abingdon boys school - ABINGDON ROAD

chronique - 15.04.2010 01:30

a.b.s. hits the road*

ABINGDON ROAD est le second album du groupe abingdon boys school formé sous l'impulsion de Takanori Nishikawa (T.M.Revolution). Sorti le 27 janvier dernier, soit plus de deux ans après leur premier opus éponyme, il arrive également après que le groupe a pris la route* avec sa première tournée européenne en novembre 2009, et la sortie d'un album européen florilège, Teaching Materials, peu avant sa venue dans nos contrées.

Ce que l'on attend principalement d'un second album, c'est avant tout qu'il confirme les attentes. Et au niveau de celles-ci, a.b.s. avait fait fort avec son premier album plutôt novateur pour l'archipel nippon qui affichait une fusion des genres marquée notamment par des guitares heavy, une voix claire et technique et l'utilisation de turntable. À mi-chemin entre metal, pop et hip-hop, le groupe remplit désormais une case longtemps laissée vacante dans le rock mainstream japonais. En deux ans d'attente, le groupe a eu le temps de faire jouer la machine à singles avec pas moins de cinq sorties. Il n'est donc pas surprenant de constater que sept morceaux sur les quatorze proposés soient déjà connus du public. Ce point n'est pas un bémol pour autant et plutôt caractéristique de l'industrie japonaise du disque. De l'eau a coulé sous les ponts depuis Blade Chord sorti en... 2007. Il n'est donc pas désagréable de découvrir ou redécouvrir certains morceaux.

Ainsi la première piste était déjà connue. STRENGTH est très représentatif du son du groupe. Les guitares et la batterie sont lourdes d'entrée de jeu, les sons platines sont distillés à la perfection, et quelques notes de piano donnent un côté mélancolique assez appréciable. La voix de Takanori est puissante sur le refrain, appuyée par une orchestration donnant de la profondeur au morceau. STRENGTH est au final un peu ce que HOWLING était au premier album : une entrée en matière efficace. Parmi ces morceaux caractéristiques on retrouve également SOUEN qui est clairement le pendant de ce qu'était Lost Reason, duo avec Micro de la formation Home Made Kazoku. Cette fois-ci il s'agit d'une autre formation hip-hop : Insist. Les parties rap sont majoritairement positionnées en back hormis sur le break. Le résultat n'est pas aussi probant que LOST REASON, exemple du genre. L'album est plutôt bien mené même si l'incursion de trois ballades et deux instrumentales le rendent moins incisif que le premier opus. Parmi ces trois morceaux, on appréciera le vibrato maîtrisé sur and I love..., utilisé en fin de montées à la manière de Via Dolorosa, ainsi que l'introduction acoustique de From Dusk Till Dawn, un morceau empreint de nostalgie. L'instru God Eclipse, placée en fin d'album, semble malheureusement servir de remplissage pour lancer Valkyrie (face B du single JAP aussi présent), légèrement remixée pour l'occasion (la basse perd un peu d'attaque sur les parties slappées notamment). Enfin, nocturne termine admirablement l'album par son côté vaporeux.

Si l'on devait retenir une surprise dans cet album, ce serait sans aucun doute Siren, une piste plus hard et progressive. La construction du morceau est assez particulière avec un refrain banal dans la discographie du groupe, mais lancé par des passages obscurs marqués par une double pédale frénétique et une voix distordue. Avant cela une marche ténébreuse rythmée par une batterie lente laisse place à des riffs lourds et quelques backs fédérateurs poings levés. Le résultat peut d'ailleurs faire penser au morceau Vendetta de Slipknot. L'autre surprise serait l'ajout de Sweetest Coma Again, reprise du groupe Luna Sea pour le memorial cover album. On n'attendait pas forcément cette piste dans un album, mais le groupe a su s'approprier celle-ci avec des arrangements de grande classe. Takanori Nishikawa nous fait vraiment oublier le chant de Ryuichi Kawamura. Certes cette piste, à l'époque (année 2000) de la version avec DJ Krush aux platines, possédait déjà des côtés expérimentaux, mais l'ajout de la guitare acoustique par Takanori, une petite accélération du tempo et les passages plus hard ont remis au goût du jour celle-ci.

ABINGDON ROAD, sans être exceptionnel, a tenu ses promesses en confirmant la bonne forme du groupe. Il n'y a plus qu'à attendre la passe de trois, en espérant cette fois-ci un peu de nouveauté. Le groupe étant très attaché à Oxford de par son nom, Abingdon, et le nom de cet album étant celui d'une route existant réellement, un petit tour sur wikipedia nous donne comme prochaines possibilités Abingdon Bridge ou encore Abingdon Lock. Et vous, vous pariez sur quoi ?

★★★☆☆
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