Art Cube - Akatsuki no mai

chronique - 18.02.2012 06:00

Quand Art Cube fait danser l'aube

Créé en 2007, Art Cube fait partie de ces groupes qui, malgré le talent et la notoriété de ses membres, ne connaissent qu'un succès confidentiel. Avec seulement cinq singles et deux albums en cinq ans d'existence, force est de constater que la formation n'est pas des plus prolifiques. Cependant, chacune de ses compositions est un bijou unique, finement ciselé par les talents de claviériste de M et sublimé par la voix puissante et profonde de Z.
Le côté visuel n'est pas oublié par ceux, qui, "des ténèbres veulent illuminer le monde tribal gothique". L'esthétique extrême et soignée des musiciens créée une alchimie parfaite avec leur musique à la fois sombre, torturée et tragique.

Mais le charme se rompt en octobre 2010 avec le départ du pianiste aux doigts d'or. Une soudaine torpeur s'abat sur le groupe, qui ne sortira qu'un album de ses meilleurs titres, suivi d'une apparition sur la compilation Final Summit en février 2011 avec un de ses anciens morceaux, Shitsuraku chou. Les musiciens semblent enfin reprendre le dessus en proposant la magnifiquement ténébreuse Breath of Mind pour la compilation Explosion Showcase, parue en avril 2011. Trois mois plus tard, Art Cube sort le single Art Sensation, en collaboration avec VII-Sense. La bande à Z y livre la très médiocre Kiri ningyou, mâtinée d'orchestrations synthétiques tenant plus de la démo que du morceau abouti.

Est-ce une erreur de parcours ou Art Cube s'enfonce-t-il inexorablement dans les méandres d'une musique inachevée et insipide ? Doute et inquiétude sont légitimes durant l'attente du nouvel opus de la formation, qui restera sa seule et unique sortie originale de l'année.

Akatsuki no mai contient deux pistes. La chanson titre a de quoi surprendre puisque débutant par une mélodie house, sonorité détonante dans l'univers d'ordinaire si symphonique du groupe. Elle est rapidement accompagnée par l'impétueuse batterie de S. Z pose enfin sa voix pour révéler une ligne de chant devenant de plus en plus entraînante. Le chanteur mène le morceau à son apogée lors du refrain, qui conclut également la chanson. Il y explose superbement, soutenu par un orchestre légèrement teinté d'électro s'intégrant parfaitement à l'ambiance de la composition.

Le second titre, Test tube skeleton, débute sous les coups d'une batterie fougueuse et les riffs d'une guitare véhémente. La mélodie devient soudainement jazzy tandis que la voix du chanteur se fait sensuelle, adoucissant la rythmique brutale. Le morceau prend une autre dimension lorsque S entame un break aux sonorités presque tribales, faisant monter la tension d'un cran, alors que Z scande le leitmotiv "We are not test tube !" avec une rage à peine étouffée, avant de disparaître dans les tourbillons déments du solo de Y.

Art Cube signe ici un single aux antipodes de ses créations habituelles, explorant de nouveaux horizons musicaux et renouvelant son style avec brio pour nous offrir des compositions étonnantes mais non moins délectables.
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