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Spécial Blue Monday: on revisite les meilleures ballades de DIR EN GREY #TBT

30/01/2020 2020-01-30 10:22:00 JaME Auteur : Lucy C.H.

Spécial Blue Monday: on revisite les meilleures ballades de DIR EN GREY #TBT

Lundi 20 janvier dernier eu lieu le très redouté lundi de la déprime mais personne n’a dit qu’on ne pouvait pas le fêter le jeudi suivant !


© Danielle Cimafranca

La grisaille. La grève. Les raclette-parties qui comblent votre embonpoint mais pas votre vide intérieur. Ce #TBT ne vient malheureusement pas vous apporter de trêve ni répit, bien au contraire : préparez-vous à plonger dans le monde sombre, morose, inquiétant, voire dantesque des énormissimes Dir en Grey. Et qui pourrait imaginer qu’au-delà des neuf cercles de leur enfer de clameur et d'entrailles ils pourraient se révéler des vrais maîtres de la déprime ? Rétrospective sur notre sélection de leurs 10 meilleures ballades. Oui, vous avez bien lu, ballades. 

1.     Macabre, The Unraveling, 2013

 

Si le mot "métamorphose" vous parle, vous pensez immédiatement à une belle chrysalide qui passe de larve à papillon dans une allègre brume de rose parfumée et d'aurore aux bons présages. Et quid des vraies métamorphoses, celles qui ne connaissent ni fleurs ni flamme, mais plutôt un processus tortueux, déchirant, parfois même odieux et étrangement... jouissif ? Ainsi est l'interprétation magistrale que le groupe fait de ce concept sournois. Seize minutes de béatitude auditive sur la version retravaillée de 2013, qui rajoute quelques ingrédients magiques à la version d'origine, sortie de l'album éponyme de 2000. Vous voulez un conseil ? Éteignez la lumière, allongez-vous sur votre canapé et mettez la version live at Tabula Rasa, enregistrée la même année. Et vous voici en plein espace intersidéral !


2.    Vanitas, Dum Spiro Spero, 2011


La chroniqueuse derrière votre écran ne tarit pas d’éloges envers cette avant-dernière piste de Dum Spiro Spero - il s’agirait selon elle de la meilleure chanson rock jamais créé par un groupe japonais. Et comme par coïncidence, aussi l’une des plus sous-estimées. En toute vérité, nous en savons peu sur Vanitas : les paroles sont attribuées au chanteur Kyo, qui nous récite pendant cinq minutes l’un de ses poèmes les mieux construits d’un point de vue littéraire : un texte sur la mort qui ne surprendrait pas par sa thématique - omniprésente dans ses paroles depuis ses débuts - si ce n’était pour la rumeur qui les soupçonne d'être dédiées à Daisuke Ochida, chanteur du groupe Kagerou et grand ami du groupe disparu courant 2010. De quoi vous donner envie de sortir votre couette, de vous rouler en boule et de pleurer jusqu’au printemps.

3.    Mushi, Kisou, 2002


La voix brisée, déchirée, le tempo mélodique qui se dilate et se rétrécit au rythme des vagues organiques, poignantes, font de Mushi l’une des meilleures performances que l’on ait pu voir de ce groupe en concert. Ce qui ne cessera jamais de nous harponner dans ce morceau est son étonnante simplicité - des fois la franchise se substitue à tout artifice, elle émerge comme un énorme vaisseau naufragé, nu, brisé. Mention honorable pour l'exceptionnel travail des guitaristes, qui ne se privent jamais de nous livrer une interprétation acoustique hors norme de ce morceau en live. Et il en va de soi, la tessiture du chant se prête à une interprétation somptueuse, torturante, troublante, qui nous fait frémir, bondir, haleter. Mushi ( ), qui se traduit par “insecte”, est quelque chose qui émerge des cratères, des bas-fonds, des tripes. De profundis, comme disent les érudits. Vous êtes toujours en train de pleurer sous votre couette ? C’est bien, restez-y. 


4.    Glass Skin, Uroboros, 2008


Quel est le poids du sang, nous demandent les paroles de cette ballade inattendue, discrètement perchée entre deux chars de combat à la sixième piste de Uroboros. Avec le grotesque, le musclé et le viril, la fragilité est, non sans surprise, l’un des éléments récurrents du travail poétique du groupe, et Glass Skin est un excellent exemple de l'interprétation magistrale de ce concept aussi sournois qu'épineux. Pourquoi? Parce que la fragilité est quelque chose qui a des plumes... mais aussi des griffes. Pour lui rendre hommage, il faut prévoir une envergure sentimentale hors norme, un vocabulaire métaphorique vaste et diversifié. Un groupe de métalleux à l'allure effrayante peut-il saisir quelque chose d’aussi volatile et filiforme ? La preuve en est que oui - à force de chanter la rage et les viscères, on en apprend quelque chose sur ce poids du sang, cette transparence de la peau, verre givré recouvrant à la fois le pathétiquement chétif et le plantureusement puissant.


5.    The Final, Withering to Death, 2005


L’année 2005 avait marqué le début de l’exportation du groupe à l’étranger. Mais que peut-on attendre d’un groupe qui chante quasi-exclusivement en japonais, avec l'esthétique qui va avec et, cerise sur le gâteau, une étiquette de métal inclassable sur le front ? Est-ce qu’ils traduiraient leurs chansons ? Essaieraient-ils de se rendre plus potables ? Plus orthodoxes ? Heureusement qu’aucun de ces augures n’a vu la lumière du jour. Sereins et fidèles à eux mêmes, les Dir En Grey débarquèrent au Texas en 2006 et le Nouveau monde les accueillirent à guichets fermés. The Final commence par des accents électroniques mais progresse rapidement vers un tempo mélodieux. La lumière fait son apparition via une basse bien apparente et bien intégrée au travail des guitares, ainsi que par la batterie puissante et véloce de Shinya. The Final ne suffit certes pas pour définir ce groupe qui échappe à tout classement, mais le fait est que cette machine de guerre musicale est devenue comme que le générateur qui ne cesse jamais de remplir les publics de cette ardeur enjouée qui hante les bons concerts de métal.


6.    Tousei, Arche, 2014


Une piste qui pourrait bien appartenir à Withering to Death (2005), sauf qu’elle est bien au beau milieu de Arche, album insolite, inclassable, provocateur. Pédales à fond, le mot tousei (濤声) dénote un hurlement, mais la chanson en soi se rapproche plus d’un soupir, progression suspendue à plusieurs pieds du sol, lente, non sans une certaine angoisse, qui s’achève par une dernière ligne cristalline, étrangement bouleversante : ce qui est caché dans les profondeurs les plus sombres du coeur pulse en moi avec un sourire doux. Avec un sourire doux. Dites-donc, vous pensiez que Dir En Grey manquait de poésie ? Il est peut-être temps de dépoussiérer votre japonais et de vous mettre à la lecture.

7.    Embryo, Kisou, 2002


Embryo emporte de loin le palmarès des paroles les plus troublantes que l’on ait pu écouter dans un album depuis... toujours ? Si vous vous souvenez du tumulte causé par Polly de Nirvana (Nevermind, 1991), peut-être que vous vous dites que le thème du viol ne choque plus en chanson. Et pourtant nous vous assurons que, une décennie plus tard, Dir En Grey a su lui rajouter une ou moult couches d’effroi. Un matin d’été 1983, le ton est donnée : un histoire sordide, une jeune femme anéantie par un père incestueux et assassin, son émouvante revanche. Le thème de la maternité est omniprésent, intrigant, les premiers versets chouchoutés. Ici, peu de cris, une basse qui tient l’édifice bâti par deux guitares irréprochables, une interprétation qui fait frontière avec la tendresse, qui l’aurait dit ? Que même les plus épouvantables des personnages pourraient avoir de pareils lacs souterrains de bonté et de miséricorde qu’ils nous font, sidérés, nous demander comment ils arrivent à jouer les monstres le reste du temps.


8.    Vinushka, Uroboros, 2008

Non, nous ne savons pas ce que vinushka veut dire, mais si vous voulez l’avis d’une russophile, il semblerait qu’il s’agit d’une déclinaison du mot “вина”, soit “culpabilité”. Si on veut déceler un thème en n’entendant uniquement Uroboros, l’imagination lévite immédiatement vers le serpent qui se mord la queue, symbole de continuité, éternel retour, chaos initial. En bon prélude à la cohue qui suit, Vinushka commence avec l’un des meilleurs passages vocaux de la carrière de Kyo, un registre à la fois intime et brutal, alternant passages tièdes aux touches acoustiques de Kaoru, confiance acquise vite brisée par la sauvagerie du batteur vers le point culminant de la chanson. Paroles denses, délibérées, un travail littéraire aux multiples références orientales pas forcément accessibles aux non-initiés, presque dix minutes d’un sentiment cru, jet en multiples textures d’un spleen leste, grivois, voyage au bout d’un être torturé en quête d’une lueur de vérité, que dire d’autre de cet incontestable chef-d’oeuvre ? Koko ga shinjitsu da, soit la vérité est ici.



9.    Koudou, Withering to Death, 2005

Rythme énergique, volupté instrumentale, mais une poésie empreinte de désarroi, telle est la dernière chanson de Withering to Death. Koudou (鼓動) désigne un battement de coeur. Un seul ? Si l’on peut se permettre, on la décrirait plutôt comme vingt-deux ans de battements de coeur multipliés par des millions - pas une référence aux cours de cardio que vous avez loupé en janvier, mais aux plus de deux décennies de carrière du groupe. Koudou est comme un catalogue de ce que Dir En Grey fait de mieux : des sonorités électroniques, une prestation captivante de la part de la guitare de Die (instrumentiste ovni mais dont le talent n’est pas à négliger), des versets mélodiques superbement interprétés entrecoupés par une démonstration spectaculaire de la tessiture du chanteur. Malgré les paroles orageuses, auto-destructrices, le message est libertaire, épiphanique, décharge électrique de tout ce que le rock fait de mieux le temps d’une inspiration, saccadée et lancinante. Injection de puissance sauvage et indomptée. La liberté vous va bien, Dir En Grey!



10.  Ain’t Afraid To Die, 2001

Levez la main si vous aussi, vous vous êtes converti au culte de ce groupe dans les années 2000 avec cette chanson. Quoique jamais intégrée dans un album proprement dit, Ain’t Afraid To Die a été l’un des plus grands succès auprès des moins fans de cris, sang, régurgitations et hurlements. Un vrai kaléidoscope de clichés de film d’horreur au niveau du fameux vidéoclip où l’on peut voir le groupe à l'apogée de leur phase visual keï, si les paroles nous interpellent c’est bien pour leur candeur, naïveté… pourrait-on même parler de chasteté ? Un morceau ambitieux pour son côté progressif, ce fut probablement la première fois que le chanteur nous laissa entrevoir son opulente voix aux accents de velours et de fraîcheur printanière. Surprenant ? Plus de nos jours, mais en 2001 cela attira immédiatement les critiques vers l’étonnante versatilité du groupe. Un poème qui traite la mort vue sous un prisme poétique, minimaliste, avec un dégradé au clavier et une entracte où l’on devine déjà une remarquable synergie à deux guitares. As-tu vu les dernières neiges à travers les teintes qui disparaissent furtivement, dit la dernière ligne des paroles. Et vous, pouvez-vous déjà deviner le printemps parmi les ténèbres hivernales ?

 


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