Versailles : Nouvelle symphonie

chronique - 17.10.2011 07:00

Chronique du dernier album du groupe de metal symphonique Versailles.

15 juin 2011, Versailles revient faire hurler les guitares sur fond d’orchestre symphonique et de chants jonglant sans difficulté entre le grave et l’aigu avec un quatrième album intitulé Holy Grail.

Entrée puissante dans l’univers du quintet avec MASQUERADE. C’est à coup de chœur et d’orchestre à cordes que le groupe décide d’entamer ce quatrième album laissant vite place aux habituelles doubles guitares de Teru et Hizaki, construisant la mélodie ainsi que de longs solos qui ne sont pas sans rappeler ses titres phares. Décidément, Versailles est un groupe qui ne change pas de style, et c’est peut-être cette impression de déjà entendu que l’on pourrait reprocher à cet opus.

Philia, titre précédemment sorti en single, suit l’intro. Riffs rapides, envolées lyriques de Kamijo, refrains énergiques, longs solos en deuxième partie. En bref, la recette pas forcément miracle et encore moins nouvelle, mais efficace. On retrouve ainsi ce schéma sur la deuxième piste ayant eu droit à une sortie single : DESTINY -The Lovers.

D’autres morceaux restent sur cette même construction, comme Thanatos, qui reprend néanmoins les chœurs et la musique symphonique de MASQUERADE. On y entend aussi les habituelles « phrases dites avec une voix très sombre et très mystérieuse en fond » sur le « Imagine, blazing, freezing, damage », où la disparition momentanée des guitares (ça fait du bien quand ça s’arrête) laisse Kamijo presque seul (mais ça fait du bien quand ça reprend aussi).

Flowery est un morceau plutôt surprenant, il reprend - encore - la recette, mais y ajoute quelques descentes de voix ou le long du manche des guitares. Plutôt bien placé et agréable.

L’album contient deux ballades : Remember Forever et Love will be born again, qui font intervenir, en interlude pour l'un et tout du long pour l'autre, un trio guitare acoustique-piano-voix, formation rare et agréable. Autrement, les deux titres restent dans la lignée du groupe et de la Serenade pour Jasmine You.
DRY ICE SCREAM!! [Remove Silence], quant à elle, ressemble plus à une compostion d’un groupe de visual kei classique qu’à un morceau d’un groupe à tendance symphonique : riffs simples et distorsions, léger vocodeur par moment, growls. Avec un joli floyd final tout droit sorti d’une fin de partie sur Guitar Hero.

Rupture de l’élan au milieu de l’album avec Threshold, un morceau uniquement instrumental, usant sans relâche de sonorités symphoniques, faisant crier les guitares. En bref, une bonne introduction à la seconde partie de l’album, qui retombera sans attendre dans le schéma « déjà entendu » avec Judicial Noir.

Et comme c’est la mode des vampires, et que Versailles n’y a pas échappé, et ce depuis Ascendead Master, le groupe dégaine Vampire en onzième morceau de l’album et sur fond de clavecin. C’est avec cette composition que l’on remarque une fois de plus que, depuis l’arrivée de Masashi, le groupe a la volonté de faire ressortir la basse, avec de courtes interventions, comme au début de Vampire. Cela est peut-être un moyen de montrer le potentiel du bassiste, et de prouver qu’il a sa place au sein du quintet, mais lui faire jouer trois notes tout seul, c’est bien plus inutile, voire ridicule, qu’efficace.

Enfin, Versailles bat son record de longueur avec son avant-dernier titre, Faith & Decision. C’est le moment d’être sceptique, le groupe arrivera-t-il à ne pas ennuyer avec un morceau de plus de seize minutes ? Et bien oui, et on peut même dire qu'il est le plus réussi de l'album. Entièrement instrumental, il fait sonner toute la technique des musiciens, alternant entre des phases aux sonorités aériennes sur le thème du « c’est moi qui joue le plus vite » et des phases plus graves et lourdes, le tout soutenu par la batterie, certes en retrait, mais efficace de Yuki. La voix de Kamijo n’arrive qu’au milieu, sur un rythme plutôt lent, et alterne avec des périodes instrumentales. Le pari est réussi.

Puis arrive The Theme of Holy Grail qui vient clôturer en grande pompe l'album et rappelle le début de l’intro pour une minute et demie de symphonie. C’est classe, c’est Versailles.


En bref, Holy Grail n’a rien à envier techniquement à ses prédécesseurs, mais ne les dépasse pas au niveau mélodique. Versailles n’arrive pas à décoller, ou plutôt à re-décoller au niveau d’albums tels que Lyrical Sympathy ou Noble. Le groupe stagne dans un power metal mélodique que l’on sait maîtrisé depuis quatre années, mais n’avance pas et se répète inlassablement.

Mais Versailles, en 2011, ce n’est pas seulement de la musique et des tenues qui brillent plus que jamais, c’est aussi un drama qui confirme malheureusement que la formation a bel et bien mis un pied dans le commercial au détriment d’une avancée musicale qui aurait été la bienvenue. Certes, le ridicule ne tue pas, mais il fait quand même mal à l’image, surtout quand on se prétend musicien.


Le roi est mort, vive le roi !
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