METAL SAFARI - Prisoner

chronique - 19.03.2010 09:30

MOSHPIT TO GLORY!

METAL SAFARI rappellera peut-être des souvenirs aux personnes écoutant de la musique japonaise depuis quelques années. En effet, il s'agissait à l'époque d'un des premiers CD sorti par le défunt label indépendant Nanimato, spécialisé dans l'importation d'artistes indépendants japonais. Fin janvier, le groupe a sorti son second album, Prisoner, sur iTunes, Amazon, et toute bonne plateforme de téléchargement qu'il se doit. Et rares sont les groupes pouvant facilement se trouver en téléchargement LÉGAL partout sur la toile, alors, quand la qualité est au rendez-vous, autant en profiter et foncer sur ce disque à la violence somme toute réjouissante.

This is war !

Car en effet, peu ou prou de finesse sur ce disque. Il s'agit d'un bon metalcore des familles que le groupe propose, mes chers auditeurs. Ici peu de chant clair, ou alors d'une férocité mordante, des gros riffs aptes à vous faire bouger la tête et à foncer dans le tas. On retrouve donc ce violent mélange propre au genre musical, mais plus proche d'un Unearth que de la recherche mélodique à la Killswitch Engage. Attention ! Non pas que la musique soit dénuée de finesse, mais ici, on est plus proche du hardcore US avec ses multiples mosh parts et ses tempos lents pour sauter dans tous les sens avant de repartir sur une violence beaucoup plus rentre dedans.

On sent que les mecs ont bien digéré leurs influences, qui s'affirment immédiatement dans les chansons, telle Hatebreed, pour pouvoir habilement s'en démarquer. Car oui, METAL SAFARI est un groupe qui fait du bien dans un paysage et dans un genre musical où les formations, à force de se ressembler, tuent à petit feu le genre. Non pas qu'il s'agisse d'une révolution, mais les spécificités propres à ce Prisoner suffisent pour lui conférer une originalité que n'ont pas nombre d'albums sortant actuellement. Ceux qui auront écouté le premier album du groupe, Return To My Blood, ne seront aucunement dépaysés, mais l'on sent ici une maîtrise du sujet qui fait que le groupe est apte à jouer sur d'autres scènes que les clubs et festivals japonais et méritent une reconnaissance internationale.

Du premier morceau, l'impressionnant WAR au titre fort bien choisi, jusqu'à la fin du disque, on ne voit pas le temps passer, en grande partie aidé par une production énorme. Loin des clichés où tout est aseptisé, ici le son est lourd, sombre et oppressant. Les chansons sonnent ainsi avec un son très âpre, presque crade, mais où tous les instruments sont très audibles. Ainsi la basse est mise en avant d'une façon importante et résonne tout au long des morceaux, tandis que les riffs de guitare sont d'une belle richesse. Le plus gros défaut de l'album serait néanmoins le manque de puissance de la batterie qui se retrouve un peu en deçà des autres instruments et sur laquelle les frappes de YAZU manquent parfois d'impact.

Mais le plus gros point fort de METAL SAFARI reste sans nul doute le chant d'INAMOTO. Tel un démon, celui-ci alterne hurlement de goule avec growl caverneux, sans oublier de faire étalage d'un chant clair très plaintif, à la limite de la déclamation, comme sur The Planet Paranoia. Les progrès du groupe dans tous les secteurs musicaux sont énormes et l'album a été peaufiné à l'extrême. On sent que les quatre années qui séparent ce disque de Return To My Blood ont servi à proposer le meilleur album possible !

Alors oui, tout amateur de metalcore devrait écouter ce disque, qui peut propulser le groupe, s'il trouve un bon label (comme par exemple Church of Misery, signé chez Metal Blade), dans de multiples tournées européennes ! Car Prisoner est un album qui le mérite réellement au vu de sa grande qualité, qui prendra, soyez en certains, une tournure dantesque en concert !
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