Interview avec HEAD PHONES PRESIDENT

interview - 21.03.2011 06:00

Lors de leur passage à la Japan Expo Sud, les membres de HEAD PHONES PRESIDENT ont répondu à nos questions dans une ambiance détendue.

Alors que la Japan Expo Sud animait la ville de Marseille, JaME a profité de l'occasion pour s'entretenir avec HEAD PHONES PRESIDENT. Les membres, au nombre de quatre depuis la fin de l'année dernière, nous accueillaient avec le sourire pour parler entre autres de leur groupe, de leur musique et de leurs projets.

Pouvez-vous présenter votre groupe en quelques mots pour les personnes qui ne le connaissent pas encore ?

Hiro : Je suis Hiro, le guitariste.
ANZA: Je suis ANZA, la chanteuse.
Batch : Moi c'est Batch, batteur.
Narumi : Narumi, à la basse.

ANZA et Hiro, vous êtes tous les deux présents depuis la formation du groupe. Comment avez-vous eu l'idée de former HEAD PHONES PRESIDENT ? Et comment avez-vous rencontré les autres membres du groupe ?

ANZA : A la base, j'avais une carrière en solo. Lors de mes tournées, j'avais besoin de musiciens pour m'accompagner sur scène, et dans l'agence pour laquelle je travaillais il y avait d'autres musiciens, dont Hiro. Nous avons eu l'occasion de discuter plusieurs fois et nous nous sommes dit que ce serait sympa de faire de la musique plus heavy, plus hard. Narumi était à la base guitariste pour un autre groupe. Juste avant notre premier concert à New York, nous avons eu un souci avec notre bassiste, qui, pour des raisons familiales, ne pouvait plus y aller. Alors nous avons prié en urgence Narumi de le remplacer en tant que bassiste, bien qu'il soit guitariste à la base. (Rires)

N'était-ce pas d'ailleurs difficile d'apprendre les morceaux si rapidement ?

Narumi : En fait, j'étais fan du groupe à la base, j'allais à ses concerts et je me faisais souvent employer comme membre du staff (rires) donc ce n'était pas si difficile.
ANZA : Il y a cinq ans, les membres de l'époque ont arrêté et pendant trois ans et demi Batch était batteur de session. Il était donc occasionnellement présent lors des concerts, etc. Mais cela fait seulement deux ans en fait qu'il est entré comme membre officiel du groupe.

Il y a peu, le guitariste Mar vous a quittés, vous vous retrouvez donc à quatre. Est-ce que vous prévoyez de continuer à quatre ou pensez-vous chercher un nouveau membre ?

ANZA : Mar a effectivement arrêté la musique depuis l'an dernier pour des raisons privées. Cela fait onze ans que nous faisons de la musique ensemble, donc contrairement à un groupe qui serait récent, il nous est plus difficile d'intégrer de nouveaux membres que de continuer à quatre.

Et au regard des morceaux, n'est-ce pas trop dur de les adapter au quatuor ?

ANZA : Il y avait deux guitaristes à la base, mais Mar n'était pas le guitariste de tête puisque c'est Hiro qui tenait ce poste. Généralement, nous arrangeons donc les morceaux, et la partie que jouait Mar, c'est maintenant Narumi qui s'en charge à la basse.

Cela fait plus de dix ans que vous êtes actifs en tant que groupe. Comment voyez-vous l’évolution de votre musique ?

ANZA : Jusqu'ici, nous n'avons pas vraiment eu l'occasion de faire des concerts en Europe à part une fois en Suède. Nous sommes en train de réfléchir à la possibilité de faire une tournée en Europe en septembre prochain.

En tant d’années, vous avez certainement vécu de nombreuses expériences. Racontez-nous une anecdote de la meilleure ou de la pire expérience que vous ayez eue.

ANZA : Alors il y en aurait deux. Une au Japon et une en Europe. À l'étranger, les fans sont très très chauds. C'est un contexte dans lequel nous pouvons vraiment prendre contact avec ce public. Nous n'avons pas envie de perdre vis-à-vis de la passion qu'il nous exprime. Au Japon, notre meilleure expérience est d'avoir participés à un festival de rock en 2007 où jouaient de grands noms comme Slipknot. C'est le plus grand festival rock au Japon et nous sommes très contents d'y avoir participé.

ANZA, vous avez commencé votre carrière dans un tout autre genre, notamment le musical en interprétant Sailor Moon. Comment êtes-vous passée de ce genre assez pop au metal ?

ANZA : (Rires) Pour moi, ça ne change pas grand chose. Ce que je voulais, c'était exprimer du plus profond de mon cœur toutes sortes d'émotions, et parfois dans les comédies musicales, les spectacles musicaux, c'est un peu difficile de faire part de sa tristesse ou de ce genre de sentiments un peu négatifs. Je me suis donc de plus en plus dirigée vers le rock et le rock lourd parce que c'était ce qui me semblait le plus approprié. Mais pour moi, ce n'est pas si différent. Alors, effectivement, pour certains fans japonais, je suis un peu devenue le diable en personne !

Vous êtes la seule femme du groupe, comment cela se passe-t-il ?

ANZA : No Problem! Je suis un garçon manqué et les autres sont des fillettes. (Rires)

Comment se passe la composition de vos morceaux ? Si vous faites tout cela ensemble, n’est-ce pas difficile de s’accorder ?

Hiro : En fait, nous nous rassemblons en faisant des jam sessions, nous discutons et chacun apporte ses idées. Puis, au fur et à mesure, dans le studio, nous construisons nos morceaux une fois que tout le monde a dit ce qu'il voulait.

Vous n'avez pas trop de mal à vous mettre d'accord ?

ANZA : Hum... Avec Hiro des fois on s'accroche pas mal. Les guitaristes et les chanteurs, cela passe mal. C'est parce que chacun pense être le membre principal. (Rires)

Vous utilisez beaucoup d'anglais pour les paroles. N'est-ce pas difficile pour vous à chanter ou à composer ?

ANZA : En fait, les paroles sont écrites en japonais à la base puis nous traduisons les textes comme le font la plupart des groupes. Même si je ne parle pas vraiment anglais, j'ai l'impression que ma façon de tourner les phrases et de m'exprimer est plus proche de l'anglais. C'est Narumi qui traduit ensuite en anglais ce que j'écris.

Musicalement, certains morceaux sont assez tribaux. ANZA, vous avez des origines sud-africaines du côté de votre mère, est-ce que c'est cela qui vous a influencée dans cette voie ?

ANZA : Oui, je pense que le fait d'être originaire d'Afrique du Sud joue forcément, mais ce qui m'inspire aussi ce sont les musiques du monde en général. J'aime beaucoup la musique indienne par exemple, donc certaines influences viennent de là.

Sur scène, vous avez une façon de vous exprimer très particulière, vous semblez assez renfermés sur vous-même et pourtant vous arrivez à communiquer avec le public. Comment faites-vous ?

ANZA : Notre vocation n'est pas d'aller vers le public. Notre musique n'a pas pour objectif de réunir. Nous voulons vraiment que les gens apprécient et aient la liberté d'apprécier. Ce n'est pas notre trip d'imposer notre musique. Si on prend une métaphore de la scène, ce que nous cherchons c'est d'aller vers le haut plutôt que d'aller vers l'avant.

Ce n’est pas la première fois que vous jouez dans une convention de ce genre, ce qui est assez différent d’un festival rock ou de concerts normaux. Quelles sont les différences selon vous et comment gérez-vous la scène dans ce contexte ?

ANZA : Contrairement au Japon, ce n'est pas séparé avec le rock d'un côté, l'animation de l'autre. Il y a beaucoup de gens à l'étranger qui aiment le metal et l'animation, et c'est vrai que c'est beaucoup plus facile, parce que les gens ne mettent pas de barrières. On peut aimer les animes et le rock en même temps.

Votre dernière sortie, Pobl Liw, est en fait un self cover album. Pourquoi un tel album et quel genre de défis était-ce de reprendre vos propres morceaux ?

ANZA : En fait, cela s'est fait à l'occasion d'une convention d'animes à laquelle nous avons participée au Brésil, et on nous a dit qu'il fallait faire de l'acoustique, ce que nous n'avions jamais fait. Nous avons donc choisi deux chansons que nous avons arrangées en acoustique, et comme c'était vraiment sympa, nous avons décidé de faire un album en acoustique où nous reprenons nos chansons pour fêter nos dix années de carrière.
Hiro : Les arrangements étaient moins compliqués que ce que nous avions pensé. Comme les chansons étaient bien construites et la composition sympa, nous avons pu les arranger facilement en acoustique.

En dehors de la tournée en Europe que vous avez évoquée, quels sont vos futurs projets ?

ANZA : Déjà, en rentrant au Japon, nous allons être très occupés par la préparation de notre nouvel album pour lequel nous devons encore écrire les chansons. En avril et en mai, nous partons en studio pour enregistrer tout cela. Au mois de juin, nous allons sortir un DVD car nous venons de terminer notre première tournée oneman.

Merci à vous !

HEAD PHONES PRESIDENT : Merci
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