Chronique de lecteur : bilo'u - muzjou

chronique - 12.08.2010 01:00

Un déchaînement de violence pur et simple

En activité depuis 2005, c’est quatre ans après sa formation que le quintet bilo’u nous livre un album d’une monstrueuse efficacité. À l’écoute, aucun compromis ; la folie, la violence, la hargne à l’état pur où chaque morceau où le chanteur Shinichi Takahashi vocifère sa rage nous est envoyé en plein tympan.

D’ailleurs, parlons-en du chanteur : si son growl caverneux se joint à merveille avec l’instrumentation et ajoute une puissance formidable aux compositions de muzjou, il ne se limite pas qu’à cette simple technique vocale. Des cris déchirants dignes des grands du metalcore jusqu’au pig squeal, il joue avec sa voix de plusieurs manières afin d’extérioriser sa furie.

Les guitares tantôt criantes, tantôt dissonantes et psychédéliques jouent entre elles en variant avec des trémolos ou des tappings, alors que le batteur use des cassures de rythme assez fréquemment. Chacune des chansons offre un large panel de rythmiques et de mélodies et il n’est pas rare qu’un couplet s’arrête sans prévenir pour repartir de plus belle sur de nouvelles sonorités généralement plus violentes. Les compositions à première allure chaotiques se voient finalement être structurées avec brio. On regrette finalement une chose, le retrait de la basse.

L’album se caractérise aussi par les morceaux des interludes, lui donnant une ambiance propre. Outre les guitares hurlantes, les doubles pédales et les vociférations du chanteur on sera surpris d’entendre du piano ou encore du koto. Chacun de ses morceaux où la mélodie prime sera aussitôt avalée par un déluge de rage et de violence où la noirceur prédomine sur la sensibilité. Et c’est ce qui définit plutôt bien le sentiment global que la musique de bilo’u nous fait ressentir : une profonde noirceur, un gouffre sans fin.
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