Versailles - Rose

chronique - 04.08.2012 07:00

And again, and again, and again…

Versailles n'est plus un groupe mais une entreprise : entendez par là que son but n'est plus la musique mais clairement le profit. Prenons pour exemple son dernier single, Rose, sorti le 4 juillet dernier.

Sur la première chanson éponyme, la voix de KAMIJO arrive immédiatement, offrant un début explosif, rapidement suivie par un solo de guitare puis des riffs répétitifs qui viennent se mêler à une batterie simple mais imposante. Sur la deuxième, Ayakashi, ce sont des sonorités exotiques, à la mode certes mais intéressantes, qui viennent mettre en place toute la recette versaillaise. Mais aucune montée en puissance ne vient élever ces morceaux au statut de tube, la musique est monotone et l'auditeur s'ennuie. Tout est prévisible, des tons de voix forcés de KAMIJO en fin de phrase jusqu'au solo de guitare qui semble avoir élu domicile au deuxième tiers du morceau, comme sur la plupart des compositions telles Ascendead Master, Aristocrat's Symphony ou encore The Revenant Choir… Et lorsque le groupe tente d'introduire un nouvel élément, comme un solo de basse, celui-ci est tellement court qu'il semble rajouté en fin de mixage pour montrer que MASASHI a bien sa place dans le quintette.
Et tout cela prouve bien que rajouter des dentelles sur sa crinoline ne suffit pas à faire un bon album.

A cela suivent deux reprises, Love Will Be Born Again en japonais, tirée de l'album Holy Grail, où on la trouvait en anglais. On peut saluer l'effort de traduire dans ce sens là plutôt que dans l'autre - afin de percer aux Etats-Unis la plupart du temps -, mais la ballade reste plate et sans vie. On cherche le décollage, celui qui saurait, par ses rythmes et mélodies surprenants, intéresser autant la Gothic Lolita en robe Baby the Stars Shine Bright que l'amoureux de la bonne musique, qui lui n’a pas besoin de fantasmer sur le chanteur pour apprécier ses compositions.
Enfin, la présence de THE RED CARPET DAY montre que Versailles n'a pas perdu tout sens du goût et sait reconnaître ses bons morceaux (celui-ci étant le meilleur selon moi), où s'alternent growl, chant clair, riffs, rythmes variés et clavecin.


Pour résumer, le quintette semble plus intéressé à se trouver, à chaque sortie, le meilleur cosplay de Louis XIV en drag-queen qu'à renouveler son rayon musical pour éviter le réchauffé du dernier album, lui-même réchauffé du précédent. Malgré cela, les musiciens savent toujours jouer proprement et on peut encore applaudir leur talent au 200 mètres en robe à crinoline et bottes compensées (une discipline qui aurait sa place aux JO). De plus, on peut noter que même si le groupe stagne, KAMIJO semble s'éloigner de la voix chevrotante de ses débuts pour notre plus grand plaisir auditif et moral.
La formation se mettra en pause le 20 décembre prochain. Peut-être une bonne façon de réfléchir à son avenir.


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