Akira Yamaoka - iFUTURELIST

chronique - 02.12.2010 06:00

Un album parfait ?

La réponse à la question sus-posée est évidente. Enfin, c'est ce qu'on pense en tout cas. Pourquoi parfait ? C'est bien simple : vous connaissez tous plus ou moins Monsieur Akira Yamaoka, non ? Avec ses bandes sons monstrueuses pour la série des Silent Hill et bien d'autres jeux vidéo plus lointains, tels que Kensei, Snatcher ou Poy Poy. Bon. Vous situez ? Bien. Maintenant, imaginez un peu un condensé de toutes ces bombes en un seul album. Vous imaginez ? Mettez tout ça au mixeur, pendant une ou deux minutes, puis laissez reposer. Et voilà iFUTURELIST. Bon, j'exagère tout de même. Ça n'est pas vraiment ça. Les fans de Silent Hill ne se retrouveront pas dans cet album, mais les autres, plus ouverts, eux, seront tout émoustillés à coup sûr. Avant d'aller plus loin dans la lecture de cette chronique, vous devez vous ouvrir un peu les oreilles et ne pas avoir peur des sons électroniques à gogo.

Bien. Maintenant vous pouvez lire ce qui va suivre.

Un album peu reconnu ? Pas sûr. Si vous n'en avez jamais entendu parler, c'est normal. Il est presque sorti incognito en 2006, sans gros tapage derrière. Et puis, Monsieur Akira Yamaoka a toujours été discret, lui, concernant ses musiques. Du moins, par d'chez nous, car au Japon, c'est autre chose. Et pour ceux qui ont vu le clip de la chanson titre, ne tournez pas le dos à l'album, ça n'a rien à voir, et surtout, c'est à prendre au second degré ! Akira nous prévient avec son intro en allemand (saleté de jeunesse hitlérienne), cet album va vous ouvrir les yeux, ou plutôt les oreilles. Se battre pour un meilleur futur, avec une économie plus forte et l'arrestation de nos ennemis.

Mais à qui s'adresse donc cette galette, dites-moi ? Eh bien à beaucoup, beaucoup de monde. Pour les fans de musiques électronique, dance, house, rock, funk et autres joyeusetés festives pour bouger leurs petites fesses musclées. La mission est ardue que de résumer en quelques lignes le contenu de l'album tellement il reflète avec éclectisme les différentes personnalités, influences et goûts de Monsieur Yamaoka. Le début semble racoleur, dès la première plage on nous plonge dans un large fossé, futuriste, nébuleux, coincé entre deux sentiments. Les sons électroniques et analogiques se mêlent les uns aux autres surplombés d'un chant énergique empreint d'une certaine tristesse. Mais que voit-on arriver juste après ? iFUTURELIST. Akira Yamaoka se dévoile peu à peu, il se met même à chanter. Sur une instrumentation qui se veut motivante, on lève alors le poing en rythme avec lui et on apprécie.

S'en suivent des pistes taillées pour les clubs ou qui n'ont vraiment rien à voir. Étonnant mélange hétéroclite, entre un ou deux morceaux dance se placent Maria ou encore Adjust Rain, l'un délicat et vaporeux, l'autre plus pesant, déconcertant. Il est à noter que de nombreux artistes se sont joints à lui pour l'aventure. Akira Yamaoka s'est surtout occupé de la composition et des arrangements des morceaux, souvent des habitués de la dance, comme riewo, Sana, GENET (d'AUTO-MOD !), ocean, voire même le rocker Yasuaki Honda. C'est dire.

Et si l'album se termine sur une touche franchement rock, avec SYSTEM LOVE 7.5.5, ça n'est que pour nous faire remettre l'album dans son intégralité. Un concept foutrement bien pensé. Une communication détonante et un talent fou. Que demander de plus ? Un album à posséder et à écouter encore et encore et encore pour redécouvrir à chaque fois certains éléments qui nous auraient échappé. En définitive, je vous le dis, il faut avoir les oreilles bien ouvertes et le cœur en fête pour ne pas perdre le fil. Une pure merveille. L'album idéal pour n'importe quelle soirée. Et rien que pour Mad Season, dans une veine indus, performé par GENET, l'album vaut largement le coup d'oreille.
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