Moriyama Naotarô - Arayuru mono no mannaka de

chronique - 31.10.2010 06:00

Un peu de douceur dans un monde de brutes

Moriyama Naotarô est un compositeur et chanteur de folk et de pop officiant chez NAYUTAWAVE RECORDS (une sous filiale d'Universal Music Japan). Il a fait ses débuts major en 2002 avec son album Kawaita uta wa sakana no esa ni choudo ii, mais sa notoriété est principalement due à la sortie de son single Sakura en 2003, classé premier au classement hebdomdaire de l'Oricon et étant resté dans le top 100 pendant plus de deux ans. Cette ballade est en effet devenue un tube caractérisant les chansons tristes et le printemps, saison marquée par la traditionnelle remise de diplômes au Japon.

Malgré le fait qu'il ait été très productif jusqu'en 2008, le rythme de sorties s'est considérablement ralenti après la sortie de l'album Shokun!!, si bien que les mises en ventes des deux derniers singles et de son dernier album, Arayuru mono no mannaka de, ont été chacune séparées par un an d'intervalle. Par ailleurs, on ne peut pas dire que les ventes aient brillé puisqu'il ne se sera accaparé que de la onzième place du classement hebdomadaire de l'Oricon avec un peu moins de 9000 copies vendues. Moriyama Naotarô fait partie de ces artistes qui ont perdu beaucoup de leur popularité avec la crise économique d'une part et la montée en puissance des boys bands et idols de l'autre, mais qui n'en sont pas moins intéressants. Enfin, dans un sens, ce n'est plus très surprenant. Il s'agit plutôt d'un artiste prisé pour ses prestations live. Mis à part pour Sakura, il n'a jamais vraiment eu de ventes faramineuses.

Quoiqu'il en soit, Arayuru mono no mannaka de se sera fait désirer ! C'est le moins que l'on puisse dire. Il aura fallu compter plus de deux ans depuis la sortie de Shokun!! mais cette longue attente lui a permis de nous concocter un album très abouti.
Tout d'abord, il est important de préciser qu'il ne faut pas écouter cet album n'importe comment. En effet, on n'écoute pas le dernier album de Moriyama Naotarô et celui d'Ayumi Hamasaki de la même manière. Non pas que l'un doive nécessairement être meilleur que l'autre, non, mais ils s'apprécient différemment. Arayuru mono no mannaka de se doit d'être écouté au calme plat, sans bruits environnants. C'est un album où l'on savoure chaque minute, chaque seconde... Le chanteur ne renie pas ses influences folk perpétrées par sa mère, elle-même reconnue; et notre attention est immédiatement portée sur la qualité des parties de guitares acoustiques, délicatement composées. Chaque pincé, accord et trémolo semble mis en valeur au moment opportun et l'on est très rapidement emportés dans ce flot de bons sentiments, simples, mais tellement appréciables. Qui plus est, la voix du chanteur se joint à merveille à ces parties instrumentales. Chaque piste a sa propre marque de fabrique qui fait qu'elle est différente et aussi intéressante qu'une autre. A nouveau, il nous fait une démonstration de son aisance à passer des graves aux aigus avec sa magnifique voix sombre et chaude à la fois.

Cela peut être confirmé d'entrée de jeu avec Dokoka de dareka ga, sublime ballade uniquement accompagnée d'un jeu de guitare mis en valeur avec quelques violons en fond sonore. L'artiste ne sort pas de technique transcendante et n'invente rien mais on ne peut que se laisser bercer jusqu'à ce que la musique se termine. On aura la même sensation avec d'autres titres comme Yasashisa ou encore la sublime Shiranai koto ga oosugiru. Kachou fuugetsu attirera également notre attention avec ses superbes trémolos en parallèle aux montées dans les aigus du chanteur lors de l'envoûtant refrain introduit par un effet sympathique similaire à un bruit de poussières d'étoiles. Dans un autre genre, Ikiteru koto ga tsurai nara et Namida qui étaient préalablement sortis en single valent également leur pesant d'or. La première possède en effet une très jolie orchestration avec son piano et ses violons et Moriyama Naotarô nous fait la démonstration de ses capacités vocales et de parolier par la même occasion. Vibratos de sa voix bien placés, passage des graves aux aigus, montée en puissance au fur et à mesure que les paroles deviennent poignantes jusqu'à calmer le jeu comme pour donner gentillement une conclusion, tout y est. Dans Namida, la partie de piano est par contre mise en retrait par rapport à la guitare et au chant jusqu'à ce que la batterie, la basse, les violons et les chœurs s'ajoutent au fil et à mesure que la musique défile. Une fois de plus, il nous prouve qu'il est loin d'avoir joué toutes ses cartes et qu'il est capable d'émouvoir. Il faudrait être de mauvaise foi pour dire le contraire.

Cependant, même si la majeure partie de ses compositions sont des ballades mélancoliques, il n'y a pas que ça dans l'album. D'autres titres plus entraînants, plus rythmés en font également partie. Bien sûr , ce n'est pas Kimaguren ou DEPAPEPE, inutile de vous imaginer d'avoir envie de porter une jupe hawaïenne et de sortir des maracas ou de sauter en l'air en les écoutant par exemple. Non, en fait il s'agit plus de titres qui rappellent les bonnes soirées tranquilles en été autour d'un barbecue avec les copains plus doués que soi qui se la pètent un peu et font profiter les autres de leurs talents (enfin ça, c'est ce qu'on leur fait croire). Dans le genre, on peut citer Kinou no kimi to kyou no boku et ses guitares et "lalala" fort appréciables, Yoru no kouen de watasu tsumori no nai tegami wo kaite iru (à vos souhaits) et son harmonica mais également America ni iru mitai et son tamtam et jeux de voix dans les aigus fort sympathiques.

Moriyama Naotarô n'a donc pas innové par rapport à ses anciens albums avec Arayuru mono no mannaka de mais dans un sens, ce n'est pas ce que l'on lui demande et c'est tant mieux. Le maître a une fois de plus démontré qu'il était capable de composer des morceaux très attachants et émouvants. Au fur et à mesure des écoutes, on ne peut qu'apprécier davantage l'album. En effet, plus on y prête attention, plus d'autres choses nous interpellent. Une façon de chanter, un effet qu'on avait zappé, un vibrato par-ci, un trémolo par-là... Si vous en avez la possibilité, je ne peux que vous conseiller de regarder ou d'assister à ses représentations live. Sa voix magistrale prend en effet toute son ampleur et le tout est encore plus touchant. D'ailleurs, il est actuellement à nouveau en tournée jusqu'au mois de décembre.

★★★★★ Un album à écouter sans modération !
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