Japan Expo 2011 - Journée 3

live report - 31.08.2011 07:00

Les live reports de la troisième journée de Japan Expo !

Golden Bomber

Seul groupe de visual kei de cette Japan Expo 2011, Golden Bomber, très attendu par le public, arrive en premier sur la scène du J.E. Live House en cette journée de samedi. Les gens sont nombreux à être venus pour découvrir ce quatuor assez spécial de par son concept, puisque celui-ci est basé sur l'« air band ». En effet, le guitariste Yutaka Kyan, le bassiste Jun Utahiroba et le batteur Kenji Darvish sont plus là pour amuser la galerie avec des chorégraphies et autres choses loufoques que pour jouer. Seul Shou Kiryuuin assume pleinement son rôle de chanteur.

Première fois que le groupe se produit à l’étranger, il interprète alors ses principaux titres dont pour en citer quelques uns : Kirei ni naritakute, Boku Quest ou encore Mata kimi ni bango wo kikenakatta. Les quatre compères se donnent à fond sur la scène du J.E. Live House, courant, sautant, headbangant plutôt violemment pour le bassiste, chorégraphiant tout sur fond sonore, préalablement enregistré. On notera d'ailleurs la bonne qualité de la musique, mélangeant riffs de guitares et batterie puissante, qui, associée au chant de Shou Kiryuuin, donne vraiment l’impression d’être devant des musiciens.

Essayant de communiquer avec son public, les membres de Golden Bomber parlent un peu en français et en anglais. Yutaka Kyan nous avoue son amour pour les pastèques, une piscine gonflable apparaissant alors sur scène avec une assiette de pastèque ! Il nous dévore cinq ou six morceaux en moins de cinq secondes, s’en mettant au passage partout. Qui a dit « le ridicule ne tue pas » ? Il nous refera plus tard la même chose avec la guitare, nous avouant qu’il ne sait pas en jouer mais qu’il aimerait en devenir une ! Il arrive alors sur scène déguisé en guitare, cette dernière en carton ne résistant pas bien longtemps à ce qu'il lui inflige ! Sans compter Kenji Darvish qui lui imite un samouraï et coupe des têtes. Ils termineront le concert par la célèbre Memeshikute, mettant le feu au J.E. Live House, qui imite en parfaite synchronisation - soulignons tout de même l'exploit - toutes les chorégraphies avec le groupe.

Finalement, c’est avec quelques a priori que nous sommes allés voir ce concert, mais c’est avec enchantement que nous en sommes ressortis ! Golden Bomber se démarque totalement de la scène visual kei habituelle, puisqu’on ne saurait le classer réellement dans ce style. On pourrait dire qu’on va plus voir des comiques qu’un vrai groupe de musiciens ! Une chose est sûre, ils savent mettre l’ambiance dans une salle : ils ont eu le mérite de nous faire rire, certaines blagues ayant été comprises par tous, que ce soit la photo de DAIGO ou la chanson † The V kei ppoi kyoku† reprenant pas mal de clichés de la scène visual, et passer un merveilleux moment. Nous espérons les revoir très bientôt à l’occasion d’une tournée européenne !


Iruma Rioka

A chaque Japan Expo, sa dose de Gothic Lolita et cette année, c’est Iruma Rioka qui se charge de la permanence. On nous décrivait la fille comme emprunte d’un univers envoûtant, fantastique, particulièrement riche et il nous tardait de voir le résultat.

La scène est dépouillée de toutes les crasses du groupe précédent et nous découvrons quelque chose d’assez sobre : un clavier sur la gauche, une chaise et un ampli dans le fond à droite, et, trônant au milieu, un micro pied magnifiquement décoré d’une sorte de rosier grimpant. La jeune femme apparaît alors dans une sublime robe noire à l’image de son personnage, suivie de près par son guitariste dont le visage est recouvert par un masque Nasone (sorte de masque vénitien au nez long).

Iruma Rioka prend place devant son piano et le charme s’installe. Tout y est : de beaux costumes, une identité musicale forte et une scène sobre mais sublimée par un bon jeu de lumière. Oui, tout y est, sauf peut être la justesse du chant. Ce défaut sera, en effet, un des gros points noirs du showcase pendant une heure.

Après ce morceau, la lolita s’en va au micro pendant que le musicien ôte son masque, gardant uniquement son chapeau haut de forme personnalisé avec quelques chaînes ici et là. Les musiques s’enchaînent, retranscrivant à la perfection l’univers féérique des contes et autres histoires fantastiques et extraordinaires. Après un moment, elle se dirige vers une chaise, un peu en retrait, pour interpréter une nouvelle composition accompagnée de son nounours qu’elle entraînera par la suite avec elle.

Peu avant la fin du spectacle, Iruma Rioka provoque une légère surprise, en s’installant à nouveau sur cette chaise afin de couper ses longs cheveux blonds à l’aide d’une grande paire de ciseaux. Le guitariste nous expliquera plus tard le but de son geste : marquer physiquement ce qu’elle souhaite être un tournant dans sa vie. Il nous avoue qu’elle aimerait multiplier ses interventions à l’étranger afin de partager son monde avec le plus grand nombre de personnes.

Le concert s’achève dans les pleurs de la belle, tellement émue de se produire sur cette scène. Les fausses notes étaient déjà légion, cette fin de concert s’apparente à une apocalypse sonore, tant elle n’arrive plus à chanter. Ce trop plein d’émotions montre un certain manque d’expérience de l’artiste sur scène, mais aussi une véritable sincérité vis-à-vis de son public.

On ne pourra malheureusement pas dire que ce concert était bon sous tout point de vue tellement les fausses notes nous ont dérangés. Etait-ce le trac ou une simple faiblesse de l’artiste ? De plus, le registre de la chanteuse, légèrement monocorde, aura pu susciter une pointe d’ennui chez le spectateur curieux ou simplement de passage. Cependant, pour peu que l’on aime son identité et son univers, Iruma Rioka aura su, humblement, nous faire passer un bon moment.


Lightning

Alors qu'X Japan se produit enfin en France pour un concert plus qu'attendu, un autre groupe japonais prend possession de la scène du J.E. Live House à coup de heavy metal à l'ancienne. Les membres apparaissent dans leur costume de scène déjà vus sur les photos promotionnelles, arborant un style entre corsaire et uniforme marin. Si la corpulence du chanteur Robert Watermann est toujours aussi impressionnante, il a cependant laissé sa crinière au placard, donnant un côté plus carré à son allure.

Le quintette démarre son set avec Shining Wizard, une musique assez classique sur lequel le chanteur laisse exploser sa voix imposante. Les guitaristes se retrouvent sur l'avant de la scène sous les acclamations de la foule pour des solos rapides et perçants. MISAHI reste en retrait avec sa basse, mais n'est pas pour autant absent et reprend avec énergie les refrains de son compagnon. Ce dernier s'époumone, levant le point en rythme. IRON CHINO, guitariste et leader du groupe, prend alors le micro pour exprimer son enthousiasme en anglais. Il propose ensuite au public de reprendre le refrain de la prochaine chanson, Never Surrender, jeu auquel le public se prête sans attendre. Le morceau entraînant garde la foule à chaud et l'excitation ne décroit pas. Ce leitmotiv rassemble le public qui hurle à l'unisson, tandis que les guitares produisent une mélodie stridente.

IRON CHINO prend de nouveau la parole et annonce le prochain morceau via un discours un peu spécial : « Il y a des Coréens qui prétendent être Japonais. Mais c'est faux ! Nous sommes de vrais Japonais, car, nous pouvons chanter des chansons d'animation japonaise ! ». Et les voilà partis avec Pegasus Fantasy de Saint Seiya, un hymne connu et reconnu du monde de l'animation mais aussi de la scène musicale. En effet, le titre, reprit par des groupes comme ANIMETAL ou encore ANIPUNK l'an passé sur la même scène, est toujours apprécié par le public de la convention. Et si la chanson des Chevaliers du Zodiaque n'a pas toujours été diffusée en version originale en France, le refrain est assidûment repris par toute la salle. Les solos de guitares sont rythmés par les cris des fans pris dans l'ambiance déchaînée.

Le concert suit son cours agité et les duos de guitares agressifs créent souvent un décalage avec le côté mélodieux des compositions. Robert Watermann met en avant son coffre, hurlant à gorge déployée quelques passages, tout en tenant la note sur la durée. D'enthousiasme, il ose même quelques sauts enjoués. Arrive alors la chanson que toute personne un peu renseignée sur le groupe a pu entendre via MySpace ou sur le site de Japan Expo. Avec son puissant refrain, BRAVE HEART séduit sans peine et emmène la foule dans une masse uniforme, reprenant de manière vive mais harmonieuse cette devise guerrière. Les cinq compères continuent dans cette ambiance dynamique où le métal se fait puissant et joyeux avant de quitter finalement la scène.

La prestation a fait son effet et le public semble conquis, au point de laisser l'impression d'un concert trop rapide. L'énergie déployée semble ainsi retomber comme un soufflé, un feu allumé mais pas entretenu suffisament longtemps pour durer toute la nuit. Heureusement, les fans affamés auront du rab puisque le groupe repasse sur scène le dimanche. Il est d'ailleurs fort à parier que le show sera de la même trempe, aussi vivant et efficace que celui d'aujourd'hui et avec une touche d'humour.


LAZYgunsBRISKY

Pour leur second passage sur la scène du J.E. Live House, les LAZYgunsBRISKY sont encore plus excitées. La chanteuse Lucy hurle le refrain d'A-Cha telle une mitraillette, tandis qu'azu reprend les chœurs tout en grattant sa basse. Moe, derrière sa batterie, est moins timide que la fois précédente. Dès la première chanson cependant, la voix de Lucy semble fatiguée, ce qui ne l'empêche pas de saluer son public avec enthousiasme. Alors que la chanson Liar retentit, celle-ci se couvre de son long foulard coloré. Cachée derrière son voile, elle n'en reste pas pour le moins extravertie et agressive, imposant sa voix avec force. izumi ne quitte pas son visage de marbre, mais son énergie n'est pas des moindres lorsqu'elle rejoint azu pour un duo de cordes, fouettant l'air de leur tignasse dans un rythme effréné. Les guitares rock'n'roll ne prennent pas de pause. Lucy enchaîne et continue de danser avec autant d'énergie lorsque démarre 18, musique sur laquelle elle twiste avec amusement. Sa voix, malgré son jeune âge, n'a rien à envier aux rockeurs de longue date. Les refrains souvent en anglais sont accrocheurs et la foule saute avec entrain.

Souriantes, les filles se déchaînent. Sans aucun doute, elles veulent profiter à fond de leur dernier jour à Japan Expo. La frontman harangue le public et l'interpelle en français. azu s'y essaie également mais plus timidement, exprimant sa joie d'être ici. Here we go prend le relais avec ses couplets sensuels appuyés par la voix éraillée et sexy de la chanteuse. La guitare d'izumi vrombit d'un son hystérique et strident. Sur des airs plus enjoués, le groupe interprète Wanted aux refrains efficaces et faciles, que la foule reprend à l'unisson. Le visage de la guitariste s'anime enfin alors qu'elle chantonne dans son coin. Lucy quant à elle continue ses danses incessantes et saute dans tous les sens. Elle accompagne ses mots d'une gestuelle, créant comme un langage des signes un peu spécial. Tandis que la sueur perle de plus en plus sur son visage, elle explique au public ses lacunes en langues étrangères, mais ce n'est pas grave puisqu'ici elle parle cette langue universelle qu'est la musique. Love it débute par des lignes entraînantes et de circonstance, « I really really love it ». La chanteuse grimace, se transformant en lapin agressif avec des mains-oreilles surprenantes. Ses cris partent de plus en plus dans l'imprévu, ajoutant du caractère à ce rock'n'roll endiablé. Toutes ces chevelures décolorées en mouvement animent la scène d'une manière naturelle et respirant la joie de vivre.

Arrogante, Lucy présente la prochaine chanson, A song for me, puis se lâche sur la musique infernale. Après une feinte, la musique reprend de plus belle et les voix se croisent sur le refrain offrant une vive irrégularité. La cadence passe au galop avec But I Know, et Lucy défie la salle toute entière. Les chœurs d'azu extrêmement mélodieux contrastent avec le chant plus brut, donnant un côté lyrique à ce rock'n'roll violent. La foule ne se fait pas prier pour suivre le mouvement et bouge dans tous les sens. Sur scène, après des passages chuchotés, la tornade reprend avec véhémence à toute vitesse. La dernière chanson arrive très rapidement et Moe, ne tenant plus en place, saute derrière sa batterie. Avant même que les membres ne disparaissent de la scène, des applaudissements résonnent dans la salle, le public en redemandant avec excitation. Le quatuor revient alors avec Michigan. Pour cet ultime morceau, le groupe donne tout ce qu'il a comme si sa vie en dépendait. Lucy crie à en perdre sa voix et profite comme ses comparses de ces derniers instants, elle court, saute, hurle et grimace sans répit. La foule est en délire et accompagne le groupe en voyage sur ce train rock'n'roll.

LAZYgunsBRISKY a réussi à emporter dans son tourbillon la foule grâce à son rock dégénéré. Si au départ les gens se contentaient de suivre le rythme, on remarque que plus que séduits, ils se laissent prendre par l'addiction du son énergique des quatre rebelles. Beaucoup se sont jetés sur les CD et T-shirts dans les boutiques J.E. en sortant du concert, épuisant les stocks. Le groupe qui semblait faire partie des « déjà vu » de cette édition 2011, ayant déjà tourné plusieurs fois en Europe, fut au final l'un des plus appréciés et beaucoup se sont régalés de pouvoir les voir deux fois en si peu de temps.

Set list :

01. A-Cha
02. Liar
03. 18
04. B.o.Y.
05. Here We Go
06. Wanted
07. Love It
08. Song For Me
09. But I know
10. Freak
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Michigan
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