SADS - THE 7 DEADLY SINS

chronique - 16.09.2010 01:00

Un univers psychédélique

SADS est un groupe de rock formé en 1999 par le chanteur, Kiyoharu, peu après la séparation de Kuroyume. Après avoir sorti un album best of en 2003, le batteur, Eiji Mitsuzono a annoncé son départ provoquant ainsi une pause du groupe pour une durée indéterminée et le début de la carrière solo de Kiyoharu. Ce dernier n'a cependant pas hésité à rejouer voire même à remixer les titres de ses deux précédents groupes lors de ses concerts et la production de certains albums pour le plus grand bonheur des fans.
Alors que Kuroyume a eu une reformation éclair le temps d'un concert afin de fêter les quinze ans de carrière du frontman, ce dernier a créé la surprise en annonçant en ce début d'année la reformation de Kuroyume mais également celle de SADS en programmant l'ouverture de myspaces, sites officiels, fanclubs, concerts et production d'albums !
Malgré cela un point important mérite d'être souligné. Bien que SADS soit officiellement reformé, aucun des anciens membres mis à part Kiyoharu ne fait partie du groupe. Le concept est un peu bizarre et on peut se demander si cette reformation n'est pas une simple démarche commerciale et ne sert pas juste à ressortir de vieux titres ou encore à alimenter la carrière solo du chanteur.

Cependant, cela n'a pas dérangé grand monde étant donné que les médias ne s'intéressaient qu'à Kiyoharu à l'époque où il faisait partie de SADS au point que certains pensaient même qu'il s'agissait déjà d'un projet solo... Puisqu'un concert avait été programmé le 1er mai au Budokan, ce fut l'occasion de présenter d'autres membres qui ont également participé à la réalisation du nouvel album et qui font maintenant partie du groupe à part entière. Il s'agit de K-A-Z à la guitare, de Kubota Keisuke à la basse et de GO à la batterie.

Sorti le 7 juillet, THE 7 DEADLY SINS est le premier album original du groupe depuis 7 ans. Ce dernier est sorti chez Avex Trax en trois éditions presque complètement différentes. L'édition simple contient en effet un CD best of bonus, l'édition limitée un DVD de clips (EVIL et GOTHIC CIRCUS) et backstages et la deuxième version limitée disponible uniquement sur mu-mo comporte un DVD offrant le clip d'EVIL, un autre clip de GOTHIC CIRCUS, des interviews et une imitation du collier de Kiyoharu. De quoi rendre le choix difficile dès le départ puisque le CD bonus n'est pas inclus dans les éditions limitées... Bien que treize titres aient été annoncés, le nombre est ensuite passé à onze avant de retomber à dix... Cependant, une piste cachée, Taida no guuzou, est incluse.

L'album commence très fort avec EVIL dont on pouvait déjà écouter des extraits et voir le clip sur le myspace officiel. L'ambiance malsaine est transmise d'entrée de jeu avec les rires psychédéliques résonnant dans l'intro semblant sortir d'un film d'horreur mettant en scène un clown ou des poupées jusqu'à ce que les gros accords de guitare et la batterie puissante prennent le dessus. La voix éraillée de Kiyoharu légèrement criée se joint alors au mélange pour notre plus grand plaisir et l'on est tout de suite emportés dans ce tourbillon ravageur jusqu'à ce que la musique s'arrête brusquement laissant place à GOTHIC CIRCUS (disponible uniquement en téléchargement jusqu'ici). Là-encore le même genre d'intro est présent, faisant cette fois honneur au titre de la chanson. Le clip, visible intégralement sur le channel youtube d'Avex met d'ailleurs en scène un clown et des stripteaseuses alors que le groupe joue dans un cirque. Tout comme EVIL et le reste de l'album tout est joué en puissance en mettant en parallèle la voix de Kiyoharu et ses jeux habituels lui donnant un peu l'allure d'un psychopathe.
Et c'est bien cela que l'on pourrait reprocher à cet album. Bien que les compositions soient différentes elles ressortent toutes du même genre musical. On peut regretter les magnifiques ballades de SADS telles qu'Everything, Masquerade, Beside you, Rakuen et autres musiques plus sensuelles comme PORNO STAR, PRAYER et STRAWBERRY par exemple... On a également perdu le jeu de basse complètement déluré de Late Show ou Feeling High & Satisfied. Au niveau diversité THE 7 DEADLY SINS paraît très fade à côté d'un Babylon ou d'un The rose god gave me. Mais d'un autre côté, c'est tellement bon que l'on a pas le temps d'être frustré. Les titres défilent les uns après les autres sans que l'on s'en rende compte et chacun nous tient en haleine du début à la fin. Mis à part les deux musiques précédemment citées, Acme sortira également du lot avec sa basse un peu plus mise en avant et son rythme plus lent mettant en valeur les vibratos de la voix de Kiyoharu accentuant en quelque sorte le côté sadique ou détraqué.

Au final, on peut avoir un avis complètement différent de cet album selon les attentes que l'on avait. Si on souhaitait une suite logique de SADS alors cet album sera très certainement une déception. Non pas que les morceaux soient moins bons que les anciennes compositions, loin de là, mais l'ancien SADS pouvait combler des gens ayant des goûts musicaux totalement différents. Chacun pourrait citer ses chansons préférées sans que celles-ci n'aient rien à voir. Il faut en fait regarder les compromis qu'apporte cet album. Cela faisait un moment que les gens commençaient à se plaindre de la tournure plutôt calme que prenait la carrière solo de Kiyoharu, tout du moins avant la sortie de LAW'S. THE 7 DEADLY SINS met alors une bonne claque à tous ceux qui l'avaient enterré ou jugé incapable de composer et d'interpréter des titres plutôt hard rock ayant un rythme d'enfer. Cet album se mêlera sans aucun soucis aux anciennes chansons du groupe ou de la carrière solo du chanteur et permettront d'enflammer le public en quelques instants. Comme dit plus haut, les musiques sont tellement bonnes que l'on a pas le temps de sentir la frustration monter en nous puisqu'ils coulent très facilement. Cependant, ils défilent un peu trop vite... A la première écoute on peut se demander s'il n'y a pas eu un problème quelque part et si le CD ne s'est pas arrêté. Malgré le fait qu'il comporte onze titres, il ne dure qu'un peu plus de quarante minutes... Quelques chansons originales de plus n'auraient pas été de refus mais ne crachons pas dans la soupe.
En ce qui concerne le choix de l'édition, la version normale est donc un must have pour ceux qui veulent avoir un aperçu des cartes que SADS a réellement à jouer avec le CD bonus.

★★★★☆
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