Le 14 septembre 1968, il débarque en train à Tokyo de sa province natale d'Aomori. Il écrit de la poésie contemporaine et veut publier un bouquin. En attendant, il distribue des journaux, une crête de Mohican sur la
tête. Un jour, en réponse à un patron de bar intrigué par sa dégaine lui demandant s'il sait chanter, Kan Mikami prend sa guitare et fait pleurer toute la salle.
Ensuite les choses s'enchaînent, révoltes étudiantes, les barricades, le célèbre festival folk de Nakatsukawa en 1971 où il joue devant 30000 personnes. Ces premières années sont fastes, il signe sur la major du disque Columbia puis Victor et publie une douzaine de disques. Mais Kan Mikami
a mangé son pain blanc ; à la fin des années 1970, une fois leur diplôme en poche les étudiants deviennent salarymen et les occasions de jouer se font rares.
Une longue période d'introspection musicale commence avec les années 1980. Pendant dix longues années, il joue exactement le même répertoire, une fois par mois au Mandala-2, un petit club du quartier de Kichijoji. Il ne veut
pas quitter son petit bout de monde. Cette période difficile l'amène à trouver l'essence même de sa pratique musicale.
À la fin des années 80, un alter ego américain vient le retrouver, John Zorn, puis Yoshihide Otomo et plus tard Keiji Haino et Motoharu Yoshizawa. Ils l'aideront tous à franchir le pas pour finalement produire de nouveaux albums sur le label indépendant PSF et sortir de l'ombre progressivement.
Un grand merci à sonore.com pour la biographie.
Kan Mikami chante la tristesse, brute et universelle, celle que l'on retrouve dans le fado ou dans le blues. Sa voix prend aux tripes et résonne comme le hurlement du vent. Résultat d'un lent processus de maturation, parfois
sous les lumières, parfois dans la pénombre, les ballades de Kan Mikami sont devenues immuables. Le son clair de sa guitare électroacoustique tranche avec sa voix puissante et légèrement éraillée, comme blessée d'innombrables déchirures.
La littérature occupe une place importante dans la jeunesse de Kan Mikami. Le surréalisme, la Beat Generation,
Jean Genet, Jean-Paul Sartre et Simone De Beauvoir, Shuji Terayama, autant de révélations et d'influences. Mais Kan Mikami dit : "Avec la musique, j'ai découvert qu'avant les mots, ce sont les sons qui créent le monde, en dehors du langage, avant lui. (...) Le langage vient au secours du son, et non l'inverse. Mes poèmes aujourd'hui n'ont plus besoin d'être compris."






