JAPAN EXPO 2010 - Journée 3
Tous les live reports des concerts du samedi 3 juillet à Paris.

Quelque part dans Paris-Nord Villepinte, une vague nous amène à la salle d'activités 1 de la Japan Expo. Il parait qu'un duo - Miwaku no Kunio♂ aux platines et Jun Miyazawa au chant - doit faire flamber le dancefloor : ☆Wotaku World Wave☆ s'invite en France. On reste sceptique...
Pour ceux qui ne les connaissent pas, faisons d'abord les présentations :
☆Wotaku World Wave☆ a pour but de diffuser à l'étranger la musique japonaise, ce que fait déjà le visual kei depuis un moment... Reconnaissons-lui alors au moins l'aspect unique de sa scène club à l'ambiance bon enfant.
Miwaku no Kunio♂ organise des événements dans tout le Japon, et a été, en dix ans de carrière, à l'origine de plus de deux cent soirées en tant que DJ. Il a également collaboré avec de nombreux artistes. Adepte de génériques d'anime et de J-pop, il s'intéresse aussi au R&B, à la soul ainsi qu'au rock étranger : son attrait pour le rock anglo-saxon en fait l'organisateur idéal du London Times, événement spécialisé dans le genre. Au sein du groupe, il s'occupe notamment de chauffer le public, de l'entrainer à chanter les morceaux qu'ils interprètent.
Très active sur la scène des clubs au Japon, c'est Jun Miyazawa qui organise les événements ☆Wotaku World Wave☆. Elle reprend des chansons d'idoles, des génériques d'anime mais aussi diverses chansons populaires. Elle a déjà sorti à l'étranger un CD de chansons de jeux vidéo (dans le cadre du TOUHOU-Project, très remarqué sur Niconico-dôga). Chanteuse au look toujours très travaillé, sa fonction dans le groupe est d'encourager le public - à qui elle en met plein la vue - à danser.
Revenons maintenant à la salle d'activités 1 : on remarque quelques chaises vides qui le resteront durant tout le show, mais un certain nombre de festivaliers s'attarderont devant ce spectacle d'un genre particulier.
Après qu'OTAKU CHRONICLE ait donné le ton, Miwaku no Kunio♂ et Jun Miyazawa arrivent enfin : lui en costume, chapeau et bandeau sur l'œil, elle en gothic lolita. Malgré leurs CV respectifs on sent que l'accent sera mis avant tout sur la danse.
Jun commence alors à chanter au devant d'un semblant de scène (qui ne se prête pas du tout à ce qu'on appelle un concert, autant se positionner face au public sur le plancher des vaches...), avec derrière elle les images des génériques qu'elle interprète.
De son côté, Kunio fait vaguement passer ses doigts sur les platines. Quelques titres plus tard c'est lui qui devient le centre de l'attention : ses pas de danse pourraient presque rivaliser avec ceux du regretté Michael Jackson.
Un groupe d'auditeurs, debout au milieu du public, s'enflamme, tandis que d'autres vont de temps à autre devant la scène danser comme des diables : captain Tsubasa en tête, ils mettent le feu.
Mais alors qu'on ne peut pas dire qu'ils s'étaient suffisamment donnés sur scène pour pouvoir se le permettre, les ☆Wotaku World Wave☆ s'offrent assez vite une pause au profit de deux de leurs amis tokyoïtes : si le chanteur peut être épargné, son compagnon danseur fait pâle figure comparé à Kunio.
À ce moment-là, on ne peut qu'espérer le retour du duo, même s'il n'était sans doute pas le plus attendu parmi les artistes invités à la convention...
Pour la dernière ligne droite, les génériques les plus à même de réveiller les foules font leur effet : Fighting Dreamers (Naruto) ou encore Cha La Head Cha La (Dragon Ball Z), dont les refrains se font cris de guerre repris en chœur.
La troupe des danseurs, tous en rythme, agitent des bâtons lumineux dans tous les sens. À côté d'eux, Jun est bien sage, tandis que Kunio joue avec son micro et saute sur tout ce qui lui tombe sous le pied.
Au bout de cette petite heure de fête la classe doit s'arrêter, et même si on était en droit de s'attendre à plus, cette ambiance festive nous laisse un léger sourire sur le visage.
★ Root Thumm
Le trio Rooth Thumm entame les festivités au J.E. live house le troisième jour de la convention, marqué, on s'en souviendra, par une belle démonstration du savoir-faire climatique parisien dans les soudaines déflagrations orageuses ; précipitations qui n'auront eu pour résultat qu'alourdir une atmosphère déjà trop caniculaire et exciter les festivaliers vrombissant autour des cosplays de Naruto comme des mouches au-dessus d'un morceau de barbaque. Les galériens en quête d'un peu de fraîcheur ne se seront en tout cas pas trompés, c'est bien du côté du live house qu'il fallait se trouver en ce début d'après-midi, pour avoir la possibilité de goûter aux joies d'une musique electro-pop aux effets savamment euphoriques.
Véritables accumulateurs en constante surcharge énergétique, les membres du groupe délivrent un groove propre à percuter le bouclier des plus réticents à l'électromania déferlante depuis ces dernières années. Synthés vintage aux mélodies imparables, guitare crépitante d'électricité statique et batterie au rythme soutenu délicieusement disco ne sont d'ailleurs pas sans rappeler les ingrédients d'un certain YMO, disposés dans le moule d'une qualité de production technoïde toute actuelle.
Même si nous déplorons l'absence de Jappy, la mascotte née de l'accouplement d'une souris avec un citron géant et ordinairement en charge des fûts, les membres du groupe n'ont de cesse de communiquer avec le public et de l'amuser. Nous retiendrons forcément les allocutions de Sujin, le guitariste en roue libre, dédiées à la gloire de la culture japonaise avec ses sushis et ses kamehamehas.
En bref, Rooth Thumm a été une excellente surprise et nous espérons sincèrement que de tels groupes puissent représenter un certain avenir de la musique japonaise en France, authentique et décomplexée.
★ GIBIER du MARI
Mari Natsuki est un des paradoxes de cette Japan Expo. Extrêmement connue au Japon pour la diversité de ses activités et sa carrière de chanteuse, celle-ci n’est connue en France que d’un cercle d’amateurs pour sa carrière d’actrice et de doubleuse. C’est donc dans l’inconnu le plus total que GIBIER du MARI jouait à la Japan Expo. Et c’est un vent de renouveau qui a soufflé sur le JE LIVE HOUSE ; bien loin des années précédentes et des groupes présents, les compositions de la formation avaient vraiment pour but de montrer une face que l’on n'avait encore vu en France de la musique japonaise. Mélange de pop, de rock, de flamenco et de jazz, on avait affaire ici à un véritable shaker musical. Se présentant sur scène grimée en Yubaba, sorcière du voyage de Chihiro, Mari Natsuki et ses hommes ont emmené la JE LIVE HOUSE sur des terres dansantes où les djembés se frottent aux guitares dans un seul but, faire bouger le public. Le talent du guitariste Ichiro, allié à des compositions jazzy, mettent en valeur la voix de Mari Natsuki qui aura livré là un véritable numéro, se terminant par une reprise de Janis Joplin et de THE BLUE HEARTS avec la cultissime LINDA LINDA. Un concert rafraichissant comme une citronnade qui aura fait son petit effet sur les personnes présentes dans la salle.
★ LONG SHOT PARTY
LONG SHOT PARTY, ayant perdu son statut indépendant il y a peu, semble avoir provoqué la curiosité d'un bon nombre de visiteurs. Avec ses consonances ska trempées de rock, il se présente comme un groupe festif avec une réputation scénique qui n'est plus à faire. C'est d'ailleurs ce qu'il s'apprête à démontrer aux personnes présentes ce jour-là.
Le sextuor prend parti de commencer par la chanson qui l'a révélé au grand public, à savoir Distance, générique de l'anime Naruto. Le refrain rock du morceau réveille la foule qui headbangue joyeusement de concert avec le groupe. L'ambiance monte sans attendre, enchaînant sur We just call him « ROCK MAN ». Le chanteur, sasaji, coiffé de son chapeau donne le ton estival du show. Les cuivres installés des deux côtés de la scène font résonner leurs chaudes mélodies sur un rythme valsant entre ska, punk et rock. Curieux ou fans reprennent ensemble les leitmotiv simples et entêtants, fusionnant aux rythmes des « C'mon ».
Le côté pop de certains morceaux s'estompe sur scène pour laisser place au ska fougueux du sextuor. Les membres surexcités ne cachent pas leur plaisir ; reprenant leurs anciens titres, comme Amigo, avec délice. SAITARO est tout sourire derrière sa basse et sa tête blonde rayonne de bonheur. Le sax de Kj vibre en accord avec la trompette de Ken Iikawa, devant les yeux brillants des spectateurs. C'est là qu'arrive l'apothéose avec l'un des titres les plus agités : Struggle. Poing levé à coup de « hey » cadencés ; tout le monde saute sur les airs presque punk du morceau. Le refrain brutal affronte les mélodies orientales des cuivres. L'endurance de LONG SHOT PARTY ne fait aucun doute, et le public semble pris dans le flot de ses rythmes festifs.
Le set continue avec Everlasting summer place où le chanteur profite du swing sensuel du morceau pour faire de l'œil à la foule et balançant avec elle dans un seul et même mouvement, les bras de gauche à droite. La ballade d'Anohi no Time Machine fait apprécier de nouveau le duo complice des cuivres.
Après un petit discours promotionnel de Ken Iikawa, c'est au tour de l'inédite Kajukuji. Taiyou Ni Ashita Hoero!. La mélodie offre un solo de trompette captivant aux échos légèrement kitsch d'une série des 70's, et la rythmique fait voyager au milieu d'une fanfare latino-américaine chaleureuse. Main sur la poitrine, sasaji chante de tout son cœur. Puis le groupe se déchaîne sur le morceau suivant, le trompettiste finit au sol, le saxo prend vie et dans ce chaos un peu fou, tous les membres se regroupent comme pour confronter leur énergie afin de reprendre de plus belle.
Mais l'heure de fin arrive, aidé de ses anti-sèches le chanteur fait part de quelques mots à la foule puis se décapote, histoire de pouvoir se donner encore plus à fond sur la dernière chanson, Distance : la boucle est bouclée.
Ce concert restera une bouffée d'énergie échappée d'une boîte de pandore, entraînant la foule dans son tourbillon ; la faisant danser et bouger sur des rythmes enflammés. La prestance scénique de la formation n'est pas seulement la preuve d'années d'expérience, mais d'un côté humain qui s'en dégage ; d'une envie de communiquer par les mots, les sourires et la musique, et qui fut accueillie à juste valeur.
★ ViViD
Premier aperçu de la popularité de ViViD lors de cette Japan Expo : Au J.E. Shop, ce groupe est le seul à être 'sold out' ! Tout du moins c'était toujours le cas au dernier coup d'œil sur le panneau indiquant les produits en vente au stand... On constate également que certains fans s'invitent au concert de Long Shot Party uniquement pour être bien placés pour ceux qu'ils sont vraiment venus voir.
C'est alors qu'un clip vidéo diffusé sur les écrans du Live House commence à chauffer le public, mais je regarde ailleurs : derrière la scène, le groupe se met en cercle pour un dernier encouragement mutuel. Les hommes - en rouge et noir - font les cent pas, seraient-ils encore timides même après avoir déjà donné un premier concert à Japan ?!
Quoiqu'il en soit on peut déjà regretter de ne pas avoir pu assister à la prestation précédente de ViViD. Soudain, cinq lumières passent : Ryouga, Reno, Shin, IV et Ko-ki entrent en scène pour un show qui mérite le détour. Le public est réactif, l'ambiance promet d'être bonne. Et si la scène n'est pas comparable à celle d'un Stade de France, les bandes lumineuses suspendues au-dessus d'elle font écho au nom du groupe, à sa signification (cf. interview pré-Japan).
Pendant près d'une heure, on assiste ainsi à une avalanche d'énergie et de mouvement, la communion entre les artistes et leurs fans brise la distance physique qu'il y a entre eux : Across the border prend tout son sens à cet instant. Tandis que Shin, qui, jusque là, criait et appelait - avec succès - le public à lui rendre son appel, devient tout d'un coup plus posé et il exprime au nom du groupe ce que ce public si aimant représente pour eux : Precious ne pouvait pas mieux servir de conclusion au message.
Si on pouvait regretter alors qu'IV ne se mette pas plus en avant, on remarque que pour la dernière ligne droite il s'affirme un peu plus, offrant avec ses amis guitaristes un spectacle bon enfant. On repense alors à Shin faisant la 'danse' de Take-off, et qui montre ainsi que nous ne sommes pas face à des novices, mais à une formation généreuse qui a acquis une certaine aisance sur scène.
Généreuse ? Oui généreuse, parce qu'après Dear qui devait pourtant être la dernière chanson de ce showcase, stars mais pas divas, elle nous offre encore un instant de plaisir en interprétant Butterfly en rappel. Mais toute chose doit à un moment donné prendre fin, ce qui n'empêche pas la lumière de rester allumée dans les cœurs des auditeurs présents ce jour-là à Paris-Nord Villepinte...
Setlist... de vendredi !
69-II
Distance of Mind
Across the Border
Hamon
Precious
Twilight
Kimi Koi
Take-off
Dear
つづく (à suivre)...
























































