eseroman - elenpywo

chronique - 15.03.2010 08:30

Comme une folie effrénée.

Les allusions absurdes et autres métaphores pompeuses sont nombreuses pour décrire la musique d'eseroman, mais quel autre mot peut mieux l'identifier que "zeuhl", tout simplement ? Évidemment, il serait réducteur et mal venu de coller bêtement cette étiquette au groupe, on risquerait alors de se faire taper sur les doigts et de dire une grosse ânerie.

Alors que d'autres jouent la carte du rythme simple et unique tout du long, eseroman excite les fûts et les cordes dans un torrent irrépressible de décibels déchirés et volant en tout sens pour nous titiller les oreilles. À la première écoute, on se sent las et perturbé par ces soudains changements de rythmes, mais au final, on se prend au jeu, on tente de s'y accrocher quelques secondes avant d'être comme largué en pleine mer face au tsunami électrisant que forme cette grosse masse sonore, tintamarre égoïste. Égoïste, car les accords se suivent mais ne semblent pas vraiment se répondre, comme s'ils n'en avaient rien à foutre, se brisant à la moindre occasion pour nous laisser encore plus dans le doute et l'extase.

C'est cette obsession à toujours vouloir en rajouter, encore et encore, qui prodigue au groupe cette sensation d'épanouissement continuel, d'évolution permanente du son. Mais pourtant les faits sont là, rien ne bouge, tout est déjà en place, tout s'écroule en un instant. Les compositions d'eseroman sont comme des dizaines de murs construits les uns devant les autres que les membres s'évertuent à détruire, créant ainsi une boucle mouvante et touchante. Les cloisons ne nécessitent jamais plus de trente secondes à être brisées. Tantôt la batterie se charge de les mitrailler de ses cymbales éclatantes, tantôt c'est à la guitare de lui assener de terribles coups d'un doigté minutieux et décapant.

Une bonne dose de punk dilué dans de l'huile de zeuhl saupoudré d'un zeste de psychédélisme pour une sauce grasse et coulante. elenpywo peut plaire aux boutonneux comme aux chevelus fans de série B avec ses références cinématographiques décoiffantes. Kaléidoscope sauvage et audacieux où défilent chevauchés sauvages avec seins bringuebalant au vent en prime, séances voodoo autour du feu ou matraquage de zombies à grands coups de trompette, ce disque est comme une épopée (trop courte, malheureusement), qui nous balance en mille lieux hallucinés, improbables et exotiques.
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