Kōichi Sugiyawa - Dragon Quest IX

chronique - 06.02.2013 08:30

Tintintin tiiintiiintiiin tiiiiintiiiin toulouloulouuum talalalalaaaa

Au-delà des mers, dans un monde en paix protégé par Yggdrasil et la cité des anges, une douce mélodie s'élève. On nous accueille, car la mission est importante : il faut sauver le monde. Tout au long de l'aventure, une certitude m'apparait : au-delà des images et du gameplay, la musique est nécessaire à l'expérience de jeu.

Bien que novice de la série, Dragon Quest IX (sur DS) a été une très bonne surprise et sa musique mérite d'être écoutée comme une production à part entière. Elle n'a pas été écrite pour combler un vide, mais bien pour offrir une nouvelle dimension. La multitude des thèmes nous transporte le long des plaines et dans les châteaux, instaure des ambiances adéquates sur deux CD de trente deux et trente six pistes, soit un total de deux heures et demie de musiques du jeu brutes ou réorchestrées. La plupart des mélodies se composent de phrases courtes qui se répètent et s'étoffent, composant des dialogues enjoués entre vents, cuivres, instruments à cordes et sons numériques. Le thème de l'auberge de Polka, Pub Polka, combine ainsi divers arrangements de flûtes, pour un repos idéal à douze pièces d'or la nuit.

Quand il s'agit d'amitié et de compagnons comme dans Assemble, People , thème suprême du rpg classique (je me battrais pour mes amis niaaanianiaaa), le compositeur reprend le thème de la série, présent dès l'ouverture, et l'adapte de la façon la plus gaie possible en y ajoutant des orchestrations.

Lorsque la vraie aventure commence, Koichi Sugiyama propose des morceaux moins spontanés comme Cross the Fields, Cross the Mountains. Les ambiances sont plus incertaines : ni joyeuses, ni réellement tristes. La tension commence à monter alors que l'on s'approche des premières grottes et des premiers combats sérieux. La musique devient même angoissante sur Omen of Towering Death, où de courtes phrases sans suite viennent s'ajouter à d'étranges bruits d'animaux. Ici, la bande son vient avertir le joueur du danger du lieu (au cas ou les lacs d'acide et les morts-vivants n'auraient pas suffi).
Les thèmes de combat sont les véritables pièces maîtresses de l'album. Dramatiques voire oppressants, ils entraînent le joueur dans des profondeurs glauques aux sons désordonnés. C'est prenant, assez génial...

La virtuosité de Sugiyama s'incarne aussi dans les oppositions d'ambiance. Sandy's Theme est une musique rythmée, jouée à la flûte et accompagnée d'une batterie efficace qui en font un thème joyeux et dansant. Son evil twin, Sandy's Tears, propose la même partition mais la flûte et la rythmique sont tristes et lentes et invitent à la déprime immédiate. On en vient à adorer le personnage, à détester sa tristesse. Pourtant, aimer une fée kogaru surexcitée, c'était pas gagné.

Pour finir, il est important de remarquer que le compositeur traite ses joueurs avec un vrai système de récompense. Pour les fans de la première heure, c'est la joie de retrouver les bruitages, dont certains sont fournis dans l'album et les thèmes des opus précédents toujours revus. Pour les nouveaux, celle de se voir offrir un thème prenant à chaque fin de combat, chaque nouvelle zone, quête, etc...


Comment conclure sans dire qu'il faut jouer à cette série et écouter ses thèmes, tirés de l'album ou orchestrés, selon les goûts.
Si on m'avait présenté Kôichi Sugiyama plus tôt, j'aurais sans aucun doute sauvé beaucoup plus de princesses qu'aujourd'hui.
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