SEIKIMA-II - Ponk!!

chronique - 29.05.2012 07:00

­Un album de qualité entre un heavy traditionnel et une bonne dose d’herbe chinoise.

On dit souvent que le Japon est un pays qui s’articule entre tradition et modernité. Ce paradoxe est au cœur de SEIKIMA-II. Pilier du heavy metal japonais, SEIKIMA est un groupe qui mêle une théâtralité et un second degré d'Alice-Cooperien à une voix de maître, digne de Bruce Dickinson (sans le charisme et les poils, selon certains).

De ce mélange est né Ponk!!, onzième album et petit frère d’une lignée de compositions maitrisées et axées tantôt hard rock, tantôt heavy. Mais cette fois-ci, les démons sont descendus sur terre avec un bon rail dans chaque narine et la messe, bien que différente, va se révéler jouissive.

Pas convaincu ?
Pour comprendre cet opus, il faut nécessairement commencer par prendre le cd en main - la pochette parodiant celle de Jubilee des Sex Pistols -, puis écouter la première et la dernière chanson.
En effet, dès l'intro, Sennen Kouhihara, on comprend que l’esprit du trve metaaal est loin, très, très loin. Fanfares et trompettes, remplaçant les habituels riffs, accompagnent la voix chantonnante et printanière d'un Demon Kogure hilarant. Il ne manque plus quelques danses russes pour parfaire cette ambiance joviale et ô combien jouissive. Cette formation revient dans le dernier morceau, Chinese magic herb. Sur fond d’applaudissements d'ivrognes, les cinq démons en racontent l'histoire, les bienfaits et son utilisation : Just hold your nose and drink it down with beer. YEAH !
Deux morceaux qui présentent et achèvent d'une façon aussi délicate qu'avinée un album haut en couleurs.

En effet, d'autres compositions du même genre interviennent dans l'album, comme Tatakau Nihonjin, Romansu, A stick and honey, King of the streak et Yasashisaga hitookoro Sumeru. Ces morceaux présentent le Japon en quelques mots (je cite : "Kimono ! Fujiyama ! Geisha ! Sumo Wrestler / Shogun ! Banzai ! Sake ! Struggling Japanese !"), sur fond de mélodies naïves, parfois semblable à du 8-bit. Reste, dans cette folie apparente, la voix puissante de Son excellence Demon Kogure (s'il vous plaît) et le jeu toujours précis des musiciens.

Mais parce que SEIKIMA-II sait comment mêler la connerie et la bonne musique, l'album va faire intervenir, entre ces pistes délirantes, heavy metal et hard rock.
Ainsi, Guns'n'butter, Morning Tea o futari de prennent leur place légitime dans Ponk!!, des morceaux poignants et taillés pour le live, garants de l'héritage rock and roll de l'album.

Des ballades, comme Teenage dream, Futari no White nites ou encore Just let me go, entrent aussi en jeu, rapprochant encore d'un pas la comparaison avec KISS. Mais gardons-nous bien de déclarer avec assurance que SEIKIMA est le KISS japonais. Car KISS est et restera le SEIKIMA américain.

Pour finir, la pièce maîtresse de cet album est sans aucun doute The Requiem. Sur un instrumental lancinant, Demon Kogure fait preuve d'une maîtrise vocale parfaite et nous livre, d'un timbre puissant, une de ses plus belles ballades.


SEIKIMA-II offre avec Ponk!! l'un des meilleurs albums de sa carrière, transmettant sa folie sans détour, directement du producteur au consommateur, ainsi qu'un metal plus classique que l'on savait déjà plaisant.
Un album indispensable donc, pour peu que l'on veuille rire.
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