girugamesh - MUSIC

chronique - 27.11.2008 13:00

Un nouvel album explosif, mélange détonnant des styles pour une sortie attendue.

MUSIC de girugamesh est un des albums les plus attendus de cette fin d'année par les fans, avec UROBOROS de DIR EN GREY. Après un an sans aucune sortie, le groupe, qui s'est produit en concert à Paris, débarque avec une dizaine de chansons explosives.

Explosif, c'est l'adjectif. L'introduction pose le style, avec un son électro qu'on ne connaissait pas au groupe, rapide à en coller des tachycardies, son rythme explose littéralement sur ULTIMATE 4, le morceau qui suit directement, avec un cri de Satoshi et la guitare métal de Nii. La nouveauté : A l'instru s'ajoutent des sons électroniques qui rythment les passages chantés. Si les derniers albums étaient entre chants doux et passages plus métal, MUSIC franchit le pas et s'annonce comme un album aux sons forts, rapides et taillés pour un live déchaîné.
Après le refrain rythmé par les cris et les guitares lourdes d'ULTIMATE 4, on en arrive à FREAKS qui démarre avec un "SHUT UP !" suivi de guitares très rapides, le tout rythmé par la batterie de Яyo. Des cris et un jeu de réponses qui laissent entrevoir un live qui fera bouger la fosse sans aucun problème. Après 1 minute 30 seulement arrive une partie rappée. On est pas habitués à entendre Satoshi le faire, mais il gère complètement le style, avec une voix qui ne sort pas de sa violence, la guitare électrique qui rend toute la puissance au passage et encore une fois une batterie de plus en plus virtuose pour le groupe.
Angry Juice, le morceau suivant, est introduit par un effet électro en montagnes russes qui restera en fond, rendant au son une nouvelle dimension. Ce morceau marque l'arrivée un peu attendue d'une basse active, et non pas en accompagnement. ShuU fait résonner son instrument de façon rythmée, à notre plus grand plaisir. Pour le reste, Angry Juice, en trois petites minutes, nous emmène entre parties chantées sans énorme intérêt sinon le rythme lié au fond électro, et partie criée par un Satoshi en colère. La chanson porte bien son titre, entre la colère que gueule Satoshi, qu'appuient les instruments, et puis ce coté rock assez marrant qu'exprime le titre en entier, entre provoc' et éclate.
Encore une fois, on est réintroduits à la prochaine chanson, evolution, par un passage électro qui prend une belle ampleur, mais aussi par ces voix aigües et étranges qui scandent "Listen to my evolution!!", comme une affirmation du renouveau musical du groupe au sein même d'une de leur chanson ! Le ton semble enjoué, limite dansant, bref voilà une chanson bien originale. Les couplets, entrecoupés de Ready go ! Let me go ! aigus, nous emmènent vers des courts passages où la mélodie électro se fait encore plus entendre que les trois instruments, cela sans retirer la puissance de l'instru. Le refrain cependant rassurera les fans de la première heure avec cette justesse de la voix de Satoshi qui fait une partie de leur succès, et ces mélodies émouvantes. On a là une chanson vraiment originale, et, je dirais, bien japonaise dans le concept.

Le morceau suivant, simplement appelé -INST.- du fait que ce soit une instru, est un de mes petits coups de coeur, et le sera certainement pour tous les amateurs de bonnes instrus rap. girugamesh redirige l'album vers un nouvel univers avec cette instru sombre qui commence avec le rire éloigné d'une petite fille. Le groupe prouve ici qu'il est capable d'une ouverture musicale pas si étonnante que ça quand on écoute les instrus que groupe utilise généralement, encore plus dans cet album, mais surtout d'une virtuosité dans le genre assez intéressante, en effet, l'instru en question est d'une qualité qui n'était pas forcément prévisible.
Bref, ce court instant permet d'amener Puzzle, une des merveilles de l'album. En effet, si l'instru dans la continuité du son précédent fait l'originalité ici, la mélodie du chant, l'accompagnement des instruments ne sont pas nouveaux pour le groupe qui nous emmène dans son univers mélancolique, peut-être nostalgique, qu'on leur connaissait déjà. Les différentes parties s'agencent bien, la voix, pas mal retouchée d'abord pour coller à l'instru, s'élève peu à peu jusqu'à arriver à ce qu'on pourrait appeler un refrain, malgré le fait qu'il ne soit entendu qu'une seule fois. En effet, si l'on peut reprocher quelque chose à la chanson puzzle, c'est bien sa courte durée, étant donnée qu'elle se coupe brusquement après seulement 2 minutes 50. Mais cette frustration n'empêchera pas celui qui écoute de réellement apprécier le style de girugamesh exploité dans ce morceau.
Asking why est la consécration de l'expérimentation rap de l'album. Un rythme simple mais puissant grâce à une guitare forte et une instru, encore une fois, réellement appréciable, un Satoshi qui mélange japonais et anglais pour un rap au flot irréprochable et un refrain entre métal et rock, qui fera suer la fosse, qui fera chanter le public. Encore une fois, on a une chanson originale, d'une qualité irréprochable, mais qui se termine certainement trop vite après trois petites minutes.

On sort de l'ambiance instaurée par l'instru pour revenir à un son plus énergique avec DEAD WORLD. Une ambiance entre rock et métal est posée par les instruments, Satoshi passe de sa voix grave rock à des passages raps limite agressifs, en tout cas plein de vitamines ! Et puis ce sont des cris et ambiance de fosse qui reviennent, avec en deuxième partie, après un passage électro rapide et entrainant, un gros son métal qui me fait penser à Disturbed avec un The game par exemple, surmonté d'un flot rapide de paroles de Satoshi, flot qui, soit dit en passant, s'il est aussi bon en live, pourra être considéré comme une véritable tuerie. En somme, DEAD WORLD a une ambiance bien singulière, rapide et ultra rythmée, elle est de ce genre de chansons qui, en live, risquent de nous emmener loin dans la sensation.
La 11e piste, Ishtar, bien que plus calme, n'en est pas moins appréciable. La mélodie d'un piano lointain, un beat tout droit sorti d'une chanson de rap, et surtout ici la voix de Satoshi qui, comme planant tranquillement au dessus de cette instru, nous prend d'abord doucement avant de nous emmener, par son flot rapide mais très mélodique, à un passage instrumental très intense. Et puis, ça en serait presque amusant si ce n'était pas plutôt joli, Satoshi termine la chanson par un jeu de vocalises liées aux instrus qui fait forcément penser aux conclusions des chansons de R&B... Enfin, peut-être qu'il n'y a que moi pour le remarquer, auquel cas je vous présente mes excuses ! En tout cas, la présence du piano et des autres effets instrumentaux donnent au morceau et à la voix de Satoshi une dimension vraiment pro, montrant là le véritable travail sur la musique exécuté pour cet album.
La dernière chanson de l'album est enishi. Comme pour Puzzle, le groupe montre là qu'il ne s'oublie pas dans son jeu avec différents styles, on a une chanson, si l'on peut dire, "type girugamesh", avec la belle voix de Satoshi qui se laisse aller aux sentiments et à l'intensité dans un refrain qui, vers la fin, s'allongera à en faire frissonner. Le tout coupé de guitares un peu métal et de passages un peu plus rock.


En bref, MUSIC ne déçoit pas. Bon, il faut le redire, il arrive à coté d'un UROBOROS (inévitablement rival dans nos contrées d'Europe en tout cas) qui écrase tout, toutefois le groupe qui, tout en se cherchant encore, impose son style unique fait preuve d'une respectable virtuosité dans ses choix musicaux et franchement, l'album en envoie complètement. Entre rap, rock et métal, chaque chanson est un concentré d'énergies mouvementées, et le style change rapidement mais aisément, même au sein des chansons, pour un plaisir des sens qui ne pourra qu'être décuplé devant la scène ! On peut aussi noter cet attrait pour l'originalité et la remise en question musicale (à la mode dernièrement) du groupe qui tente (et le réussit) de réaffirmer son style. Notons aussi et enfin l'importance marquée des instrus, à part du jeu habituel de guitare-basse-batterie des autres groupes de Visual Kei ou de Jrock, avec pour chaque nouveau morceau un fond sonore travaillé, inspiré et qui colle parfaitement au jeu de la formation.
On peut parfois regretter la courte durée des chansons qui ne dépassent que très difficilement la barre des trois minutes et qui se terminent souvent de façon un peu frustrante, comme s'il manquait un petit quelque chose. Mais bon, on ne crache pas sur un bon son comme celui que balance MUSIC, c'est donc un 7.5/10 que je donnerai pour ce nouvel album qui, espérons le, n'est que le début d'une nouvelle évolution d'un groupe pourtant déjà bien constitué, mais qui aussi, on l'espère encore beaucoup plus fort, permettra au groupe une nouvelle tournée en Europe !!
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