Un concert intimiste et tout en douceur mené par la belle Tsubasa

live report - 20.09.2011 07:00

Retour sur le concert de Tsubasa du 5 juillet au café de la Plage à Paris

L'annonce discrète mais attractive dévoilait un programme inattendu : le 5 juillet dernier, le Café de la Plage accueillait une artiste japonaise officiant dans la musique folk pour un concert gratuit, organisé par Kochipan, en partenariat avec le label Social Alienation et soutenu par DNA Rock Café. Petit retour sur ce showcase exceptionnel.

Le concert est prévu au sous-sol du café, lieu un peu restreint en taille mais qui s'annonce parfait pour l'ambiance. Malgré l'entrée gratuite, le nombre de personnes s'étant déplacées n'est pas extravagant, mais il aurait été difficile de trouver de la place pour caser quelques curieux supplémentaires. Petit à petit, les amateurs s'installent sur les poufs et diverses chaises éparpillés dans la pièce, laissant les retardataires regarder d'un peu plus loin à travers les arcades épaisses de la salle.

La scène quant à elle n'est pas bien grande, au ras du sol, elle est équipée de deux chaises prêtes à accueillir Tsubasa, chanteuse-auteure-compositrice et son acolyte, le Brésilien Robert Regonati, qui est également son producteur et manager. Sur les murs, des affiches et des pochettes de CD donnent un côté spontané à cette cave qui sert de salle de concert. La lumière tamisée prépare déjà le public dans une ambiance aux couleurs chaudes. Les deux musiciens arrivent alors sans fioriture et s'installent avant de commencer leur set acoustique.

La première chanson de l'artiste est un peu lente, mais plante le décor : une musique folk douce, accompagnée de la voix pop et légère de Tsubasa. Cette dernière se présente en français puis continue en anglais. Plus à l'aise, c'est Robert qui jouera les traducteurs, s'excusant cependant quant à lui de ne pas parler la langue de Molière. « Tsubasa est déjà venue, mais c'est la première fois pour moi » dit-il avant de remercier l'assemblée.

La chanteuse enchaîne alors avec le titre Ame no yoru ni, tiré de l'album éponyme. Les chansons de l'artiste ne possèdent pas de passages accrocheurs, de refrains particulièrement marquants, mais laissent un impression agréable, une atmosphère séduisante, que l'on ne peut qu'apprécier. Le public se laisse emporter dans les airs folks de la belle sans résister. Mais la surprise de ce soir, c'est que Robert n'est pas seulement là en tant que musicien de soutien, puisqu'il interprète également quelques chansons tirées de son répertoire. Aimant communiquer avec le public, il explique avant de se lancer que ses morceaux n'ont rien de japonais, et demande au public de ne pas en être fâché. Mais qui pourrait l'être ? Celles-ci collent complètement à l'ambiance instaurée par la musique de Tsubasa. Sa musique touche aussi le genre folk, et sa guitare sèche accompagne parfaitement celle de sa voisine. Il pimente même un peu plus la soirée en offrant des morceaux au tempo plus rapide, et sa voix amène un léger contraste avec les envolées vocales de la demoiselle.

Le deux artistes alternent d'un répertoire à l'autre, construisant leur set de manière originale. Le résultat est vivant et agréable. Robert joue également quelques titres en portugais dont le plus rythmé Nostalgia au refrain accrocheur. Il explique par la suite que Tsubasa a composé une chanson pour le World Cosplay Summit, le plus important concours de cosplay à travers le monde. Cette chanson, qu'elle s'apprête à jouer ce soir, a également été écrite en soutien aux victimes du tsunami avec l'idée que les cosplayers doivent eux aussi puiser la force qu'ils ont en eux pour se dépasser. Robert plaisante par la suite en précisant que Tsubasa sera costumée en lolita lors de son prochain passage en convention au Brésil, ce qui fait aussi sourire la concernée, dont le style est bien différent. Ce morceau est entraînant et montre que malgré ce que l'on pourrait penser du contexte d'écriture, son talent est loin d'en être gâché. Pour rester dans ce ton, après une interprétation de Robert, la jeune femme continue avec une reprise d'anime. La chanson a été réarrangée pour coller à l'univers de l'artiste s'éloignant sans mal de l'original. Les deux musiciens laissent de côté l'alternance pour finalement chanter en duo, offrant un moment magique où les deux voix, pourtant assez différentes, s'accordent presque en communion.

Mais l'heure du dernier morceau arrive, et après avoir présenté le DVD sorti il y a quelques temps, les deux artistes concluent le concert en douceur et sous les applaudissements sincères du public. Une fois terminé, la chanteuse se prépare à rejoindre le stand où se trouvent ses CD puis se prête volontiers à une séance de dédicaces improvisée, restant disponible et discutant ouvertement jusqu'à ce que tous les fans partent satisfaits se désaltérer à l'étage. Une preuve simple et efficace que le talent ne se mesure pas au prix du cachet, et que certains artistes indépendants valent parfois bien plus que ceux à la promotion exubérante. Le concert, dans son ambiance intimiste, a su séduire par son humilité et sa modestie, en parfaite osmose avec la musique folk et calme des deux musiciens présents. Il valait sans aucun doute le détour et laisse espérer à la fois un retour imminent de l'artiste dans nos contrées, mais aussi de nouvelles découvertes rafraîchissantes de la part des organisateurs, qui semblent avoir plus d'un tour dans leur sac.
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