Interview

Interview de BlackLab

21/05/2020 2020-05-21 13:50:00 JaME Auteur : Christine Traducteur : Aravinth Correcteur : Nanazuka

Interview de BlackLab

BlackLab, le « duo des sorcières noires » originaire d’Osaka, nous parle de son nouvel album « Abyss », de sa création et de la vie quotidienne en pleine crise du COVID-19.


© BlackLab. All rights reserved.
Surnommé le « duo des sorcières noires », BlackLab joue un doom/stoner metal mêlé à une sorte de punk lourd et confus, dans une ambiance qui rappelle les premiers travaux de Boris. Elles viennent de sortir leur second album Abyssen version numérique via le label britannique New Heavy Sounds le 8 mai dernier et avaient prévu de se produire pour la première fois à l’étranger au festival Desert Fest à Londres ce mois-ci. Malheureusement, du fait de l'importante crise sanitaire causée par le nouveau coronavirus, l’évènement s'est vu annulé. Les fans étrangers devront patienter quelques temps avant de pouvoir vivre une de leurs performances live.

Néanmoins, malgré leur look et leur musique peu reluisants, les deux membres de BlackLabrestent positifs. JaME a pu interroger la guitariste et chanteuse Yuko Morino et la batteuse Chia Shiraishi sur leur nouvel album, leurs racines musicales et sur leur quotidien en période de confinement.

Qu’est-ce qui vous a attiré dans le doom/stoner metal ? Un artiste qui vous a inspiré en particulier, la scène en général ou plutôt des sonorités ?

Yuko Morino: Honnêtement, je ne suis pas si familière avec la scène doom/stoner metal. Quand j’étais jeune, j’adorai le rock psychédélique japonais et le rock des années 70 avec des groupes comme The Stooges, Led Zeppelin, etc. Et j’adore les premiers disques de Black Sabbath. Aussi, j’ai été choquée de voir que des morceaux de groupes comme Sleep et Cathedral étaient inclus dans une compilation de clips sortis par Earache dans les années 90. À cette époque, je ne connaissais pas la scène doom/stoner metal. Ma dernière découverte musicale est The Dead Weather. J’ai l’impression que ce groupe m’a guidée vers la découverte du genre doom/stoner metal. Je suis toujours avide de découvertes musicales.

Votre représentation au Desert Fest à Londres a malheureusement été annulée, étant donné la crise sanitaire actuelle. Prévoyez-vous toujours de vous produire à l’étranger à l’avenir ? Si oui, y-a-t-il des pays, en plus du Royaume-Uni, que vous souhaiteriez visiter si l’on vous en donnait l’opportunité ?

Yuko Morino: Si possible, je souhaiterais que nous nous produisions au Desert Fest l’an prochain. Pour le moment, il n’est pas prévu de tourner à l’étranger. Les fans originaires d’Europe, des États-Unis, de Taïwan et de la Chine espèrent nous voir en live. Je souhaite me rendre dans plusieurs pays mais je n’ai pas de pays particulier en tête.

Mais, dans le monde de l’après-corona, nous redoutons une hausse des prix des billets d’avion et un ralentissement de l’activité mondiale. À cause de cela, nous réalisons qu’il pourrait être difficile de tourner à l’étranger.

Chia Shiraishi: J’étais déçue de ne pas pouvoir venir pour le Desert Fest mais je garde espoir pour l’an prochain. Nous sommes dans l’impossibilité de nous produire au Japon ainsi qu’à l’étranger, mais nous souhaiterions jouer dans n’importe quel pays où un fan souhaite nous voir. Je suis plutôt intéressée par la scène musicale underground des pays comme la Chine, la Corée du Sud et Taïwan.

Comment Abyss se distingue de votre précédent album Under The Strawberry Moon 2.0 ? Avez-vous essayé de nouvelles choses sur ce nouvel opus ?

Yuko Morino: Notre manière d’enregistrer n’a pas changé par rapport à nos précédents travaux.  Même notre déjeuner (des pizzas commandées chez Domino’s) n’a pas changé. En fait, nous n’avons changé que nos micros et nos pédales de guitare. Mais l’ajout de quelques pédales d’effet valait vraiment le coup, pour créer de nouvelles sonorités de guitare. J’ai ajouté une pédale « wah-wah » et un buffer à ma pedalboard. La DareDevil Atomic Cock (pédale « wah-wah ») marchait très bien, le son de la guitare sonnait encore plus enragé que ce qu’on avait fait dans le premier album. À part ça, j’ai essayé d’imiter un son de Moog (NDLR : marque de synthétiseurs) dans une chanson. Oh et puis autre chose, Chia a rajouté un petit chœur et un son de cloche dans une autre chanson.

Comment s’est déroulé le processus d’écriture des morceaux ? D’où tiriez-vous votre inspiration ?

Yuko Morino: Pour la composition, j’ai été souvent inspirée par les visuels cinématographiques et des scènes d’anime/manga que j’ai vus ou lus dans le passé. Par exemple, « Edward aux mains d’argent », « Brazil », « Mad Max », « Ring Virus », « JoJo’s Bizarre Adventure », « AKIRA » et plus encore. Sur la manière dont j’écris les morceaux, d’abord, je définis à peu près le style de la chanson. Rapide ou lent, le choix de la mesure (irrégulière ou non), etc. Ensuite, j’ajoute les riffs qui me viennent à l’esprit dans la vie quotidienne. Je les arrange, je les travaille et je les assemble.
Et ensuite, nous faisons des bœufs pendant les répétitions au studio, où moi-même et Chia créons le morceau ensemble. Après plusieurs essais, nous décidons de la partition de la batterie. Nous complétons le morceau de cette manière et ensuite créons la mélodie vocale. Enfin, j’applique les paroles à la mélodie vocale.

Y-a-t-il quelques titres d’Abyss qui étaient particulièrement difficiles à écrire ou à enregistrer ?

Yuko Morino: Nous n’avions pas beaucoup de temps entre la fin de l’écriture des morceaux et l’enregistrement, donc c’était un peu éprouvant. Cependant, d’un autre côté, je pense que cela nous a permis de nous concentrer davantage sur l’enregistrement. Nous étions dans un très bon état d’esprit. Sur l’enregistrement des guitares, je ne suis pas particulièrement douée pour jouer les leads. Je me suis trompée plusieurs fois et j’ai réessayé, ce qui m’embêtait à chaque fois. Chained est le morceau qui a nécessité le plus de prises. J’ai pris beaucoup de temps sur l’intro de la chanson. Ce qui a été le plus difficile à composer, c’était la mélodie du couplet de Weed Dream. Il m’a été difficile de trouver une mélodie qui convienne à la tessiture de ma voix

Chia Shiraishi: Nous enregistrons la guitare et la batterie ensemble. Donc, si je faisais une erreur, Yuko devait recommencer à zéro, n'est-ce pas ? Quand je pensais à ça, cela me rendait nerveuse, donc il y avait beaucoup de pression à surmonter.

Vous avez mentionné que non seulement vos spectacles au Royaume-Uni, mais aussi les concerts au Japon ont été annulés en raison de la crise du COVID-19. Comment avez-vous passé le temps récemment ?

Yuko Morino: Je passe le plus clair de mon temps à la maison. Nous avons fait une nouvelle vidéo pour Weed Dream et nous avons fait un spectacle en direct sans public que nous avons enregistré en vidéo. Je passe le reste de mon temps à cuisiner, à écrire des chansons et à chercher de nouveaux riffs tout en jouant de la guitare. Et je réfléchis aux réponses que je donne en interview. Tout comme maintenant.

Chia Shiraishi: Je me consacre à des choses que j’aime faire à la maison. Par exemple, je médite, je regarde la lune, je m’amuse avec les cartes de tarot... Je me détends. Je veux garder ce sentiment de détente actuel même après la fin du COVID-19.


Pouvez-vous laisser un message à vos fans étrangers ?

Yuko Morino: Merci de nous soutenir. Le monde est dans le chaos en ce moment, mais la musique ne s'arrêtera jamais. Nous espérons vous rencontrer lors de nos concerts un jour. Merci.

Chia Shiraishi: Merci de toujours nous soutenir. Je considère le présent comme une période préparatoire, et j'aimerais vous rencontrer avec la meilleure performance lorsqu'il y aura un peu plus de sécurité. Merci beaucoup.

JaME aimerait remercier BlackLab et For The Lost pour cette opportunité d'interview.

Abyss est disponible en téléchargement et en streaming ici, et peut être acheté en vinyle et en CD ici.

 


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