Petite interview avec KUROYUME

interview - 04.09.2011 07:00

JaME a eu la chance de pouvoir interviewer le groupe de rock légendaire KUROYUME.

La plupart des fans de visual kei ont un jour entendu le nom de KUROYUME, groupe à la musique unique qui a influencé de nombreux jeunes artistes et auditeurs. Après plus de dix ans de pause, Kiyoharu et Hitoki ont ressuscité la formation l'an dernier. Nous avons eu l'opportunité de questionner le groupe sur son retour, ses nouvelles sorties et ses futurs plans.


Tout d'abord, merci beaucoup d'avoir accepté cette interview. Nous sommes vraiment heureux de voir KUROYUME revenir sur scène après plus de dix ans d'absence. Qu'est-ce qui vous a poussés à mettre le groupe en pause en 1999 ? Pourquoi avoir décidé de le faire revivre cette année ?

KUROYUME : Le décès d'un ami nous a fait prendre cette décision.

Une fois KUROYUME en pause, chacun de vous a travaillé sur d'autres projets. En quoi ces projets ont-ils eu une influence sur le retour du groupe, sur sa musique ?

KUROYUME : Nos projets n'ont pas de rapport avec le retour du groupe, mais je pense que cela nous a permis de travailler nos compétences.

De nombreux groupes de visual kei actifs dans les années 90 reviennent ces derniers temps, comme vous Kiyoharu avec KUROYUME et SADS. Qu'est-ce qui a déclenché ce phénomène ?

KUROYUME : Aucune idée.

Généralement, les Japonais ont plutôt tendance à garder leurs opinions et leurs critiques pour eux. Cependant, au cours de votre longue carrière, vous avez chanté vos opinions. Comment l'âge a-t-il affecté les idées que vous aviez au début de votre carrière ? Qu'est-ce qui dans votre vie a façonné, fait évoluer ces points de vue ?

KUROYUME : La scène musicale japonaise a assurément une atmosphère étrange, une sorte de pression, un accord tacite comme quoi il ne faut pas exprimer ses opinions. Nous devons être quelque peu étranges sur cette scène, mais nous pensons que nous parlons, agissons comme des gens normaux dans le monde.

Vous êtes dans la musique depuis maintenant un bon moment. Pensiez-vous au début que vous en feriez encore après tant de temps ?

KUROYUME : Absolument pas. Nous pensions que nous finirions au bout de trois ans, puisque notre premier contrat était de trois ans. En fait, à cette époque, nous ne pouvions pas imaginer notre futur après ces trois années.

Après tant de réussite dans le monde de la musique, quels sont les buts, les rêves que vous souhaitez encore accomplir ?

KUROYUME : Être en accord avec notre esthétique.

La musique de KUROYUME est très diverse et votre style évolue à chaque album. Quand on travaille avec un tel panel de genres, comment trouve-t-on l'inspiration lorsque l'on s'attaque à un nouveau style différent ?

KUROYUME : Nous faisons juste ce que nous voulons faire à ce moment précis. Mais, c'est quelque chose de plutôt rare au Japon.

Que pensez-vous de la forte influence qu'a KUROYUME sur d'autres groupes ? Beaucoup d'entre eux affirment que vous êtes leur inspiration. Aviez-vous jamais pensé avoir un tel impact sur tant de personnes ?

KUROYUME : Nous les avons sûrement influencés, aussi bien dans un bon que dans un mauvais sens. Mais, nous ne nous y attendions pas.

Inversement, y a-t-il des artistes qui vous inspirent vous ?

KUROYUME : Non, mais nous en suivions parfois quelques uns.

L'album hommage FUCK THE BORDER LINE est sorti en février dernier. Que pensez-vous de l'interprétation de vos chansons par de jeunes groupes ? Quelle est celle qui s'approche le plus du style de KUROYUME et celle qui en est la plus éloignée ?

KUROYUME : Nous pensons qu'elles sont toutes très bien. Mais nous ne savons pas laquelle est la plus « KUROYUME », car le style de KUROYUME n'est pas totalement défini dans notre esprit.

En 1995, vous avez pris part à l'album en hommage à AUTO-MOD. Pour quels autres groupes voudriez-vous en faire ?

KUROYUME : Pour le groupe japonais DEAD END.

La face B du single ALONE, sorti en mai dernier, est une reprise de la chanson titre par le groupe électro THE LOWBROWS. Comment ce remix est-il né ?

KUROYUME : Nous voulions savoir comment KUROYUME était vu par des personnes qui sont dans un style totalement différent.

Vous incorporez de plus en plus d'électro dans votre musique, vos lives. Qu'est-ce qui vous plaît dans ce style ?

KUROYUME : Nous incorporons tout simplement l'essence musicale qui nous intéresse à ce moment. Aujourd'hui, c'est l'électro, qui sait ce que ce sera demain.

Vous allez bientôt sortir votre nouveau single, HEAVENLY. Que pouvons-nous attendre de cet opus ? De quoi vous êtes vous inspirés ?

KUROYUME : C'est de la pop. C'est la chanson la plus gaie depuis notre retour.

Comme pour le single précédent, un remix du titre HEAVENLY par le groupe 80kidz sera disponible sur la Type A. Pourquoi ce remix ? Y avez-vous contribué, avez-vous choisi à la fin entre plusieurs morceaux ?

KUROYUME : Nous avons complètement confié le remix au groupe. Nous n'y avons contribué en aucune manière.

La Type B viendra avec une reprise du morceau BORN TO BE WILD. Pourquoi avoir choisi cette chanson ? Comment sonne-t-elle remixée à la sauce KUROYUME ?

KUROYUME : Elle sert pour une publicité télévisée pour une voiture. On nous a demandé de reprendre spécifiquement cette chanson. C'est un BORN TO BE WILD kuroyumesque.

Dans votre chanson FAKE STAR de 1996, vous dites que les médias musicaux japonais discriminent, voire ignorent les groupes qui ont une image visual kei. Actuellement, il y a vraie demande de groupes visual à l'étranger, ce qui est à l'opposé de ce qui se passait il y a 15 ans au Japon. Qu'en pensez-vous ?

KUROYUME : Nous pensons que les portes sont encore fermées au Japon. Nous n'avons encore jamais joué à l'étranger. Mais, nous aimerions sentir si le visual kei y est vraiment reconnu.

Récemment, de nombreux groupes japonais s'exportent à l'étranger, y donnent des concerts. Avez-vous vous aussi de tels plans pour le futur ?

KUROYUME : Pas pour l'instant.

En mars, le Tôhoku a connu un terrible tremblement de terre et souffre depuis du problème de la centrale nucléaire. Comment avez-vous vécu ce désastre ?

KUROYUME : Nous prions juste pour la paix.

En mai, dans le cadre de votre tournée, vous vous êtes produits à Sendai. Pourquoi avoir choisi de maintenir ce concert ?

KUROYUME : Nous avons pensé que de donner ce concert, sans penser à la zone sinistrée, était la meilleure chose à faire.

Pour finir, auriez-vous un message pour vos fans étrangers ?

KUROYUME : Nous pensons que la vraie musique rock japonaise n'est pas encore assez diffusée. Nous espérons que ce jour viendra et que nous serons là. Merci.

Merci beaucoup pour cette interview.


JaME souhaite remercier le groupe d'avoir pris de son temps pour répondre à nos questions.
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