Dossier

The King Brothers, l'autre coté du rock nippon

14/10/2006 2006-10-14 12:00:00 JaME Auteur : luca

The King Brothers, l'autre coté du rock nippon

Mise en bouche

Le nom du groupe vient de l’admiration des fondateurs du groupe pour les blues Brother même si leur son n’a pas la même orientation musicale. Le groupe fait partie de la nouvelle vague rock japonaise de la fin des années 90’s. Mais les King Brothers jouissent d’une réputation assez rare dans le milieu autarcique du monde musical japonaise.
En effet, leur début et la construction de la flamme explosive de ce groupe se sont forgés aux Etats-Unis où ils vont avoir une exposition dans le milieu rock underground assez conséquente.
Leur style sera classifié entre les compositions de la même veine que le groupe Belle and Sébastian et la folie de leur compatriote Guitar Wolf.
Leurs prestations lives en ont fait un groupe culte et en marge des productions de l’époque.


Une genèse rapide - 1997

Le groupe va se former à Nishinomiyan, non loin d'Osaka avec au départ quatre membres qui seront vite réduits à Masafumi Koyama, Keizo Matsuo et Jun Fujimoto. Apres des débuts locaux dans leur bon vieux garage d’une banlieue d’Osaka, ils se lancent rapidement dans leur premier concert pimenté par des passages radiophoniques. Keizo Matsuo ayant des attaches aux Etats-Unis, décide une migration du trio pendant quelques années. Une idée furieusement déjantée pour un groupe nippon.



Les années US - 1998/2001


Ne maitrisant pas spécialement la langue de Shakespeare, les « trois petits jaunes » vont communiquer avec l’un des meilleurs traducteurs : Mr rock’n’roll. Un rock qui ne mange plus depuis longtemps dans les succès populaires.
Mais la scène rock indépendante newyorkaise est bien là.
Elle sera le salut de nos trois japonais qui signeront chez bulb record qui croit en leur projet.
C’est ainsi que sort leur premier album éponyme en début d’année 1998 aux USA.
Un album brutal et intensif, avec un son assez primitif dans la même veine que le groupe John Spencer Blues Explosion...

Ils vont alors se lancer dans la tournée des petites salles de la côte Ouest, améliorant de manière significative leur son.
Ils signent début 99 avec un nouveau label indépendant US et sortent l’album « Blue » avec une orientation blues de très bonne facture. Leurs titres sont alors principalement en anglais permettant l’arrivée de critiques positives de la presse locale de plus en plus généralisée.

Leur pays natal ne va pas être en reste en cette année 2000 pour leurs trois exilés. En effet, l’été va être chaud. Ils vont alors participer aux deux plus gros festivals de la période estival.
Rising Sun Festival et le Fuji rock Festival. Ils seront alors présentés comme la révélation rock de 2000.
Leur intermède nippon sera clôturé par le concert « That summer feeling » avec The High Lows et the Neatbeats fin août.

Ils repartent alors aux Etats-Unis après avoir signé chez DECKREC RECORDS avec une sortie américaine et anglaise de leur nouvel album « RED ». Cet opus est encore une progression vers une qualité qui confirme tout le talent du trio qui sera accompagné par Okker T qui possède une solide réputation dans le milieu.


Le retour en terre promise - 2001/2003

Non les Kings ne sont plus ces aventuriers partis à la conquête des gringos. C’est ainsi que courant 2001, ils vont faire leur retour dans leur pays natal par la grande porte. Une porte qui se nomme Toshiba Records.
C’est ainsi que va sortir leur meilleur production depuis leur début sous le nom « Rainbow ».
Voyage blusie sur les traces d’un rock des années 70 où les pierres qui roulent marchaient à la cocaïne folle. Un album qui sera indispensable en cette année 2002.
Un album qui sera aussi une redécouverte du son particulier de l’album Exile On Main Street des Rolling stones sorti en 1972. Cet exploit va permettre réellement de faire passer les King Brothers dans la postérité dans le milieu les menant dans l’élite du rock nippon.

Ils se lanceront sur une tourné dans l’archipel avant de débarquer au Fuji rock festival de 2001.

Puis fin août, ils retourneront en terre conquise pour l’un des meilleurs live de la scène rock nippon en ce début de siècle. Direction New York avec dans leurs valises, l’élite du rock nippon, la Michelle (The Michelle Gun Elephant) et les lows (The High-Lows), un show qui durera 5 h... collector !

Il ne faudra pas négliger l’excellent semi best of « In The Red » qui sortira aux USA. Cet opus est une mosaïque de leurs meilleurs morceaux lives. La meilleure façon pour les novices du groupe de comprendre l’instabilité de la nitroglycérine que transporte les King pendant leur live. Hey baby !

Connus aux USA, c’est ainsi qu’ils vont alors se rapprocher naturellement de l’un des rares groupes possédant ce son explosif : Jon Spencer Blues Explosion
Ils vont alors se lancer dans une tournée dans tout l’archipel en duo avec les Jon Spencer Blues Explosion .Ils seront rejoints sur plusieurs dates par les wolfs (Guitar Wolf).

Ces même Wolf qu'ils retrouveront lors des deux festivals auquels ils sont les abonnés permanents depuis trois ans : le Rising Sun Festival et le Fuji rock Festival 2002.

Ils sortiront cette même année un mimi album « 6x3 » qui sera produit et réalisé comme par hasard par Jon Spencer. Simplement composé de six titres d’une qualité toujours aussi présente.


Une nouvelle route - 2003...

L’année 2003 sera l’occasion de faire une bonne préparation studio pour la sortie de l’album 13.
On sent alors une réelle rupture avec les précédentes productions. Moins explosif et plus posé, pour les amoureux du groupe, il faut plusieurs écoutes pour bien rentrer dans l’album. Mais après cette petite adaptation, on est vite conquis par les trois rockeurs. Surtout par un final jouissif sur les derniers morceaux mielleux et excentriques.
On est drogués aux King.

Cette année aura comme autre fait d’arme leur première collaboration avec les Elephant Kashimashi. (Le groupe rock nippon avec l’une des plus belles discographies et longévité)...

La cassure va arriver en 2004 avec le départ de Jun Fujimoto. Jun avait sûrement senti que l’orientation musicale moins radicale du groupe n’était plus dans ses pulsions personnelles...
Il sera remplacé par Shinji Wada.
Shinji Wada va se fondre très facilement avec le duo Masafumi Koyama, Keizo Matsuo sur leur nouvel album « Blues ».
Il est bizarrement plus explosif que leur précédant album 13, ils reviennent au son des deux premières années 2000. Les premières minutes restent tout même assez posées avant une exaltation agrémentée par des passages de saxophone.

Come back US en 2005 sera l’occasion pour le groupe de repartir sur les routes américaines pendant les six premiers mois de l’année avant un retour dans l’archipel.

Mais depuis début 2006, on sait que Shinji Wada le batteur du groupe a quitté les King.
Le duo formateur reste pourtant toujours en activité avec leur participation sur l’album hommage à Nirvana sorti en 2006. Mais il est évident qu’à la vue de l’influence et de la réputation du groupe, on attend de savoir quand ils vont retrouver le chemin des salles et des studios.
On espère assez rapidement car 2006 est à l’heure actuelle, la seule année réellement blanche du groupe.


Bilan

Quand on parle rock au japon ces 10 dernières années, on ne peut pas occulter l’influence des King Brothers qui sont, à l’heure actuel, l’un des groupe nippons les plus remarqués par les critiques américaines.
Pourquoi ?
Les raisons viennent de leur sonorité rare à l’heure actuelle.
Un son qui se fait rare de nos jours, le son des stones dans leur meilleur moment des années 70.
Mélange de blues rock viril qui vous revient en plein face.
Les King possèdent aussi l’une de leurs meilleures facettes en live. Brutal !
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