HILCRHYME - RECITAL

chronique - 08.04.2010 01:30

Du Hip-Hop version Oricon

Et si nous parlions un peu de Hip-Hop japonais ? Hilcrhyme est une formation composée d'un MC, TOC, et de DJ KATSU. Passé major en 2009 chez Universal Music, le groupe a depuis enchaîné les singles à succès, le propulsant de l'anonymat au top Oricon. Puis sortait ce premier album, RECITAL, le 13 janvier dernier.

Pour lancer celui-ci, le duo s'était appuyé sur des singles très pop dans l'âme. En effet, de nombreuses formations nippones jouent actuellement dans ce registre « Hip-Hop Oricon », loin des clubs underground de Yokohama ou de Shibuya. Ainsi les singles Mou Bai Bai (voir ici), Shunkashuutou (ici) ou Junya to Manami (ici) suivent le même schéma de composition avec piano sur le premier, guitare acoustique sur le second, cordes frottées pour les trois en orchestration de fond. Les rythmes sont low-tempo et Junya to Manami reprend même le beat de Where did you go de Fort Minor (side project de Mike Shinoda de Linkin Park). Mais si Hilcrhyme fait un peu fleur bleue, le flow de TOC fait mouche, toujours très rythmé et incisif, ajoutant quelques mots d'anglais catchy par-ci par-là. Les refrains sont souvent chantés, les rimes sont soignées et les paroles accrocheuses sentant bon le romantisme, à l'image de ce Shunkashuutou où le rappeur souhaite passer les quatre saisons avec sa girl, ou bien Junya to Manami véritable ode à l'amour pur et éternel. Bref, c'est la recette parfaite pour faire un hit et vendre du rêve à l'auditeur japonais.

D'autres compositions sont dans la même lignée que ces trois singles. C'est le cas d'Uten qui, comme son nom l'indique, se déroule sous un temps pluvieux avec des sons de gouttes d'eau et des percussions exotiques dispersées tout au long de l'instru. Ou encore celui de My Place, final de cet album où une basse très chaude nous apaise et nous laisse songeurs. Mais au milieu de tous ces instants « love », le duo n'oublie pas de nous proposer quelques pistes plus tranchantes. Shatei Kennai, par exemple, est une collaboration avec l'unité reggae dancehall SUNQRITT. Les voix de ceux-ci s'accordent parfaitement avec le rap de TOC sur une instru avec cuivres et effets électroniques, le tout porté par un beat lent contrastant avec les flows des protagonistes. Après l'introduction qui, telle une annonce de pré-concert stipule les règles de comportement dans la salle, TOC lançait déjà quelques phrasés plus reggae sur le premier morceau, ce qui laissait imaginer la panoplie du MC. SUNQRITT semble d'ailleurs être une très bonne unité qu'il serait peut-être bon d'explorer en solo. Enfin passons... Un autre feat, Ibara no michi, est présent sur l'album avec un rappeur nommé BOXER sur un son plus sombre et plus gangsta. Ce style plus viril avait déjà été exploité quelques morceaux plus tôt sur LAMP LIGHT qui commence avec le bruit d'un Zippo, dans un registre qui n'est pas sans rappeler des artistes comme Hannya.

Pour un premier album, l'unité Hilcrhyme est étonnante de professionnalisme. Si leur musique est « mainstream », les deux compères n'oublient pas de proposer quelques sons plus underground dans l'âme permettant aux amateurs de « Hip-Hop Oricon » de découvrir l'envers du décor du rap nippon. RECITAL est un « must-have » et il ne nous reste plus qu'à attendre le prochain single, Daijoubu, prévu pour le 28 avril prochain.

★★★★☆
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