchaîné, à l’unisson avec le groupe. Le public est ravi. Les membres du groupe quittent à nouveau la scène chacun leur tour. Toshiya cogne sur sa basse, Die lève sa guitare, Shinya jette ses baguettes, Die et Kaoru leurs médiators. Le public applaudit à nouveau vivement le groupe. Kaoru est le dernier à sortir de scène. La salle se rallume sur une version enregistrée, soft, de Ranunculus.

22H : Cette fois, le concert semble réellement terminé. Cependant il n’en est rien, après quelques minutes de pause et de réclamations du public scandant des « encore », les membres de DIR EN GREY finissent par revenir pour une ultime fois. C’est tout d’abord Shinya qui fait sa réapparition puis tour à tour à tour les autres membres. Le groupe revient avec un 17ème et dernier morceau : Sustain the Untruth, cette fois issu de l’album Arche. A la fin de la chanson, DIR EN GREY reçoit à nouveau de très vives acclamations du public. Kyô applaudit la foule. Shinya balance à nouveau ses baguettes. Kaoru quant à lui est le dernier à quitter la scène, il jette ses médiators dans la fosse et salue une dernière fois le public de la main avant de tirer sa révérence. Les lumières de l’Elysée Montmartre se rallument à nouveau. Cette fois c’est bien la fin, le spectacle est terminé. Le public semble très largement satisfait et nombre de spectateurs se tournent vers le stand de merchandising afin d’acheter un souvenir de ce concert, le dernier album du groupe ou le t-shirt de la tournée avant de repartir chez eux.

Avis personnel :

Techniquement le groupe a été irréprochable ! Comme à son habitude, DIR EN GREY a été très pro, sans fausses notes ou soucis techniques apparents (comme ce fut malheureusement le cas sur leur dernière tournée dont leur dernier concert parisien). Les membres du groupe sont toujours très charismatiques en particulier Die et Kyô, le maître de cérémonie. Le public a été largement conquis. Toutefois pour des personnes (comme moi) fans des premiers albums du groupe et ayant du mal avec le virage metal extrême abordé dès Uroboros (2008) mais surtout à partir de Dum Spiro Spero (2011), ce n’était clairement pas le spectacle auquel il fallait se rendre. En effet, le groupe a joué quasi exclusivement les morceaux de son dernier album (The Insulated World - 2018) ou de son dernier single (The World of Mercy) caractérisé par un son très brutal et contenant peu de passages calmes et mélodiques au sein des morceaux comme on en avait l’habitude auparavant. Seul Merciless Cult aurait pu satisfaire les fans de l’ancienne génération. Si on peut comprendre l’envie du groupe d’évoluer et de promouvoir leurs dernières compositions, on peut regretter toutefois que DIR EN GREY ne pense davantage à ses premiers fans en ne proposant pas une set list plus éclectique.

Set list :

Nouvelle intro (S.E) 

1. Zetsuentai

2. Ningen o Kaburu

3. Rubbish Heap

4. Devote My Life

5. Keibetsu to Hajimari

6. Celebrate Empty Howls

7. Aka

8. Merciless Cult

9. Downfall

10. Values of Madness

11. Keigaku no Yoku

12. Ranunculus

13. The World of Mercy

Premier rappel :

1. Followers

2. THE DEEPER VILENESS

3. Utafumi

Second rappel :

1. Sustain the untruth 

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