Nakata Yasutaka - LIAR GAME 2 OST

chronique - 24.10.2010 07:00

Un décrassage d'oreilles

A première vue, si vous ne faites pas trop attention aux membres des groupes et aux compositeurs répertoriés dans les livrets d'albums et de singles, le nom de Nakata Yasutaka pourrait vous sembler totalement inconnu. Cependant, il s'agit en fait d'un compositeur et DJ japonais ayant une très grande notoriété et participant à divers projets. En disant qu'il s'agit en fait du fameux DJ de capsule, vous devriez pouvoir le cerner facilement. Il est également reconnu pour avoir composé diverses bandes originales, beaucoup de chansons pour Ami Suzuki et être le producteur de Perfume, trio d'électro-pop à la mode.

Dernièrement, Nakata Yasutaka a fait couler beaucoup d'encre parmi ses fans avec ses excellentes bandes originales pour le drama (série TV) et le film de LIAR GAME. Après avoir produit entièrement l'OST de la première saison ayant été très bien accueillie en 2007, il a en effet été choisi pour composer celle de la seconde saison. C'est de cette deuxième bande-originale, sortie en mars dernier, dont nous nous intéresserons ici.

Avant de détailler quelque peu l'album, il est important de situer le contexte dans lequel il a été crée. LIAR GAME est en fait une adaptation du manga du même nom crée par Shinobu Kaitani. Malgré le fait qu'il s'agisse d'un drama assez noir dont le genre est très peu présent, celui-ci a eu une audience correcte, si bien qu'un film a été crée afin de clore la seconde saison. Comme le nom de la série l'indique, elle est basée sur les mensonges, les traitrises, les complots. Les participants au LIAR GAME doivent gagner de l'argent en ruinant par la même occasion les autres afin de ne pas être eux-mêmes endettés de centaines de millions de yens. Un concept assez intéressant où la psychologie et la personnalité des protagonistes sont mises à l'épreuve.

Difficile de décrire cet album sans citer tous les titres tant ils sont bons et ont quelque chose en particulier. Comme il fut de mise pour le premier OST, celui-ci est également électro/électro-rock avec une touche techno et on peut affirmer sans crainte que le rendu est excellent et retranscrit parfaitement l'univers de la série.
Dès les premières notes de Garden of Eden, l'ambiance sinistre et malsaine est parfaitement diffusée. L'orgue impose une atmosphère moribonde avant que le rythme soit marqué et que le tout soit mélangé à des sons de synthé à l'effet distorsionné à souhait. On retrouvera la même sensation avec Paradise Lost et son rythme très lent appuyé à la batterie, accompagné d'une guitare au son distorsionné où les notes sont tenues longuement provoquant ainsi une impression de suffocation.
Golden rule, au contraire a un rythme très soutenu. Elle alterne entre passages normaux, très graves et très aigus et donne une bonne claque comme s'il était temps de passer à l'action. Elle est d'ailleurs suivie de près par Silent Revive dont le son très clean et répétitif semble faire durer le suspens. On attend impatiemment que quelque chose éclate au fur et à mesure que les parties de violons sont mises à l'honneur et deviennent de plus en plus aigües mais finalement, cela n'arrivera pas. Electric Circuit et Coming closer ont par ailleurs le même effet à l'exception qu'elles ont un côté flippant supplémentaire. Dans l'intro de la première, seul le rythme est frappé entre de longs silences alors que dans la deuxième des sons aigus couvrent la mélodie principale par moment jusqu'à la recouvrir complètement au milieu, comme si quelqu'un pas très recommandable était en train d'arriver.
Mention spéciale à Selfish également, qui est malheureusement bien trop courte. Elle fait rupture avec tout le reste de l'album et donne une impression candide et dangereuse à la fois avec son air de boîte à musique.
A noter aussi que deux remix de musiques de la première OST ont été faits. Il s'agit de LIAR GAME -second edit- et Electric Spark 0102 (remix d'Electrode Spark 0101). Cependant, elles ont été tellement retravaillées qu'elles n'ont pratiquement plus rien à voir avec les originales. L'intro de la première a en effet été adoucie alors que le rythme a été accentué, nous tenant en haleine jusqu'à ce que le refrain très électro éclate. En ce qui concerne Electric Spark 0102, les sons secondaires ont été un peu plus mis en valeur par rapport à la mélodie principale qui est moins aiguë et qui finit moins brutalement, uniquement avec des percussions.

Au final, Nakata Yasutaka, qui semble devenir de plus en plus monstrueux au fil des années, a produit un album très cohérent avec cette OST de LIAR GAME 2. Les titres se complètent les uns les autres et font qu'il aurait été aussi efficace sans pour autant être une bande-originale. Que l'on soit fan de la série ou pas, on peut trouver son bonheur en l'écoutant à condition, bien sûr, d'apprécier l'électro. Si vous n'aimez justement pas trop ce genre de musique, vous devriez essayer de jeter un œil à la série. Les musiques, qui collent parfaitement au drama, ont été mis aux moments opportuns et tiennent tellement en haleine que vous risqueriez d'être surpris.
Un album qui décrasse bien les oreilles à écouter absolument.

★★★★★
items liés
artistes liés
commentaires
blog comments powered by Disqus
publicités