X JAPAN au Zénith de Paris

live report - 17.07.2011 07:00

Retour sur le concert tant attendu du 1er juillet 2011.

Certains en rêvaient, d'autres avaient déjà abandonné, mais cette fois-ci était la bonne : X JAPAN a bel et bien réalisé son premier concert au complet le 1er juillet dernier au Zénith de Paris. Après son retour en demi-teinte au Japon il y a trois ans, l'attente des fans était grande et beaucoup venaient avec la peur de repartir déçus. Le groupe a-t-il tenu ses promesses ? Retour sur ce qui s'annonce être le plus gros concert J-music de l'année.

C'est en cette première journée de juillet que nous nous dirigeons, sous un temps clément, vers le Zénith. Alors que nous avançons vers la salle parisienne, nous reconnaissons une chanson du groupe. Non, nous n'arrivons pas en retard, il s'agit seulement des balances qui s'éternisent. Une fois dans la salle et pendant que nous attendons l'arrivée du groupe, nous avons tout le loisir de découvrir une scène atrocement monotone. La batterie et le piano sont surélevés sur une plateforme dans le fond et quelques micros sont posés sur le devant de la scène. Pour la plus grosse date de la tournée, nous étions en droit d'attendre une avancée, voire même un écran géant digne de ce nom.

Le moment fatidique arrive, les lumières s'éteignent et la nouvelle intro retentie. Sans tomber dans le pathos, il faut se rendre à l'évidence : la mise en scène est sobre mais terriblement efficace. Musique post-apocalyptique sur fond de violon et de chœur, YOSHIKI apparaît perché derrière sa batterie pendant que ses comparses le rejoignent. La célèbre voix off nous introduit alors le concert : "Introducing, X, Japan, Japan, Japan, Japan...".

C'est Jade qui ouvre le bal et le choc est rude. Après une telle introduction, commencer par ce qui est considéré par beaucoup comme la composition la plus ennuyeuse du groupe casse totalement le rythme. Quelques notes passent et nous nous prenons une seconde claque. A quoi ont servi les longues balances sonores ? Le son est saturé, extrêmement fort et seuls de bons bouchons d'oreilles arrivent à rattraper le désastre que nous vivons. Notre rêve tomberait-il en miettes ?

En balayant la scène du regard, il suffit de froncer un peu les sourcils pour s'apercevoir qu'X JAPAN n'est pas un duo, mais bel et bien un quintette. Effectivement, seuls YOSHIKI et ToshI ont l'honneur de se trouver sous les projecteurs, pendant que les autres musiciens restent et resteront dans le noir tout le long du spectacle. Heath est toujours aussi discret, tout comme Pata qui nous revient affublé d'une merveilleuse moustache. SUGIZO, quant à lui, peine à se faire une place dans ce groupe qui n'est pas le sien, mais représente une réelle valeur ajoutée avec un jeu de scène et de guitare pour le moins propre et agréable.

A la fin de Jade, ToshI réveille alors le public et notre cauchemar semble prendre fin. Car oui, si ce spectacle n'est pas exempt de défauts, il n'en reste pas moins que nous avons devant les yeux un groupe qui est loin d'être débutant en matière de scène. Si certains trouveront les mimiques de YOSHIKI un peu exagérées et malgré un son plus que moyen, la sauce prend. La magie X JAPAN certainement... Le groupe enchaîne avec Rusty Nail, qui, à l'immense bonheur des fans, nous est interprétée en version originale. La composition est excellemment exécutée, les spectateurs sautent dès l'introduction et l'ambiance explose. L'apogée est atteinte lorsque YOSHIKI joue les premières notes de Silent Jealousy au piano. Ce morceau de 1991 touche particulièrement les fans de la première heure grâce à ses envolées symphoniques typiques des compositions de YOSHIKI. On constate même une légère amélioration de la qualité sonore durant cette chanson qui envoie la foule au septième ciel.

Cependant, la formation semble apprécier les retours violents à la dure réalité. Dernier point d'ombre de la soirée, YOSHIKI et SUGIZO quittent la scène pour laisser derrière eux leurs trois collègues qui se lancent sur DRAIN. Il faut le dire, même si l'on apprécie vraiment l'effort d'interpréter une composition de hide, le résultat est extrêmement décevant. La bande son, pour la batterie et la guitare, annihile tout le dynamisme du morceau. Pire, cette bande son ne reprend même pas les chœurs originaux du défunt guitariste, créant ainsi un grand vide.

Après cette traversée du désert, entre sur scène SUGIZO qui semble, pour nos oreilles, tout droit venu du ciel. Il entame son habituel solo de violon électrique aux élans lyriques et coupe le souffle à toute l'assemblée. Que l'on aime ou pas, le silence est pesant et on admire toujours autant le charisme du quadragénaire. YOSHIKI le rejoint alors au piano pour nous offrir un émouvant duo sur l'intro de Kurenai. Le morceau nous est livré en version anglaise, dommage, mais le plaisir est tout de même présent. Sans surprise, le solo des deux guitaristes transcende la salle qui reprend ensuite le refrain avec ToshI. Voir une salle comme le Zénith reprendre une chanson dans une langue qui n'est pas la sienne restera un des moments forts de cette soirée.

Vient Born To Be Free, authentique surprise en live, qui, grâce à son refrain accrocheur, captive encore plus le public. YOSHIKI se dirige ensuite vers son piano pour commencer son solo qu'il réalisera à tour de rôle avec sa batterie. Pour ceux qui en doutait encore, l'artiste nous prouve à nouveau son attirance pour le classique en interprétant quelques notes de La Marche Turque de Mozart, du Lac des Cygnes de Tchaïkovski ou encore de La Lettre à Elise de Beethoven. Son numéro est agréable, légèrement sur-joué, mais pas ennuyeux pour un sou. Il finit ensuite par débuter I.V., toujours au piano, reprit comme à son habitude par le public. Après quoi, ToshI nous annonce la dernière chanson : X. Sans manquer à ses traditions, le groupe scande les fameux "We Are..." auxquels le public répond immédiatement un "X". On ne pourra pas dire qu'X JAPAN est avare d'échange avec ses fans. Mieux, YOSHIKI se jettera à plusieurs reprises dans la fosse, à la grande tristesse de la sécurité, mais au grand bonheur des fans qui apprécieront le geste.

Après une pause, YOSHIKI réapparaît habillé d'un yukata en compagnie de ToshI, qui, après quelques échanges avec les fans, lance le fatidique "Une pluie sans fin". Terreur dans les rangs, vont-ils nous interpréter la version française d'Endless Rain ? Eh bien non, plus de peur que de mal, le duo est vite rejoint par les trois autres musiciens et c'est la version originale qui est reprise par l'ensemble de la salle. Le groupe quitte à nouveau la scène pour laisser à SUGIZO un ultime solo de violon avant que YOSHIKI n’amorce le dernier morceau de la soirée.

Art Of Life n'est certainement pas la chanson la plus punchy de leur répertoire, mais elle reste un des monuments du groupe. Bien évidemment, nous n'avons pas droit à la version complète d'une demi-heure, et la chanson débute par le solo de piano de YOSHIKI, toujours aussi magistral (voire un peu trop ?). Lorsque l'homme rejoint sa batterie, le Zénith explose une dernière fois aux sons mélodiques des guitares de SUGIZO et Pata. Après une photo de groupe, quelques lancés de bouteilles et des salutations répétées, X JAPAN quitte la scène au son de Forever Love, malheureusement non jouée par le groupe ce soir.

Le pari était risqué, avec le temps, les fans avaient gagné en exigence et même si le concert de ce soir ne fut pas parfait, force est de constater qu'X JAPAN est un groupe taillé pour la scène. On leur pardonnera le son très moyen et la setlist un peu courte malgré la longueur du concert. Le fait est que nous avons passé un excellent moment en compagnie d'un Zénith très énergique, presque rempli, qui aura su mettre l'ambiance.

-- SETLIST --

Intro (S.E.)
01. Jade
02. Rusty Nail
03. Silent Jealousy
04. DRAIN
Solo de violon de SUGIZO
05. Kurenai (version anglaise)
06. Born To Be Free
Solo de batterie et piano de YOSHIKI
07. I.V.
08. X

-- Rappel --

09. ENDLESS RAIN
10. Art Of Life (2e partie)
Forever Love (S.E.)
artistes liés
commentaires
blog comments powered by Disqus
themes liés

X JAPAN - Europe 2011

galerie photos
publicités