the GazettE - DIVISION

chronique - 22.09.2012 07:00

Au delà du commercial, l'ennui.

Deux geishas, des coiffures en piques et une ambiance sombre en guise de couverture, comme la représentation du dualisme qui frappe le groupe, déchiré entre une possible envie de faire de la musique et celle, parfois plus attirante, de faire du fric. Mais que se passe-t-il lorsque le commercial a atteint ses limites et que dans l'ombre des refrains taillés pour la radio, se dessine un ennui profond ? Voilà la question que l'on peut se poser avant l'écoute de DIVISION, nouvel opus de the GazettE, groupe phare du visual kei des années 2000.

En effet, après Toxic, un album (excuser l'erreur, ça arrive) mal reçu par la communauté, il est difficile de croire que les musiciens arriveront à retrouver l'énergie d'albums comme NIL ou Stacked Rubbish.


L'album, qui porte bien son nom, se décompose en deux parties que j'appellerai la partie copy band et la partie innovation.

1/ La partie copy band

Mais qu'est-ce qui a pu passer dans la tête du groupe pour que, à la place d'un traditionnel "Pour le nouvel album, nous allons essayer de faire la même chose avec des trucs en plus", il se soit dit : "Bon, on va faire pareil, mais en enlevant ce qui était bien" ?

En effet, alors que dans une époque très lointaine, ART DRAWN BY VOMIT nous étouffait de ses mix d'ambiances variées, créant un malaise en annonçant la couleur d'un album glauque mais superbement maîtrisé, [DEPTH] fait ici la même chose avec seulement deux sons mixés ensemble. Au rayon ballade, le fan qui indiquera Cassis comme LA composition du groupe et qui attendra des morceaux aussi bien, voire meilleurs pour ravir ses tympans, se verra offrir deux Kago no Sanagi ou Kagefumi, mais avec deux fois moins d'énergie. Et lorsque que la voix de Ruki retentit dans des titres comme Ibitsu ou Hedoro, bien qu'elle ne soit pas s'en rappeler les morceaux les plus énergiques du groupe, elle semble avoir perdu l'ardeur qui faisait son intérêt quelques années auparavant.
Bref, c'est comme faire ses courses, quand on a du fric on va chez le fromager acheter 100g de comté et quand on n'en a pas, on prend 3kg d'emmental plastique chez Franprix.


2/ La partie innovation

Hé oui, c'est la crise ! Pour relancer la vente, il est nécessaire d'innover et en matière de musique, la tendance actuelle est à l'électro. Ainsi, comme son confrère MUCC et bien d'autres auparavant, the GazettE nous offre une deuxième partie d'album en phase avec notre époque…
Accrochez-vous bien car Ruki y fait résonner son plus beau growl tout plein de vocoder moche, et quand on croit que c'est fini, REQUIRED MALFUNCTION en remet une couche en le mêlant à un ridicule "tralalalala", preuve que même dans l'écriture des paroles, le groupe est au fond du gouffre. Vivement le featuring avec Rihanna.


En bref, l'album n'est que le reflet d'un succès passé et la seconde partie prouve bien que toute idée d'amélioration a abandonné le groupe, qui s'enfonce dans des semblants de nouveauté. Pourtant, elle est toujours là, cette voix nasillarde de Ruki, cette batterie simple mais maîtrisée, mais alors que the GazettE nous avait habitués à râler sur le côté commercial et répétitif de sa musique, on en vient ici à regretter cette époque.
Peut-être que ce que DIVISION nous prouve, en quarante cinq minutes, c'est que lorsqu'un groupe n'a plus rien à raconter, il ne lui reste qu'à réécrire sans cesse ce qui a fait son succès dans un ennui profond. Un bel exercice de style.
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