Versailles Tour 2012 Final “Chateau de Versailles”

live report - 20.03.2013 06:00

Présent au NHK Hall, à Tokyo, le groupe a offert un émouvant concert d’adieu, reprenant les chansons de toute une carrière.

Le cadre de l’ultime concert de Versailles ne pouvait être plus grandiose. Les trois étages du NHK Hall, capables d’accueillir 3000 personnes, sont remplis de fans venus des quatre coins du monde, mêlant métalleux et lolitas, ainsi que gothiques et cosplayeurs. Sur une scène à trois niveaux, des vrilles de roses rouges ornent les pieds des microphones ainsi que la batterie, rejoignant de hautes et blanches colonnes, le tout formant comme un portique et encadrant une rose rouge géante. Un lustre en or est également suspendu au plafond alors qu'un "V" doré fait de chevrons illuminés se dessine, surplombant la scène.

A 18h40, la musique classique emplissant la salle cède sa place à un inquiétant mélange de synthé, de cors, de clavecin et de percussions annonçant l’arrivée du groupe. Les fans sautent alors de leur siège, bougeant leurs mains en rythme et formant le signe « rock », tandis que les musiciens commencent à chanter « Nous sommes Versailles ». Les lumières du lustre s’allument une à une alors que YUKI, MASASHI, TERU, HIZAKI et enfin KAMIJO apparaissent au milieu des piliers avant de descendre rejoindre leur instrument.

Des colonnes de feu jaillissent alors, puis Versailles entame la fabuleuse Aristocrat’s Symphony, issue de son deuxième album, NOBLE. Guitares rapides, cordes et percussions se mélangent en une signature de puissants sons symphoniques et métal, qui, accompagnés d’un mélodieux refrain, font danser les mains des fans en l’air. A travers l’éclairage rougeoyant, des spots blancs éclairent tour à tour les musiciens jusqu’au centre de la scène. KAMIJO, vêtu d’une chemise noire entrouverte, d’un pantalon noir serré et de bottes à hautes plateformes, fait tourbillonner son long manteau blanc, tel un matador, alors qu’il emmène le public dans un monde de vampires et de roses. HIZAKI ressemble en tout point à une princesse avec sa longue robe rouge et blanche et sa cascade de boucles brunes, tandis que TERU arbore une tenue blanche et argentée présentant des ornements dorés. Les deux guitaristes pirouettent à l’unisson, leurs mouvements soigneusement synchronisés, tandis que les guitares se lancent dans d’intenses solos, qui a permis à la formation d’acquérir le respect des fans de métal du monde entier. MASASHI et YUKI, tous deux vêtus de longs manteaux noirs agrémentés d’or, maintiennent un rythme rapide.

« Bonjour ! Bienvenue à Versailles ! », hurle KAMIJO, alors que les colonnes enflammées apparaissent une nouvelle fois dans un bruit retentissant. Le quintette enchaîne avec un autre classique, son premier single en major, Ascendead Master. Aux guitares furieuses succède un piano pensif, et le chanteur blond entame un morceau sur la solitude et le pêché éternel, apprenant au public que même les vampires espiègles possèdent des moments empreints de mélancolie.

MASQUERADE marque le retour des éléments symphoniques tels que les guitares erratiques, le solo de basse à deux mains couplé à la harpe, la chorale psalmodiant et les cloches d'église, avant de laisser place à une flûte et des sonorités moyen-orientales avec Ayakashi-ayakashi-, et un somptueux clavecin sur Rhapsody of the Darkness, qui n’est pas sans rappeler Bara No Seidou de Malice Mizer.

Les fans comblent les silences entre chaque chanson en hurlant le nom des membres, et KAMIJO, une main portée à son oreille, les pousse à toujours crier plus fort. Encourageant la foule d’un «Tout le monde saute ! », Versailles commence l'étonnamment brutal Edge of the World, démonstration de la nouvelle orientation, plus avant-gardiste, prise par le groupe sur ses récentes sorties. Dans l’espace séparant les rangées de sièges, empli de manteaux et sacs pleins de goodies, le public suit l’ordre avec un enthousiasme débordant, pendant que des flammes réchauffent la salle.

« Vous vous éclatez ? » demande le chanteur alors que la formation retrouve des sons plus spécifiques à Versailles avec After Cloudia. Les musiciens commencent à échanger leur place : MASASHI descend de sa plateforme, située à côté de la batterie de YUKI, pour aller se placer au bord de la scène, pieds écartés, tout en continuant à jouer, alors que HIZAKI et TERU rejoignent KAMIJO au centre, où il chante pour eux, un bras passé autour de leurs épaules.

Puis le groupe quitte la scène et tout le hall se retrouve plongé dans le noir complet. Une douce version au piano de Love will be born again débute alors, un unique spot lumineux éclairant le chanteur resté sur scène. Des rayons de lumière verts apparaissent derrière lui, comme transperçant son corps, et traversent toute la salle. Tandis que les faisceaux lumineux deviennent blancs puis à nouveau verts, les fans agitent leur rose lumineuse, qui brille de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, en rythme avec la douce mélodie.

KAMIJO s’incline alors avant de disparaître, tandis qu’une lumière bleue inonde la scène vide et que le violon de l’intro de Holy Grail –amoroso- résonne. HIZAKI, TERU, MASASHI et YUKI reviennent, tenant des roses lumineuses qu’ils jettent à la foule. C’est maintenant à leur tour de montrer leurs capacités sur un jeu entraînant. Puis les deux guitaristes se mettent à jouer, solennellement, ensemble au centre, les fans agitant toujours leurs fleurs multicolores.

KAMIJO revient sur scène, brandissant également une rose luminescente qu’il embrasse avant de la jeter dans le public. Désormais réunis, les membres de Versailles offrent un feu d’artifice de guitares ainsi que deux chansons provenant de leur album de 2011 Holy Grail : la fabuleuse et puissante ballade Destiny –The Lovers- et l’entraînante Judicial Noir. Le chanteur bouge sur le tapis rouge, qui relie la base de la batterie au devant de la scène, surmontée d’une petite clôture blanche, tout en faisant tournoyer son manteau et tapant des pieds en rythme. Un par un, il présente les membres du groupe, glissant son bras autour des épaules de MASASHI, et incitant HIZAKI et TERU à de nouveaux solos.

« Pour le soir du Nouvel An, le Kouhaku Uta Gassen(1) se déroulera ici ! », et réfléchissant à haute voix, KAMIJO s’adresse aux fans « Ayons notre Kouhaku Uta Gassen ! Les filles, criez des choses mignonnes ! Les garçons, criez « a-ni-ki » [grand frère] ! ». Tout en riant, les deux équipes respectent les consignes et crient, tentant de se surpasser. Satisfait, le quintette retourne à son programme initial avec un classique de ses jours indies, Zombie, adoré par les fans. Alors que les guitares et la basse imposent un rythme donnant envie de sauter, KAMIJO balancent ses hanches de manière provocatrice et tape des mains au-dessus de sa tête tout en poussant la foule à suivre le rythme, avant d’être rejoint par TERU au bord de la scène.

La dernière partie du show se focalise sur son plus récent album, simplement appelé Versailles. Ayant déchiré sa cape sur le support du micro de KAMIJO, TERU disparaît rapidement dans les coulisses avant d’éblouir la foule avec un solo prolongé sur Brave, alors que Truth rend l’ambiance plus rock.

Puis les notes mélancoliques de Created Beauty incitent les spectateurs à balancer une nouvelle fois leur rose en l’air, tandis que KAMIJO ouvre grand ses bras, tombant sur un genou et levant les yeux vers le plafond d’où descend une boule à facettes, aux côtés du lustre doré. De petites lumières jaunes, présentes sur le bord de la troisième plateforme où est placé le portique, s’éclairent et des rayons blancs sont lancés sur la boule à facette qui les renvoie, telles des étoiles tombant sur Terre, sous la forme d’innombrables petits faisceaux. Des tâches de lumières blanches sont également réfléchies sur le sol, donnant l’impression que la scène est un ciel étoilé, alors que les musiciens clôturent la chanson en baissant solennellement leur tête.

Le tempo s’intensifie encore avec le puissant métal et la chorale de Rose, accompagnée de beaucoup d’effets spéciaux. Un rose sanglant apparaît dans la profonde lumière bleue, plongeant la scène dans une aube naissante, alors que la rose géante est projetée entre les deux colonnes du portique. Tandis qu’un unique spot blanc illumine KAMIJO, des lumières rouges clignotent et la rose se met à battre. Les musiciens terminant, le chanteur présente, comme il en a pris l'habitude, le défunt bassiste, membre éternel du groupe : « A la basse, Jasmine You », avant que HIZAKI et TERU ne s’avancent sur le devant de la scène. Les spots jaunes, présents sur les rebords des plateformes, clignotent et les colonnes de feu jaillissent, cette fois-ci, continuellement chauffant la fosse alors que les deux guitaristes jouent leur duel dos à dos.

Versailles termine le programme avec une de ses plus anciennes chansons, la violente The Red Carpet Day, du premier album Lyrical Symphony. Alors que les impétueuses guitares et le clavecin frénétique se mêlent à l'orgue et à la chorale angélique, précipitant la composition vers des « hey, hey, hey » toujours plus pressants, la foule saute sur le rythme violent, les musiciens tournoient, headbanguent en rythme et prennent la pose sur l'avant-scène, soulevant leur instrument au-dessus de leur tête.

Bien sûr, les fans refusent que le groupe se sépare sans un rappel. Après cinq minutes d’incessants « We are ! » et « Versailles », le quintette revient pour deux chansons supplémentaires. L’entraînante Shout and Bites, pendant laquelle les fans bougent à l’unisson avec les musiciens, et Philia, bande originale de la série comique « Onegai Kanaete Versailles » qui permis au groupe d'apparaître à la télévision japonaise. Saisissant le dossier des sièges devant eux, les fans commencent à violemment headbanguer, alors que HIZAKI et TERU enchaînent les solos, en même temps que les flashs jaunes présents sur les plateformes s’illuminent.

Chacun leur tour, les membres posent sur les escaliers qui conduisent à la batterie et saluent la foule alors que le staff reprend les instruments. Toutefois un unique rappel n’est pas suffisant, et le groupe retourne sur scène une nouvelle fois, brandissant à nouveau les roses lumineuses. Alors que HIZAKI et TERU rejoignent un élégant piano et des instruments à cordes pour la puissante ballade Sympathia, KAMIJO agite sa rose à l’unisson avec les fans avant de la placer entre ses dents et de lever une main à son oreille pour encourager la foule à chanter le refrain a capella.

Il est maintenant temps pour le groupe de dire au revoir. Un par un, ils prennent le micro et s’adressent au public, remerciant tous leurs fans ainsi que le staff et la production pour leur soutien. « Je ne dirai pas « Attendez-nous », mais croyez en nous ! », dit KAMIJO, résumant leurs messages. « Nous reviendrons peut-être ! »

Avec la dernière chanson, Versailles se tourne vers ses tout débuts : The Revenant Choir, son premier single qui fut vendu en live avant d’apparaître sur son deuxième album. Des colonnes de fumées jaillissent et des confettis argentés éclatent en l’air alors que MASASHI rejoint KAMIJO sur le bord de la scène pour un solo de basse. Pendant ce temps, HIZAKI, puis TERU, montent sur la plateforme supérieure pour leur propre solo avant de jouer ensemble au centre du portique. « Le temps est venu ! » chante KAMIJO alors que la chanson qui avait, cinq ans auparavant, éveillé les cinq descendants de la rose, les reconduisait vers le sommeil éternel. « Le sang de notre famille ne s’arrêtera jamais ! Si vous le souhaitez, je deviendrai une rose. » Pour terminer, ils posent tous ensemble au centre de la scène et le chanteur introduit les musiciens une dernière fois, tout en incluant Jasmine You. « Et moi ? » plaisante-t-il . « KAMIJO ! » fut l’assourdissante réponse. Il hurle alors à pleins poumons « Nous sommes Versailles ! », et l’écho de son micro se répercute de manière spectaculaire au travers de la salle. Enfin, le groupe et les fans sautent à l’unisson alors que la rose rouge descend du centre du portique. Versailles entre dans l’histoire.

Durant sa carrière agitée, Versailles a injecté un souffle d’air frais nécessaire à un mouvement devenu bien trop stagnant. Combinant de grandes qualités techniques avec des costumes travaillés et un thème sombre et romantique, il a créé un mélange qui n’a pas attiré uniquement les fans japonais mais aussi les étrangers, et a prouvé qu’il y avait toujours la place pour un visual kei glamour et flamboyant. Le groupe manquera sans aucun doute, mais il lègue un bel héritage : son succès a encouragé d’autres groupes à emprunter la même voie, et grâce à ses fans, il peut s’attendre à un riche et brillant futur.



Set list:

1. Aristocrat's Symphony
2. Ascendead Master
3. MASQUERADE
4. Ayakashi -ayakashi-
5. Rhapsody of the Darkness
6. Edge of the World
7. After Cloudia
8. Love will be born again
9. Holy Grail -amoroso-
10. Destiny -The Lovers-
11. Judicial Noir
12. zombie
13. Brave
14. Truth
15. Created Beauty
16. ROSE
17. THE RED CARPET DAY

Rappel 1 :
1. Shout & Bites
2. Philia

Rappel 2 :
1. Sympathia
2. The Revenant Choir

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[1] Émission annuelle de musique passant à l’occasion de la soirée du Nouvel An sur la chaîne publique japonaise NHK, où des équipes féminines et masculines d’artistes sont en compétition.
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