Retour sur l'interview de GalapagosS en Angleterre

interview - 31.01.2012 06:00

Au cours de sa tournée passant par la France et le Royaume-Uni à l'automne 2011, le groupe de Sharaku a bien voulu accorder une interview à JaME.

Mené par Sharaku, précédemment dans metronome et actuel chanteur de FLOPPY, GalapagosS est une nouvelle unité qui mixe hardrock et sons de jeux vidéo rétro. JaME a eu la chance de rencontrer les trois membres du groupe juste avant leur tournée européenne en octobre dernier. Nous en avons profité pour parler de cette nouvelle formation et sonder un peu leurs attentes vis-à-vis des concerts qui s’apprêtaient à avoir lieu.

GalapagosS a débuté sa tournée par une performance à Londres le 15 octobre, avant d’enchaîner sur deux dates en France, Paris et le Havre, puis d’achever par un dernier concert en Angleterre, à Brighton.

Pouvez-vous présenter une vue générale du style et du concept de votre groupe, pour ceux qui ne connaîtraient pas encore votre musique?

Sharaku : GalapagosS est un groupe qui, à des paroles et des mélodies mélancoliques s’inspirant du Kayokyoku (type de musique populaire traditionnelle japonaise), ajoute des sons de synthétiseur ainsi qu’une énergie bien humaine.

Gokimi. : Nous aimons tout simplement nous déchaîner sur scène, et nous voulons que le public oublie toutes ses pensées négatives pour s’éclater avec nous.

Shintaro : En faisant ce que nous avons envie de faire sans nous poser de limites, notamment au niveau de notre son, nous voulons faire en sorte que ce style qui nous est propre progresse sans cesse. C’est d’ailleurs ce que symbolise notre nom.

Sur votre site officiel, on peut lire que vous mixer « sons de jeux video rétro » et hardrock. Qu’est-ce qui vous intéresse dans la musique des vieux jeux vidéo ?

Gokimi. : C’est parce que nous sommes de la génération de la console Family Computer, ou Nintendo Entertainment System comme on l’appelle en Occident. Bien sûr, la musique des jeux vidéo anciens paraît grossière par rapport à celle des nouveaux, mais j’aime l’humanité qu’on perçoit en elle. On peut y lire quelque chose comme « les humains ont travaillé dur pour produire ce son ! ».

Sharaku : La base du son de ce genre de musique est en effet un peu grossière, mais pleine de fantaisie. C’est un son extrêmement intéressant selon moi.

Shintaro : Pour moi, la musique des vieux jeux vidéo se rapporte complètement à la Family Computer, et c’est parce que cette console possède seulement quatre sons de base pour la musique et les effets sonores, qu’elle a pu produire beaucoup de bonnes chansons à la fois simples et très pop.

Sharaku et Shintaro, vous avez fait partie de l’aventure Metronome ensemble, et vous êtes actuellement tous deux membres de FLOPPY. Dans quelle mesure ces expériences ont-elles influencé votre façon de travailler ensemble dans GalapagosS ?

Sharaku : Grâce au fait que nous travaillons ensemble depuis longtemps, nous sommes capables de nous comprendre avec juste quelques mots.

Shintaro : Nous connaissons très bien chacun les qualités de l’autre, et cela génère un effet synergétique.

Comment Gokimi. a-t-il rejoint GalapagosS ?

Sharaku : Shintaro était ami avec Gokimi. à la base, et il me l’a présenté.

Gokimi. : J’ai fait la connaissance de Shintaro par le biais de mon autre groupe, TOKYO HEROES. Et comme nous habitons tout près l’un de chez l’autre, nous allons souvent boire ensemble.

Shintaro : Je savais que Gokimi. était très flexible musicalement. Je me suis dit qu’il irait bien dans ce groupe dont le concept est justement la flexibilité. Et ça s’est avéré exact.

Le nom du groupe vient du syndrôme des Galapagos, un phénomène qui désigne l’évolution d’un produit ou d’une espèce isolée de toute influence issue de la globalisation. Pourquoi avoir choisi ce nom, quel est le rapport entre cette théorie et votre groupe f?

Sharaku : Le type de son et les performances sur scène des groupes de rock japonais contiennent des influences étrangères, mais la structure mélodique des chansons est quelque chose qui trouve ses origines uniquement au Japon. Nous nous sommes nommés GalapagosS pour rendre hommage à cette spécificité toute japonaise.

Shintaro : Les mélodies de GalapagosS sont vraiment japonaises. J’espère que les gens qui écoutent notre musique peuvent percevoir le « japanisme » de notre son, que nous créons à partir de ces mélodies.

Gokimi. : Nous sommes conscients de produire quelque chose d’exclusivement japonais, et c’est en cela que nous espérons avoir de l’impact internationalement. Nous aimerions exporter notre faculté à produire de la mélodie japonaise à l’étranger.

Le syndrôme des Galapagos est souvent évoqué pour parler du Japon, puisque beaucoup de Japonais semblent se refermer sur leur pays et leur culture plutôt que de se globaliser. Pensez-vous que le Japon en souffre ?

Gokimi. : Oui, c’est notre culture. L’ukiyoe (l’art des estampes japonaises), qui a ses origines au Japon, en est très caractéristique. D’ailleurs, la pochette de notre premier mini-album Soy sauce impulse est de l’ukiyoe.

Shintaro : Je pense que la demande venant du Japon ou venant de l’étranger sera toujours différente, parce que l’environnement et la population sont différents. Par exemple, les jeux vidéo les plus populaires au Japon ne sont pas ceux qui le sont à l’étranger. Mais c’est juste une particularité de la culture japonaise, ça n’a rien de négatif. J’ai envie d’être fier de créer de la musique typiquement japonaise.

Sharaku : Peut-être que les compagnies internationales et le domaine des technologies souffrent de ce syndrôme. Mais pour ce qui est de l’art, nous croyons au contraire que cela peut apporter de l’originalité et de la personnalité.

Ce mois-ci, vous allez vous produire en Angleterre. Que pensez-vous de ces concerts à venir ?

Sharaku : Nous participons à la tournée anglaise de notre label KIMONO, aux côtés de nos sempais.

Gokimi. : Nous nous produisons aussi avec tokyo pinsalocks et HONDALADY au Japon, alors je suis d’autant plus impatient de faire une tournée avec eux !

Shintaro : Ce sera notre première tournée à l’étranger, alors je suis à la fois impatient et inquiet, mais j’espère en tout cas que cette aventure profitera à nos activités futures.

En dehors des concerts, est-ce qu’il y a quelque chose que vous aimeriez voir en Europe ? Y êtes-vous déjà allés ?

Sharaku : Je veux absolument aller à Abbey Road et Baker Street ! C’est la première fois que je vais à l’étranger, alors j’espère en profiter à fond.

Gokimi. : C’est la première fois que je visite l’Angleterre, il y a plein de choses que j’aimerais voir ! Comme le Buckingham Palace ou le British Museum.

Shintaro : C’est aussi ma première fois en Angleterre, alors j’espère voir autant de choses que possible. Si l’on en a l’occasion, j’aimerais bien visiter un studio d’enregistrement.

Est-ce que vous allez jouer ailleurs en Europe ? Sinon, y a-t-il un endroit où vous aimeriez vous produire ?

Gokimi. : Au Royaume-Uni, nous jouons à Londres et Brighton. Et nous avons des concerts prévus en France à Paris et au Havre. Ailleurs en Europe, nous aimerions beaucoup aller en Ecosse, en Allemagne, en Suède, en Espagne ou en Italie. Nous attendons des offres !

Shintaro : Peu importe où nous nous produisons, ce sera une première, alors tous les pays m’intéressent sans exception.

Sharaku : Plus tard, j’aimerais faire une tournée aux Etats-Unis ou jouer à Taïwan.

Vous avez sorti votre premier CD, Soy sauce impulse, en avril. Pouvez-vous nous en dévoiler le concept et la raison de ce titre un peu particulier ?

Shintaro : Nous avions prévu dès le départ que nous nous produirions à l’étranger avec ce groupe. C’est avec ça à l’esprit que nous avons choisi ce titre.

Gokimi. : C’était notre première impulsion (en anglais, impulse) en tant que GalapagosS, après que chacun de nous ait fait l’expérience d’un certain nombre de groupes.

Sharaku : Ce titre exprime les pensées de chacun de nous, fusionnées dans notre son.

La pochette de Soy sauce impulse représente une oeuvre d’art de style japonais traditionnel. Quel est le lien entre ce type d’ouvrage et votre single ?

Shintaro : L’ukiyoe est un mouvement culturel qui s’est développé uniquement au Japon, et qui représente très bien GalapagosS.

Sharaku : C’est un symbole, quelque chose comme « This is Japanese pop ».

Gokimi. : C’est une idée de Sharaku. C’est stimulant, pas vrai ?

En octobre, vous allez sortir un album intitulé Black including all. Pouvez-vous nous dire ce que l’on doit en attendre, et quelles ont été vos sources d'inspiration ?

Sharaku : Nous avons réussi à réunir divers types de sons et d’approches en un unique groupe qu’est GalapagosS. On peut probablement percevoir cela en écoutant cet album.

Shintaro : Nous avons plus d’ouverture que dans le premier album. Ces nouvelles chansons vous permettront de comprendre un peu mieux ce qu’est GalapagosS.

Gokimi. : On n’obtient pas la couleur noire de rien. Elle s’obtient en mélangeant plein de choses ensemble. Notre musique est devenue d’un magnifique noir en fusionnant chacun de nos pouvoirs.

GalapagosS est un groupe relativement récent, vous sortez déjà un album au cours de votre première année de carrière. Pouvez-vous nous expliquer comment vous avez réussi à créer autant de chansons en un temps aussi réduit ?

Gokimi. : C’est vrai. Mais ça a été du travail. J’ai participé à une chanson.

Shintaro : Nous avons dû réfléchir beaucoup pour les arrangements. Mais je pense que cette rapidité de création est en relation avec la flexibilité de notre groupe.

Sharaku : Peut-être que je suis un compositeur rapide.

Le logo du groupe est intéressant (un iguane des Galapagos portant les lunettes amusantes dont les membres sont aussi dotées). Qui en a eu l’idée ? Est-ce le nom du groupe qui est venu en premier ou est-ce le logo ?

Sharaku : C’était mon idée. Le nom du groupe est arrivé d’abord, puis le design du logo.

Shintaro : Quand Sharaku nous en a parlé, je me suis dit que c’était vraiment une bonne idée.

Gokimi. : Le design a pris des allures loufoques. Je trouve ça génial qu’un iguane porte des lunettes !

Etes-vous déjà allés dans les îles Galapagos ? Aimeriez-vous les visiter ?

Sharaku : J’aimerais bien y aller, parce que j’ai beaucoup d’intérêt pour les sites et les monuments classés.

Shintaro : Je n’y suis jamais allé, alors j’aimerais beaucoup m’y produire avec GalapagosS.

Gokimi : Je veux vraiment y aller. Habitants des îles Galapagos, nous attendons vos propositions de concerts !

Et enfin, pouvez-vous laisser un message pour vos fans étrangers ?

Shintaro : J’aimerais que tout le monde vienne à nos concerts et profite à fond du son de GalapagosS. Je ferais de mon mieux pour vous offrir des shows qui surpassent vos attentes !

Sharaku : Nous serions heureux de vous voir vous éclater. Amusons-nous tous ensemble !

Gokimi. : J’ai envie de passer un bon moment avec plein de monde. Venez-nous voir !

Un grand merci pour cette interview.

JaME tient à remercier GalapagosS, Tom Smith et Daniel Robson sans qui cette interview n’aurait pas été possible.
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