the studs - Spider Nest/Yami nochi ame

chronique - 27.02.2009 13:00

The studs, ou l'évolution vers un son déconcertant.

Avez vous remarqué que l'on entend très peu parler des studs, depuis leur dernière tournée qui passait par la maroquinerie ? Pourtant, Daisuke, le chanteur du groupe, a été un véritable pionnier avec feu kagerou ! Ne nous jetions nous tous pas sur chaque nouvel album ? N'est-ce pas Daisuke qui était adulé par un bataclan qui affichait presque sold out, lors de la dernière tournée de la formation ? Et puis Aie ! Voilà de quoi étonner, l'ancien leader des talentueux et originaux Deadman (qui d'ailleurs étaient passés en France une seule fois il y a quelque années maintenant) de monter un groupe avec l'ancien chanteur des rockers populaires qu'étaient kagerou ! Et pourtant, après la sortie du mini album, qui présentait un son très original mais difficile à l'écoute, le bide, ou presque. Daisuke est passé du bataclan à l'intimiste maroquinerie, devant un public de 200 personnes à tout casser et peu de gens semblent encore s'intéresser à la carrière et a la discographie croissante du groupe. Si je viens vous dire tout ça alors même que je vais faire ma chronique sur leur dernier single, c'est pour conseiller aux vieux fans comme moi et aux nouveaux de se pencher de nouveau sur la musique des studs, car le mélange des styles peut s'avérer être détonnant, bien que déconcertant pour beaucoup !

Le dernier maxi du groupe, Spider Nest/Yami nochi ame, s'ouvre donc sur Spider Nest. On est directement plongés dans cet univers hybride qu'a crée l'improbable formation : une instru sombre et rock à la fois, qui rappelle beaucoup deadman, la guitare crée l'ambiance sur un rythme rapide et précis. Arrive alors la voix de Daisuke, qui fait elle aussi la particularité du groupe, et là, on aime ou pas ! Le chanteur charismatique garde cette voix écorchée et authentique qui rend le public français perplexe depuis les débuts récents de la formation. On alterne ainsi entre couplets archaïques suivant le rythme effréné et déconcertant de la chanson. Le refrain, cependant, se fait un peu plus mélodique, sans non plus convaincre. En somme, voilà de nouveau un son qui, comme Thursday avant, laissera les auditeurs divisés entre l'originalité et la puissance musicale du morceau, notamment avec cette virtuosité dont fait preuve Aie pour ce qui est de sa guitare, et le désordre et la force brute de la voix de Daisuke.
Yami nochi ame, si elle débute de façon encore plus brutale sur la voix quasi a capella de Daisuke, convaincra plus aisément ceux qui seront en proie à l'incompréhension. Les instruments rythment le morceau de façon très rock, passant des riffs rapides de la guitare a des passages plus mélodiques. Le chant, quant à lui, se fait moins criard pour presque faire penser à de la pop sur les couplets. Bien plus agréable à l'oreille non habituée au style de du groupe, Yami nochi ame n'est pas non plus le morceau que l'on retiendra dans la discographie du groupe. Reste cependant à voir ce que donneront ces deux morceaux en live : les deux leaders du groupes forgeant leur musique dans les concerts, on ne peut juger de la puissance de leurs compositions qu'une fois devant la scène, comme ils l'avaient prouvé à Paris lors de leur première tournée.
Le maxi se conclut sur Shizuku, qui est en fait une version plus douce et nouvelle de la chanson Rain Drop que l'on pouvait découvrir dans la toute première sortie du groupe. Sur les couplets, la voix de Daisuke est accompagnée par une ambiance mystérieuse : quelque notes de pianos, des bruits de gouttes d'eau et d'autres sons synthétiques donnent un nouvel angle de vue très original sur le morceau (nouvel angle qui doit certainement être mieux saisi par ceux qui comprennent les paroles..) . Le chant de Daisuke est doucement plaisant et fait presque frissonné. Voilà un beau pari pour le groupe d'ainsi reprendre ce qui était déjà un tube en live pour en faire découvrir de nouveaux aspects, dévoilant ainsi une facette du groupe qui plaira certainement à un plus grand nombre.

Ce nouveau maxi serait ainsi toujours un problème pour nos petites oreilles dérangées par un mix aussi pénible, bien que le tir soit rectifié peu à peu, laissant à penser avec Shizuku que ce groupe tout jeune est encore capable de nous prouver des choses. De plus, une telle originalité dans un milieu musical de plus en plus tourné vers le commercial et la banalité des compositions est vraiment rassurant en une telle période ! Enfin si Spider Nest/Yami nochi ame n'est pas une pure bombe, il est sorti moins de deux mois après Tobari, maxi de qualité qui mérite largement qu'on se penche dessus, et le groupe n'en est pas à son premier tube ! Pour résumer en bref, mon avis est que ce groupe a un très gros potentiel, qu'il l'a déjà montré à plusieurs reprises ces deux dernières années, et que ce maxi n'est qu'une étape de cette évolution dans l'élaboration d'un style unique, celui de the studs !
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