Interview avec the pillows à Seattle

interview - 09.11.2011 06:00

JaME s'est entretenu avec le groupe de rock the pillows avant son quatrième show à Seattle, aux États-Unis.

Par une après-midi particulièrement chaude en cette période de l'année à Seattle, the pillows nous a aimablement accueillis pour discuter de sa tournée américaine en cours et de son vingtième anniversaire.

Ce NAP UTATANE TOUR 2011 est votre quatrième passage aux États-Unis. Nous sommes heureux de vous accueillir de nouveau. Est-ce que ce retour s'est bien passé ? Comment avez-vous trouvé l'ambiance ?

Yamanaka : Wow, c'est la quatrième fois déjà ? Les sorties n'ont pas lieu en même temps au Japon et aux États-Unis, et de ce fait les tournées sont décalées dans l'année. Je suis vraiment heureux de voir autant de fans se rendre à nos concerts. Ces fans américains ne nous ont pas oubliés et viennent nous voir bien qu'il y ait eu peu de promotion. Jusque-là, nous nous sommes bien amusés. San Francisco et Los Angeles étaient vraiment sympas, mais je suis content d'être ici à Seattle. Je suis vraiment impatient de voir nos fans ici ce soir.

Pour les lecteurs qui l'ignorent, pourriez-vous expliquer ce que signifie NAP et pourquoi vous avez choisi ce thème ?

Yamanaka : Eh bien, c'est notre manager qui en a eu l'idée. (Rires) Le nom utilise les trois premières lettres des groupes noodles, All Ages et the pillows, ce qui donne donc « NAP ». En anglais, vous dites « nap » pour faire la sieste, mais en japonais, c'est « utatane ». (Rires) Nous utilisons ce thème car nous jouons tous les trois depuis longtemps et nous avons souvent tourné ensemble.

Quelle importance ont les cinq villes américaines que vous avez choisies pour cette tournée 2011 ?

Yamanaka : Le choix des villes n'a pas de signification particulière, mais lorsque nous faisons une tournée, nous choisissons toujours de passer par Seattle et San Francisco. Car nous avons des amis ici, et il est plus facile d'y organiser un concert. De plus, nous apprécions vraiment être ici. A Austin, lors du festival SXSW, beaucoup de fans sont venus pour nous voir. Nous sommes vraiment populaires là-bas, mais en fait, nous sommes un peu nerveux car nous ne savons pas si nous le sommes aussi en dehors de cet événement. (Rires)

Vous être actuellement en tournée avec noodles et All Ages, qui complimentent tous deux votre musique. Que ressentez-vous en tournant avec eux jusqu'ici ?

Yamanaka : Nous sommes très proches d'eux et nous tournons ensemble depuis plus de dix ans. Nous avons joué à Los Angeles avec All Ages, et lorsque le groupe s'est rendu au Japon par le passé, nous avons joué ensemble également. Cette amitié entre nous est très forte.

Un peu comme une famille ?

Yamanaka : Oui !

Avez-vous fait quelque chose de spécial pour le récent vingtième anniversaire du groupe ?

Yamanaka : Oui ! (Rires) Le premier jour nous avons donné un concert au Budokan. Nous nous sommes assurés de pouvoir jouer là pour notre vingtième anniversaire. Nous avons également sorti deux best of pour fêter ça.

Quelle chanson recommanderiez-vous aux nouveaux fans de the pillows qui ne s'y connaissent pas encore vraiment ? Avez-vous une chanson que vous aimez jouer en particulier ?

Yamanaka : Je recommanderais notre nouvelle chanson, Comic Sonic. Ma préférée est Dance with God, qui sera la première de notre concert ce soir.
Manabe : C'est toujours amusant de jouer de nouvelles chansons, mais pour les nouveaux fans, quelque chose de drôle comme Little Busters ou Hybrid Rainbow collerait probablement mieux. Nos fans américains apprécient vraiment ces deux chansons et nous aimons les voir heureux, donc je les recommanderais vraiment.
Sato : Pour les nouveaux... Probablement Little Busters. C'est l'une des chansons que je préfère jouer.

Manabe, Hokkaidô est votre ville natale. Est-ce que vos expériences, comme avoir grandi là-bas, sont une source d'inspiration pour les compositions du groupe ?

Manabe : Oui, absolument.

La plupart des fans connaissent la chanson Ride on the Shooting Star en tant que générique de fin assez accrocheur de "FLCL", ainsi que tous les autres morceaux de la bande originale de l’anime. Avez-vous lu ou vu "FLCL", et si oui, qu'en pensez-vous ?

Yamanaka : Oui. Oh et j'ai le DVD (dit-il en anglais). La première fois que je l'ai vu, j’étais surpris de voir combien notre musique allait bien avec l'histoire. L'histoire est vraiment dingue cela dit et je n'ai rien compris du tout au début. (Rires) Vraiment folle (en anglais).

Que pensez-vous en général des groupes qui deviennent populaires en interprétant le générique d'un anime ? Est-ce que cela les rend plus cool ou plus intéressants ?

Yamanaka : Il ne s'agit pas vraiment d'être cool ou non, mais plutôt de l'anime lui-même. Si la musique de l'anime et l'anime sont cool tous les deux, alors oui je pense que ça l'est. Mais si aucun des deux ne l'est et s'ils ne vont pas ensemble, alors ce n'est pas vraiment intéressant. Depuis les années 30, avec la télé et la radio, il est plus facile pour les fans de trouver des informations sur les groupes et d'avoir accès à leur musique. Donc pour "FLCL", c'est vraiment cool. (Rires)

Pouvez-vous nous parler de votre mascotte, Buster-kun. Comment vous est venue l'idée d'un tel personnage iconique et si populaire avec les fans ?

Yamanaka : Buster-kun vient de la chanson Little Busters tirée de l'un de nos anciens albums. La chanson a été écrite pour les fans, et donc Buster-kun a été fait pour eux : nos fans sont appelés « little busters ». Le moment était parfaitement choisi pour cet album, et maintenant, lorsque nous chantons Little Busters en concert, c'est pour nos fans et ils l'adorent. Notre manager aime vraiment Buster-kun aussi. (Rires)

Beaucoup de vos fans de longue date apprécient les chansons de votre période indépendante, d'autres adorent plutôt vos récentes sorties. Comment arrivez-vous à atteindre un équilibre entre un son mainstream et un son plus indépendant et expérimental pour satisfaire un maximum de fans ?

Yamanaka : Eh bien, en Amérique, la plupart des fans nous connaissent grâce aux chansons de "FLCL" et aiment lorsque nous jouons ce genre de compositions. Nous voulons jouer ces morceaux, mais nous souhaitons également leur faire écouter nos nouveaux titres. Au Japon, nous avons de nombreuses occasions de faire des concerts, mais aux États-Unis, nous avons moins d'endroits où nous pouvons nous produire. Alors, lorsque nous jouons ici, nous devons inclure des chansons de "FLCL".

the pillows fait de la musique depuis pas moins de vingt ans. Pensez-vous avoir mûris, à la fois musicalement et en tant que groupe ?

Manabe : C'est une chose très difficile. Durant ces vingt années, nous avons essayé une multitude de choses nouvelles. Cependant, nous n'avons pas vraiment voulu rester collés à l'une d'entre-elles, mais plutôt de toutes les essayer. Cela peut paraître inhabituel, mais nous essayons de sonner comme des étudiants talentueux et qui ont de très bons goûts musicaux (Rires)... Mais nous ne sommes pas major. Nous ne voulons pas passer major.

Certains fans ont comparé the pillows à une version japonaise du groupe Weezer. Le saviez-vous et qu'en pensez-vous ?

Yamanaka : J'aime les Weezer ! (En anglais) Je n'avais jamais entendu cette comparaison. Mais je veux écouter leur nouvel album. Ça ne me dérangerait pas de jouer avec eux un jour. (Rires) Ici, ça serait sympa. (Rit encore)

Quelle est votre chanson préférée de Weezer ?

Yamanaka : J'en ai une, c'est Memories. Et puis... (chantonne la mélodie puis rit) La première piste de Raditude, (If You're Wondering If I Want You to) I Want You to. C'est ma préférée. J'aime ce groupe, il fait une musique vraiment simple et a toujours d'entraînantes chansons sur ses albums.

Comment choisissez-vous les chansons qui figureront sur un album ? Par quel procédé arrivez-vous au produit final ?

Yamanaka : Eh bien, nous composons beaucoup de chansons, puis nous écrivons des paroles adaptées à chaque musique. Mais la partie la plus dure, c'est d'écrire des textes qui correspondent aux compositions. Lorsque les paroles vont bien avec l'album, l'album est bien reçu par les fans. Parfois la chanson principale de l'album ne correspond pas au reste ou les paroles sont hors sujet, nous devons alors écrire plus de morceaux ou retravailler les chansons existantes pour rattraper le coup.

Manabe, vous avez dit avoir été influencé par des artistes reggae comme Bob Marley. Quels éléments vous ont attiré initialement dans sa musique pour votre projet solo Nine Miles ?

Manabe : Bob Marley m'a sans aucun doute inspiré. Au Japon, la musique reggae n'est pas très populaire et pour les Japonais c’est un peu étrange de jouer du reggae, mais je pense que c'était le moment opportun pour en faire via mon projet solo.

Yamanaka, vous prévoyez de sortir un nouvel album solo en octobre intitulé Tedious Man. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ? Le titre est plutôt curieux. Quelle signification se cache derrière ?

Yamanaka : J'ai vraiment apprécié faire cet album solo. J'ai travaillé avec Kuhara de The Birthday, Abe de THE COLLECTORS et Fukuoka de chatmonchy. J'ai également collaboré avec Jun qui est le bassiste de soutien de the pillows. Le titre a deux significations : quelqu'un qui a peu de loisirs, très ennuyeux en fait, et qui vit simplement pour une chose et rien d'autre - dans ce cas précis, la musique. L'autre signification est que je m'ennuie lorsque je ne fais pas de musique.

Ce soir, les fans du groupe peuvent acheter un tee-shirt avec en imprimé deux Buster-kun aux couleurs des drapeaux japonais et américain. Pouvez-vous exprimer ce que représentent ces liens pour vous ?

Yamanaka : Normalement, nos tee-shirts Buster-kun ont de nombreux drapeaux et représentent de nombreux amis à travers le monde. Mais pour cette tournée américaine, nous avons seulement les Buster-kun japonais et américain. C'est une manière de remercier nos fans et amis ici, ainsi que l'Amérique pour son soutien durant le tremblement de terre du Tôhoku et le désastre du tsunami en mars dernier.

Pour finir, avez-vous un message pour vos « little busters » ?

Yamanaka : C'est vraiment sympa d'être ici à Seattle, c'est très semblable à Hokkaidô que j'aime beaucoup. Seattle est aussi relativement proche du lieu où Nirvana a commencé et la ville est réputée pour cela. J'apprécie énormément d’être ici, merci !

Manabe : Hokkaidô et Seattle sont très similaires et proches pour moi. Ici, vous pouvez vous détendre et vous avez le temps de vous relaxer. Durant les tournées, nous avons des emplois du temps chargés, mais nous avons ici l'occasion de nous détendre. Nous sommes même allés au EMP (ndlr : Experience Music Project – un musée où se tient actuellement une rétrospective consacrée à Nirvana) où il y a beaucoup de choses sur Nirvana à voir ! Merci pour cette opportunité.

Sato : Je suis vraiment heureux d'avoir des fans à Seattle et j'en suis très reconnaissant. Aussi, j'ai été très surpris d'entendre que des fans d'Alaska sont descendus à Seattle pour nous voir. J'ai vraiment aimé voir nos fans s'amuser.


JaME tient à remercier the pillows, son management, avex et l'interprète Miho Oishi pour avoir rendu cette interview possible.
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