Hikawa Kiyoshi - Enka meikyoku collection 12 ~Shamisen tabi garasu~

chronique - 25.11.2010 06:00

Le prince de l'enka a encore fait fort

Hikawa Kiyoshi est un chanteur d'enka très populaire au Japon dû à son jeune âge et à son charisme. Ce dernier a en effet fait ses débuts professionnels a 23 ans avec la sortie du single Hakone hachiri no hanjirô, chose très rare pour un chanteur de ce genre. Grâce à ses capacités rapidement reconnues et à sa popularité, il a été surnommé « Le prince de l'enka » et a provoqué un regain d'intérêt pour l'enka chez les jeunes. Il a également marqué quelques records comme celui d'être le seul chanteur d'enka à avoir placé trois singles au top du classement de l'Oricon. Ses sorties font également quasi-systématiquement partie du top 3, chose très rare pour ce genre de musique qui ne cesse de perdre de sa popularité au fil des ans.

Cependant, l'annonce de quelques faits personnels dans un célèbre magazine cet été a provoqué un véritable scandale. Difficile pour des personnes âgées habitant qui plus est dans un pays très homophobe d'accepter que leur chouchou soit gay malgré les démentis de son agence. Les ventes de son dernier album, Enka meikyoku collection 12 ~Shamisen tabi garasu~ s'étaient donc annoncées désastreuses et le pire avait été annoncé pour sa carrière. Fort heureusement, il n'en fut rien puisque même si ses ventes furent moins bonnes que d'habitude, un peu moins de 100000 copies furent tout de même liquidées, chose peu commune ces derniers temps.

Sorti le 23 juin, Enka Meikyoku Collection 12 ~Shamisen tabi garasu~ a été vendu en trois éditions différentes : Une édition CD simple, une édition limitée offrant un DVD bonus incluant le clip de Kororo Korokoro et une version cassette ! En effet, depuis ses débuts ses sorties ont toujours également été produites dans ce format afin que les plus âgés ayant des difficultés avec les « nouvelles » technologies puissent continuer d'avoir accès à sa musique. Pas étonnant que toutes les personnes du troisième âge soient sous son charme avec de telles pensées !

Quoiqu'il en soit, à l'écoute de ce douzième opus, on ne peut pas démentir le mérite de son succès ! Toutes les caractéristiques de l'enka sont présentes et ses morceaux sont superbement interprétés. Comme il est souvent de coutume pour ce genre de musique traditionnelle, les chansons parlent de désillusions amoureuses, de séparations douloureuses, de femmes, des terres natales, d'alcool, etc... Que du positif en somme à première vue !
Shamisen tabi garasu, sortie précédemment en single confirme parfaitement cela. Dès le début le son traditionnel du shamisen résonne et transmet une ambiance assez vieillotte à la chanson. S'en suivent alors les vibratos caractéristiques de l'enka à travers la voix du chanteur. On ne peut qu'affirmer, grâce à ses passages des aigus aux graves et ses arrêts d'un coup sec, qu'il la maîtrise toujours aussi bien. La chanson est très agréable à l'écoute. En effet, on a l'impression d'être plongés dans un vieux film chinois des années 50, représentant la misère du pays, grâce à la partie instrumentale très travaillée, mais surtout aux « ee, chintonchan ee chintonchan » du chant d'Hikawa Kiyoshi ne faisant pas très japonais, disséminés aux moments-clés.
Le côté mélancolique de l'enka est également brillamment représenté avec la piste suivante, Gas Light ou encore Odoriko. Les parties de guitare classique, cuivres et violons associées à divers sons d'instruments traditionnels et surmontés de chœurs féminins valent en effet leur pesant d'or et offrent un mélange très réussi. Bien sûr, notre prince est également très convaincant avec sa voix très triste, presque douloureuse dans Gas Light, et son chant volontairement traîné. Dans le même genre, on peut également citer la très jolie Sasurai minato machi dont le chant assez clair et agréable avec très peu de vibratos lui confère un rendu se rapprochant plus de la ballade.

D'un autre côté, certaines comme Shoushunfu ou Genkai Blues font rupture avec les autres et dégagent une atmosphère positive. Dans la première, un peu de lumière et de chaleur ressortent au milieu des autres chansons, grâce aux sonorités très claires des instruments, des espèces de sons de poussière d'étoiles et du chant très attendrissant d'Hikawa Kiyoshi. Genkai Blues, par contre, insiste sur le côté sympathique avec sa contrebasse, ses cuivres et flûtes, qui nous donnent l'impression d'assister à une fête sur la place d'un village des années 30-60.

A noter également l'excellente dernière piste, Yorokobi mo kanashimi mo iku toshitsuki qui est à écouter absolument ! La partie instrumentale avec ses tambours et sons de trompette ainsi que le chant "autoritaire" sonnent très fanfare et semble nous embarquer directement dans les rangs d'une armée qui défile devant les citoyens avant de partir en guerre ! Certaines musiques vous donnent l'impression d'être un(e) guerrier(e) qui part à l'aventure et traverse mille épreuves avec juste un petit sac composé de quelques vivres pour survivre; et celle-ci transmet parfaitement cette sensation ! L'album est conclut en beauté, aucun doute là-dessus.

Au final, Hikawa Kiyoshi nous aura une nouvelle fois proposé un album très réussi avec Enka meikyoku collection 12 ~Shamisen tabi garasu~. On ne peut pas dire qu'il soit très différent des précédents ou qu'il apporte quelque chose de nouveau dans le genre, mais en même temps, ce n'est pas ce que l'on lui demande. Une fois de plus les bases de l'enka sont présentes, le chant et les parties instrumentales sont très bons et on a cet espèce de mélange subtil propre à Hikawa Kiyoshi qui fait que l'album est très accessible malgré le genre, et franchement très agréable à l'écoute. On est presque étonné qu'il défile aussi vite. Le chanteur nous confirme à nouveau que son titre de prince de l'enka n'est pas usurpé et on ne peut qu'espérer que l'album Enka meikyoku collection 13 ~Nijiiro no baiyon~ soit aussi bon.


★★★★☆
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