Interview avec Calmando Qual

interview - 06.01.2012 06:00

Calmando Qual nous parle de son évolution au cours de ses dix ans de carrière ainsi que de ses plans pour le futur.

JaME a pris place à côté de Calmando Qual lors de l’event organisé par le label Starwave Records le 8 novembre dernier. Le groupe nous a notamment parlé des changements qui sont survenus en son sein depuis notre dernière interview.


JaME a eu l’opportunité d’interviewer Calmando Qual à plusieurs reprises, mais c’est la première fois que nous rencontrons MAYA. Pouvez-vous nous le présenter ?

Calmando Qual : C’est le batteur, MAYA. (Rires)

Hibiki : Une fois par mois, il interagit avec des extraterrestres dans le lit d’une rivière. (Rires)

Pour les lecteurs qui ne vous connaissent pas beaucoup, pouvez-vous présenter votre musique ? Y a-t-il une sortie, une chanson qui représente au mieux Calmando Qual ?

Hibiki : Le récent single Negative Mustard nous ressemble beaucoup. Je pense qu’il serait facile de comprendre ce que nous sommes si vous écoutez cette musique.

MAYA : Comme nous changeons avec le temps, d’un côté, ce que nous sortons à tel moment représente au mieux ce que nous sommes à ce moment. Je conseillerais tout. (Rires) Toutes nos compositions nous représentent. Personnellement, je préfère nos premières sorties, comme Killer Fiction.

Tak : Si je devais choisir une chanson, ce serait probablement ANTI FLAG.

MAYA : Oui, c’est une chanson où vous faites comme ça (les membres lèvent leur bras) « Hai ! Hai ! » (ceux qui connaissent Calmando Qual sauront que cette interprétation des paroles a été modifiée pour le public étranger). C’est un morceau qui s’intitule ANTI FLAG et vous faites cette chorégraphie sur le refrain.

Tak : Nous la jouons toujours à la fin de nos concerts, et si nous devions prendre un morceau qui enthousiasme assez les fans, ce serait celui-là.

MAYA, vous avez pris un peu de distance avec le groupe pendant quelques temps, puis vous l'avez rejoint de nouveau. Comment ce retour s'est-il passé ?

Hibiki : Il est allé s'entraîner dans les montagnes et était le disciple d'un maître ermite. (Rires)

MAYA : Et c'est plutôt difficile de rester plusieurs années dans les montagnes, alors je suis rentré. (Rires) Le groupe lui-même n'a pas été très actif pendant un petit moment. Il y a eu une période où ils ont joué sous le nom de Twisted Clock, et quand ils ont décidé de redémarrer Calmando Qual, ils m'ont appelé. Au début, j'étais un membre de session, et avant que je ne me rende compte, j'avais rejoint le groupe. (Rires) Quand nous sommes entrés chez Starwave Records, les autres m'ont demandé si je voulais ou non faire de nouveau partie du groupe, et j'ai dit oui !

Qu'est-ce qui a changé depuis que vous êtes entrés chez Starwave Records ?

Calmando Qual : Il n'y a pas eu de changement énorme et nous sommes libres de faire ce que nous voulons.

Tak : Nous avons plus d'occasions de voir les groupes de nos amis, des autres personnes du label, et nous apprenons beaucoup. Grâce à la compétition, nous pouvons réfléchir et progresser positivement, et nous en sommes heureux.

Aujourd'hui, vous avez participé au festival du label. Qu'avez-vous ressenti ?

Hibiki : C'était amusant ! A chaque fois, nous avons l'opportunité d'apprendre des performances des autres, et cela tout en nous amusant. Ce n'est pas bien si on ne s'amuse pas, ce n'est pas un concours qu'il faut gagner, bien que ce ne soit pas forcément une mauvaise chose. (Rires)

Pour changer de sujet, plus tôt dans l'année il y a eu le terrible tremblement de terre du Tôhoku. Calmando Qual a sorti un single de charité cet été afin de soutenir les victimes. Pouvez-vous nous dire à quel point cette catastrophe vous a touchés ?

Hibiki : Pour être honnête, je n'avais jamais vécu une telle expérience, et j'ai été très surpris. Quand quelque chose de ce genre arrive tout d'un coup, il n'y a rien que nous puissions faire, je me suis senti...

Kenka : Nous avions en fait un concert ce jour. Et comme les trains étaient arrêtés, nous n'avons pas pu aller à la salle. Et je n'ai réalisé la gravité de la situation qu'après.

Hibiki : C'était vraiment terrible dans les rues...

Tak : Les gens qui vivaient non seulement dans le nord, comme à Sendai, mais aussi à Tokyo ont été affectés pendant un petit moment, la vie quotidienne a été totalement troublée. Plusieurs de nos concerts ont été annulés, et pas seulement les nôtres, car comme de nombreuses salles ne pouvaient pas ouvrir, pleins de shows ont été annulés. Nous nous sommes même demandés si nous pourrions continuer les activités du groupe. Donc je suis très reconnaissant de pouvoir jouer normalement comme aujourd'hui. J'ai appris à être reconnaissant envers toutes ces choses qui semblaient naturelles avant.

Kenka : J'ai été très heureux de voir des personnes du monde entier s'inquiéter pour le Japon. C'était un soutien énorme. Et je voulais vous dire merci. Nous allons faire de notre mieux. Le Japon va se battre à partir de maintenant.

Merci. Vous avez sorti un autre CD cet été. Son nom, Negative Mustard, est des plus intéressants. Comment l'avez-vous choisi ?

Hibiki : Nous l'avons choisi parce qu'il était marrant. (Rires) C'est négatif, mais quelque peu épicé. Nous voulions prendre cette négativité dans une optique positive, d'une certaine façon. J'ai pensé que ce serait intéressant et je me suis demandé si une telle chose existait déjà. J'ai regardé sur internet, et en fait, la « negative mustard », ça existe ! C'est une sorte d'épice ou une fleur d'oranger qui porte le même nom. Donc, je me suis dit que ce serait bien, comme l'arôme a un effet relaxant dans les moments négatifs, et ce sens a été rajouté plus tard. (Rires)

L'été dernier, Calmando Qual a tenu un one-man pour ses dix ans...

Hibiki : Au Tokyo Dome. (Rires)

Quand vous regardez en arrière votre carrière, comment cela se passait au moment de la formation du groupe ? Quel genre de buts vous étiez-vous fixés ?

Hibiki : Au début, nous voulions devenir un groupe gothique qui se produirait partout dans le monde. Nous n'avions pas de buts, comme jouer dans telle salle, par exemple le Budokan, non, nous voulions jouer à travers le monde.

Et vous avez pu le réaliser...

Hibiki : (Rires) Mais il reste encore pleins d'endroits où nous ne sommes pas allés. Le pôle nord, le pôle sud, l'Afrique. Si vous nous appelez, nous y irons.

Après dix ans d'activités, que pensez-vous du groupe, de ses changements ?

Hibiki : Rien n'a changé. Faisons un petit travail intéressant ! Nous avons cette attitude depuis le début. Nous ne pensions pas à devenir comme quelqu'un, nous voulions juste continuer à être nous-mêmes. Cependant, récemment, nous avons commencé à être plus conscients du public. Avant, nous avions cette attitude « Regardez-nous comme vous voulez », mais maintenant, faisant du visual kei, nous avons commencé à faire des concerts en prenant en compte l'audience visual kei. Cette façon de penser, nous l'avons acquise il y a peu.

Tak : Originellement, il n'y avait que Hibiki et moi, puis le bassiste Kenka et le batteur Maya nous ont rejoints, et étant devenu un vrai groupe, nous avons été capables de faire plus de choses, donc nous avons évolué de cette façon. Mais nos sentiments, comme ce que nous voulions faire que les gens autour de nous ne faisaient pas, le fait que nous voulions prendre les choses que nous aimions et les exprimer d'une façon divertissante, ces sentiments n'ont pas changé. Le fait de vouloir présenter quelque chose que le public souhaite voir sous le nom de Calmando Qual n'a pas changé.

Qu'en est-il de vos influences ? Ont-elles changé depuis le début de votre carrière ?

Hibiki : Au début, c'était plutôt BUCK-TICK et Bauhaus. Aujourd'hui, je pense toujours que ce sont de grands groupes, mais je suis retourné aux artistes que j'avais l'habitude d'écouter quand j'ai découvert la musique, au lycée. Ca fait un peu « C'est nostalgique, mais après tout, ils sont cool ! ».

Kenka : Il y a dix ans, je n'étais pas dans Calmando Qual. Quand je le compare à ce que je faisais alors, j'ai l'impression que je suis dans un « vrai » groupe maintenant. (Rires)

Hibiki : Il jouait dans un groupe comique.

Kenka : C'était marrant.

Tak : Pour moi, les choses que j'aime n'ont pas changé, et j'écoute toujours ce que j'écoutais il y a dix ans. Certes, l'environnement a changé, il y a de nouvelles musiques, de nouvelles tendances, et nous les incorporons dans nos influences. Mais les choses que j'aime, elles sont restées les mêmes.

MAYA : Je suis devenu plus sérieux, j'ai plus l'envie d'apprendre. Par exemple, aujourd'hui, je veux apprendre en regardant les bons côtés des autres groupes. En ce qui concerne la musique, je suis plutôt éclectique, j'écoute de tout. Ou plutôt, j'aime écouter de la musique qui résonne en moi.

Que pensez-vous que sera devenu Calmando Qual dans dix ans ?

Hibiki : Nous serons peut-être devenus comme Yazawa Eikichi ! (Rockeur japonais actif depuis les années 70.) (Rires)

Calmando Qual : Attends, il est tout seul ! Qu'est-ce que ça veut dire ? (Rires)

Hibiki : Ce serait bien si nous pouvions devenir comme les Rolling Stones. Je pense que nous serions plus musiciens que nous le sommes actuellement.

Quand vous avez commencé, votre apparence était plutôt prononcée. Après, vous avez pris de la distance avec le visual kei, par exemple, lors d'interviews, vous disiez ne plus être visual kei, vouloir vous éloigner de ce mouvement. Récemment, vous êtes revenus sur cette scène, et aujourd'hui vous affirmez être un groupe de visual. Pourquoi ce rejet et pourquoi y êtes-vous revenus ?

Hibiki : Nous détestons la façon de penser la musique en terme de visual kei. Cette idée que comme les fans recherchent une certaine image, nous devons faire la même chose que les autres, que ceux qui ont du succès, afin de rendre notre public heureux. Bien que les artistes créent ce qu'ils veulent, ça devient « Regardez-nous », et je n'aime vraiment pas ça. Je ne voulais pas être comme ces gars. Cette façon de penser est toujours d'actualité. Nous n'aimions pas ça et nous nous sommes demandés ce qu'il allait advenir de la musique. Donc, nous avons décidé de prendre de la distance avec le visual kei et de faire simplement de la musique. Nous avons pu faire de bonnes choses et nous avons beaucoup appris dans Twisted Clock, que nous avons fait pendant deux ans. J'ai trouvé que nous étions devenus capables de produire de bonnes compositions, que nous avions progressé, et un jour je me suis dit que ça m'était égal si on nous cataloguait visual kei, que ce n'était pas si mal. Nous voulions essayer de nous exprimer de nouveau dans ce mouvement, et nous avons parlé de faire revivre Calmando Qual. Nous sommes repartis avec un style quelque peu horrifique, et on nous a dit que nous ressemblions un peu à Tim Burton, et c'était quelque chose de révolutionnaire pour Calmando Qual. Avec cette nouvelle conscience. Il y a un public et il y a un artiste, et il y a une balance avec ce que nous sommes capables de faire dans ce style. Maintenant, si on nous étiquette visual kei, ou quoique ce soit d'autre, même folk, ça nous est égal. Faites comme bon vous semble.

Vous avez parlé de Twisted Clock. Aimeriez-vous faire revivre le groupe un jour ?

Hibiki : Le nom du groupe est cool, non ? (Rires) Nous voulons juste l'utiliser de nouveau parce qu'il est cool. (Rires) Cependant, je pense que Twisted Clock et Calmando Qual sont bien différents.

Kenka : Nous jouons parfois les musiques de Twisted Clock en concert. A cette époque, nous étions plus tournés vers la musique, nous avons fait des progrès et nous sommes devenus capables de jouer des chansons de Twisted Clock en tant que Calmando Qual sous une forme différente. Je ne ressens pas personnellement le besoin d'avoir à enlever mon maquillage pour les interpréter. Je pense que c'est quelque chose de positif que de pouvoir les jouer avec l'aide du maquillage et des expressions qu'il permet.

Comme cela fait longtemps que vous vous connaissez, vous avez sûrement plein de choses intéressantes à nous dire les uns sur les autres...

Hibiki : En fait, nous ne nous immisçons pas dans la vie des autres membres. Nous ne connaissons pas nos signes astrologiques, nos groupes sanguins ou nos anniversaires. (Rires) Nous parlons seulement de musique, et nous nous demandons quels peuvent bien être les passe-temps de machin. Nous ne savons rien les uns des autres. (Rires)

MAYA : Comme nous avons maintenant tous des blogs, nous en savons un peu plus, ou moins, les uns sur les autres, comme les goûts de chacun...

Hibiki : Comme « Ce mec est bizarre ! ». (Rires) J'ai découvert la date de son anniversaire cette année ! (Il pointe MAYA.) Nous nous connaissons depuis si longtemps, et je viens juste d'apprendre sa date d'anniversaire. Ça montre à quel point nous ne sommes pas intéressés par la vie privée des autres.

Calmando Qual a sorti un grand nombre de singles et de mini-albums, mais cela fait longtemps que nous avons pas eu d'album entier. Pour quand pouvons-nous l'attendre ?

Hibiki : Mais non, j'ai l'impression que nous en avons sorti un il y a à peine deux mois. (Rires) Nous voulons en faire un et nous espérons qu'il sera prêt pour l'année prochaine !

Votre dernière tournée européenne remonte à trois ans. Comptez-vous retourner à l'étranger ? Ou voudriez-vous aller en dehors de l'Europe ?

Calmando Qual : Nous voulons y retourner !

MAYA : La semaine prochaine, ou demain ! Je veux y aller !

Hibiki : Nous sommes prêts à aller là où on nous appellera. En Corée, en Chine, aux États-Unis, en Australie. Nous voulons aller partout. Si nous sentons que nous sommes demandés, nous irons. Si vous avez besoin de rock, appelez-nous ! (Rires)

Calmando Qual : Même en Afrique ou en Corée du Nord. (Rires)

Quels sont vos plans futurs?

MAYA : Au printemps 2012...

Hibiki : Nous allons nous marier. (Rires)

MAYA : (Rires) Non, ce n'est pas ce que j'allais dire. Nous allons sortir un CD au printemps, avec une pré-vente à partir de mars.

Pour finir, auriez-vous un message pour nos lecteurs ?

MAYA : Je ne suis jamais allé en Europe... En fait, je ne suis jamais allé à l'étranger avec le groupe, et je veux vraiment m'y produire. Donc appelez-nous ! Et merci pour votre soutien ! J'espère que vous attendrez avec impatience notre prochain CD.

Kenka : Comme je l'ai dit plus tôt, il y a des gens dans le monde qui s'inquiètent à propos du Japon, mais ne vous faites pas de souci, on s'en sortira. Nous sommes heureux que vous nous ayez soutenu. Nous vous rendrons votre soutien via la musique. Nous vous aimons.

Tak : Ça fait dix ans, mais pendant ces dix années, nous avons fait ce que nous voulions, et le temps est passé très vite. Des gens nous ont dit que c'était incroyable que nous ayons déjà dix ans ! Mais nous avons simplement fait notre musique et les années se sont écoulées. Nous voulons passer notre onzième année à faire ce que nous aimons, et aussi aller en tournée à l'étranger, et tous ensemble nous voulons aller jusqu'à nos vingt ans. Nous ferons de notre mieux.

Hibiki : Si vous sentez avoir besoin de Calmando Qual, nous serons heureux d'aller où vous êtes, peu importe où ça se trouve. Si vous êtes intéressé, appelez-nous ! (Rires) Nous allons continuer à faire de la musique, donc merci de nous soutenir. Et... niveau cadeaux, j'aime la bière. (Rires)

Tak : J'aime tout sauf la bière. (Rires)

Kenka : J'attends avec impatience de goûter aux bières du monde entier ! (Rires)


JaME souhaite remercier Calmando Qual et Kiwamu pour avoir rendu cette interview possible, ainsi que Non-Non pour la transcription.
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