el Ethnic Legist - Indra

chronique - 21.07.2010 01:30

Premier album d'el Ethnic Legist-, Indra a de quoi surprendre l'auditeur.

Tout d'abord de par l'originalité du thème abordé, les mythologies égyptiennes et indiennes. Car si l'on savait depuis longtemps les groupes de Visual Kei fortement inspirés par notre vieille France ou par leur propre culture, rares sont ceux ayant eu l'idée de se baser sur des civilisations plus antiques pour servir leur musique.

Ensuite par la diversité des ambiances mises en avant dans ce CD, alternance de chansons puissantes, faisant la part belle aux guitares saturées, telles que Durga ou Abi, et de chansons plus calmes comme Suiboku ou Kimitote.


L'une des premières inquiétudes que peut rencontrer l'auditeur, méfiant à la vue de ce nouveau groupe, tient justement aux thèmes abordés : le groupe les revendique-t-il dans le seul but de se démarquer sur le papier d'autres formations, ou auront-ils une réelle incidence sur leur musique ?

Indra, première piste de l'album et uniquement instrumentale, fait tomber les doutes dès les premières secondes. Le groupe cherche réellement à intégrer des éléments de musique égyptienne et indienne à leurs compositions. Bien que devant se contenter d'instruments traditionnels synthétisés par clavier, l'effort reste louable et convainquant. L'auditeur est tout de suite pris dans l'ambiance mystérieuse des vieux cultes.

Resist reste dans la même veine, commençant par une brève introduction basée sur des instruments arabisants, rapidement reprise par la guitare puissante de el, leader du groupe. yuma, le chanteur, entre enfin en scène. Premier constat, sa voix est belle, peu originale, mais bien en accord avec la musique et agréable à l'oreille.

Après cette piste fort sympathique, l'arrivée de Durga - Déesse Hindou vainqueur du démon Mahishasura ; celle qui assure la victoire - marque une montée en puissance du groupe. Le chant devient plus saturé, montrant que yuma peut aussi très bien se débrouiller avec une voix plus rock ; les guitares se durcissent, s'accélèrent. Cette chanson évoque le guerre et le combat, et la prière à Durga revient comme un Leitmotiv dans les refrains, élément nécessaire à la victoire sur les forces du mal.

Changement d'ambiance, retour au calme avec Suiboku. Chanson mélancolique faisant la part belle aux guitares sèches. Cette piste est un moment de douceur bien reposant avant le retour au combat.

En effet, voici qu'arrive Horus, dieu de la guerre, le sauveur de l'Égypte, fils d'Osiris et ennemi de Seth. A nouveau la guerre contre les forces du mal est lancée. Les guitares retrouvent leurs sons saturés, le tempo s'accélère. Cette chanson épique, beaucoup plus rapide que les précédentes, hymne à un combat entre divinité dans le désert égyptien, renoue avec la puissance ressentie lors de l'écoute de Durga.

Après ce voyage au coté du dieu Faucon, nous voilà plongés en plein rituel de momification. Abi commence, hommage probable au dieu Hapi le gardien des viscère des corps momifiés. Le chant n'est plus qu'une sorte d'écho, étrangement semblable aux psalmodies de prêtres s'adonnant à une sordide besogne au milieu d'un amoncellement musical formé par des guitares volontairement plus brouillonnes. Tout est réuni pour emmener l'auditeur dans une sorte de transe malsaine aux coté des embaumeurs et d'Api lui même.

Pourtant la transe prend fin et le réveil est difficile, tant Kimitote semble hors contexte. Cette balade insipide et sans originalité tranche totalement avec l'effort fait sur les pistes précédentes pour guider l'auditeur vers les contrées mystérieuse d'Égypte et d'Inde.

Heureusement le groupe se rattrape avec Airavata, chanson instrumentale en l'honneur de l'éléphant des nuages porteur d'Indra. Cette piste beaucoup plus calme, agrémentée de bruits de vent en l'honneur d'Airavata , clôt l'album avec beaucoup de douceur, embarquant l'auditeur pour un voyage à travers des paysages oniriques sur le dos de l'éléphant à huit trompes.


Au final, et malgré une balade peu convaincante, cet album se révèle être une très bonne surprise. Sorte d'OVNI dans le paysage musical Japonais, el -Ethnic Legist- signe un CD réussi, original et surtout avec une thématique poussée et réellement exploitée. Certes, les parties de musiques égyptiennes et indiennes gagneraient en réalisme et en puissance par l'utilisation de vrais instruments traditionnels, mais il ne faut pas oublier que le groupe est encore tout jeune et qu'il a tout le temps de se bonifier au fil des albums.
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