MUCC - Karma

chronique - 12.12.2010 06:00

Le début d'une toute nouvelle vie

Au fur et à mesure des années, il est de plus en plus difficile de cataloguer MUCC dans un genre musical précis. En effet, depuis la sortie de son album Gokusai, la formation a émis le souhait d’évoluer sans cesse en ajoutant d’autres instruments et en parcourant d’autres horizons, et force est de constater que ce n’étaient pas des paroles en l’air.

Après avoir tâté d’autres terrains avec les albums Shion et Kyuutai, le quatuor remet le couvert avec Karma, paru le 6 octobre dernier en deux éditions japonaises et plus tard en version européenne. A noter que MUCC a perdu son statut de major chez Universal Music Japan, Karma ayant été distribué par le label indies MAVERICK D.C. GROUPE / DANGER CRUE RECORDS. Ces derniers ont peut-être préféré conserver plus de liberté afin de continuer leurs expérimentations.

Shion et Kyuutai avaient fait naître grand nombre de débats et frustré beaucoup de fans de la première heure. En lançant le CD, on peut être sûr que ce ne sera pas cette fois non plus que la polémique cessera. Chemical Parade, est en effet complètement électro et s’apparente à de la musique de club ! C’est d’ailleurs cet effet électro qui ressortira globalement de l’album, bien que certains morceaux explorent d’autres genres. A l’écoute de l’introduction très sympathique, on peut se demander où est caché le DJ d’une part, et si l’album sera aussi bon que cette mise en bouche, d’autre part.

Il est donc clair qu’il est inutile d’attendre quoique ce soit de Karma si l’on veut absolument retrouver les sonorités plus violentes des premiers albums. Cependant, à condition d’accepter le changement, voir même la complète métamorphose, l’album à tous les atouts nécessaires pour plaire. Pour cela, il suffit d’essayer d’oublier tout ce qui a été fait précédemment et de l’écouter comme une création unique, afin de l’apprécier pleinement. Là où les deux précédents albums se caractérisaient comme bancals et à la limite de phases de tests, Karma est bien plus travaillé musicalement, réfléchi et captivant.

Les parties de batterie de SATOchi ne sont pas aussi pêchues et mises en avant, mais jouent plus dans le détail et la finesse. On retrouve également le jeu de basse de YUKKE, presque disparu précédemment, pour notre plus grand plaisir. Et force et de constater qu’il est parfait et s’allie très bien à la touche électro de musiques comme Falling Down, Zeroshiki et Chemical Parade Blueday (où violons électriques sont de mise). Dans la première, sur le même ton que l’introduction, on a tout le plaisir de se laisser emporter par sa partie slappée fortement mise en avant, parallèlement au chant presque planant de Tatsuro, avant que le solo au son très distortionné de Miya ne retentisse. En écoutant Zeroshiki, on peut être sûrs que le guitariste abusera des pédales d’effet et de son floyd lors des concerts à venir et que l’ambiance s’annoncera très chaude !
A noter également la très agréable I am computer où la partie électro a une importance prédominante comme lors de l’intro. Tatsuro hache presque sa voix au rythme des riffs de Miya avant de la rendre plus mélodique lors des refrains. Dommage que la partie de basse n’ait pas éclaté après la montée en puissance à la fin du morceau !

Mais Karma n’a pas que ça dans le ventre et l’on profitera aussi d’autres styles de chansons, comme Daraku, aux sonorités blues. La très jolie ligne de basse contraste merveilleusement avec le piano et la voix plus sensuelle de Tatsuro. On se croirait presque dans un petit bar en train de siroter un cocktail, en appréciant le spectacle tout en discutant. YUKKE et son slap sont par ailleurs à l’honneur dans Circus, au son plus funk, où des cuivres ont été invités afin de retranscrire l’ambiance délurée. On a même le droit à un petit duo instrumental basse/cuivres dans lequel Miya finit par s’inviter ! Bien sûr, quelques ballades sont aussi présentes. La meilleure étant sûrement Hane, et son piano en introduction suivi de ses deux parties de guitare classique. On se laisse bercer par l’instrumentalisation et le chant en planant comme une plume qui tombe, avant qu’un coup de vent plus puissant, représenté par le refrain et ses accords de guitare électrique, nous emmène explorer d’autres horizons.

Au final, à condition de ne pas avoir espéré le retour du MUCC des débuts, Karma est un très bon album. On a en quelque sorte assisté à l’âge d’or de MUCC représenté avec Homura Uta, Zekuu, Kuchiki no tou et Houyoku et la période de transition pas terrible avec Gokusai, Shion et Kyuutai. Cependant, Karma aura su raviver la flamme sur le point de s’éteindre en nous. Ainsi, il marque au fer rouge le début d’une toute nouvelle époque, tout aussi intéressante que la première. De plus, sachant que leurs compositions prennent d’autant plus vie en concert, on ne peut qu’attendre avec impatience la date parisienne du 23 janvier !

★★★★☆
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