Merry - Under-world

chronique - 02.10.2009 00:00

Welcome to the Under-world !

Chronique d'un lecteur, Junan.

Après un dernier album moins convaincant que les précédents, M.E.R.R.Y, et trois singles, le quintette revient en force avec un nouvel album studio. Alors que faut-il retenir de celui-ci ? Merry saura-t-il rassurer les fans, déçus par Fuyu no Castanet ?

Verdict…

Burst Under-world !

L'album commence sur les chapeaux de roue avec, comme habituellement sur les albums de Merry, une piste d'introduction instrumentale. Dès les premières secondes on sent clairement que cet album sera différent du précédent. La batterie ouvre le bal, suivie de la guitare et de la basse et la première chose qui nous vient à l'esprit, c'est cette envie de bouger la tête, signe que ce CD s'annonce plutôt bien et surtout plus énervé que le précédent opus. À peine les dernières notes retentissent que commence alors Friction XXXX ! Les premiers riffs donnent le ton : un titre bien rock comme Merry en a le secret avec un refrain très entraînant. Tellement entraînant qu'il n'est pas surprenant de se prendre au jeu de chanter en chœur ce refrain qui rajoute un brin de folie à une chanson à l'ambiance déjà installée par le chant de Gara, qui passe d'une voix claire aux hurlements qui lui sont propres. S'ensuit alors le titre éponyme : Under-world. Il ne fait nul doute que cette chanson est parfaitement calibrée pour le live, les battements de la batterie de Nero sont vifs, rapides et ne laissent aucun répit. Et le refrain ne fait qu'accentuer cela. C'est un Merry totalement déchaîné qui nous apparaît là en nous offrant un titre efficace et digne d'un Japanese Modernist, sans aller jusqu'à égaler le morceau presque légendaire du groupe.

Puis arrive Akai Kutsu, qui tranche avec les trois premiers titres de l'album. On retrouve un Gara avec une voix mélancolique, sur une mélodie qui laisse ressortir les sons de la basse de Tetsu qui raisonne et nous fait entrer dans le rythme de cette magnifique chanson. Un petit côté jazzy s'ajoute à tout ça, pour créer une ambiance unique appuyée par les roulements de la caisse claire. Nos oreilles n'ont même pas le temps de sortir de cette mélancolie installée tantôt que la spirale infernale reprend de plus belle avec Gesshoku,en nous plongeant dans un univers plus sombre, comme si petit à petit l'auditeur s'enfonçait sous terre, sombrait dans un dédale noir avec toujours cette touche jazzy qui ressort fortement grâce au jeu de voix de Gara. Le chanteur force le respect de par sa capacité à adapter sa voix selon la tonalité de la musique, et son petit côté « Jazzman » ne fait qu'augmenter l'envie de danser les yeux fermés.

Alors que l'ambiance se fait plus noire, arrive Enzetsu~Surrealism~ qui fait office d'introduction à [human farm]. Tranchant totalement avec Gesshoku, l'atmosphère se fait moins pesante, plus détendue afin d'introduire comme il se doit l'un des meilleurs titres de l'album. Mais plus que ça, Enzetsu~Surrealism~ marque une rupture et coupe l'album en deux parties distinctes, et nous ouvre la porte d'un monde dans la continuité de Akai Kutsu et Gesshoku sans mettre de côté le mélange de rock/punk servi habituellement par Merry. Ainsi débute la deuxième partie de l'album avec [Human Farm] et les battements fulgurants de Nero sur sa batterie. Alors que les couplets se font plus énervés avec la voix puissante de Gara et ses hurlements, les refrains seront chantés avec une voix claire de sorte à être plus légers que les couplets, tout en gardant cet aspect « défoulant » qui fait son effet sans aucune difficulté. Mais l'atmosphère sombre va vite être remise en place avec Piranha. La voix de Gara hurle, résonne telle des appels à l'aide, laissant transcrire une noirceur certaine à laquelle le chanteur tente en vain d'échapper. Un titre bourré d'émotions, auquel il est impossible de rester insensible tellement l'on est touché par la détresse d'une voix puissante et belle à la fois se mêlant avec brio aux instruments qui nous offrent là une mélodie lourde.

Katamichi kippu débute donc tel la mélodie d'une boîte à musique, portée par un chant calme, et le voile pur qui régnait sur cette ambiance un peu « old-school » et jazzy se retrouve perturbé par une batterie percutante et des riffs toujours bien mesurés qui collent parfaitement à cette fracture, comme si l'on envoyait tout en l'air. La voix claire de Gara laisse alors place à ses cris toujours aussi expressifs et énervés. Ainsi la musique est hachée, voire même tranchée : on alterne les passages calmes et les passages déchaînés. Et lorsque les dernières notes sonnent, on arrive déjà à la dernière piste inédite de l'album : Canary qui reste dans la tonalité mélancolique et sombre toujours avec ce côté « Merry-esque ». Mais malgré ça, les refrains laissent parfaitement hurler les guitares et le jeu de batterie reste relativement varié, l'impression de tourner en rond ne se fait pas ressentir.

On passe ensuite aux trois chansons titres des trois derniers singles en date de Merry , et l'on commence avec Tozasareta Rakuen qui n'est ni excellente, ni mauvaise. Il manque juste un petit quelque chose pour rendre cette chanson incontournable, car malgré le refrain très entraînant, la chanson ne parvient pas à se démarquer du lot parmi les meilleurs titres de l'album (comme la chanson éponyme : Under-world par exemple..). Le « Album mix » ne change presque rien à la chanson (c'est à se demander s'il y a vraiment eu un mixage spécial pour l'album ou si c'est uniquement pour faire joli..).

C'est ainsi que l'on passe à ce qui est probablement l'une des plus grandes réussites de Merry, un véritable O.V.N.I que nous a pondu le groupe, je parle bien évidement de Gekisei. Petite œuvre-d'art musicale, ce morceau nous transporte pendant 15 minutes dans un autre monde. Une intro se divisant tout d'abord en plusieurs parties : les premières secondes laissent entendre des bruits de pluie et de vent qui souffle telle la nature qui se déchaîne, arrivent ensuite quelques notes à la guitare acoustique. La batterie se charge ensuite de lancer le morceau comme il le faut, suivie par les deux guitares et la basse. Et c'est sur ces notes déchaînées que l'on rentre dans la première partie de Gekisei, qui contrairement à l'intro est dans une tonalité beaucoup plus mélancolique. On a droit là à un Gara qui nous offre un chant magnifique qui colle parfaitement au morceau. La deuxième partie de l'avant dernière piste de l'album est dans une tonalité totalement différente. Le changement de style est du plus bel effet, et l'enchaînement se fait logiquement sans aucune fausse note. Les musiciens se lâchent, ça hurle, ça crie... La bête est lâchée et on se retrouve prit dans ce flot d'énergie jusqu'à ce que le tout se calme et que l'on passe à la 3ème partie de la chanson avec un enchaînement toujours aussi pertinent. Le chant de Gara devient de plus en plus plaintif, comme s'il souhaitait dénoncer quelque chose, exprimer sa tristesse mais également sa haine. Ses cris intensifs débordent d'émotion, et se font de plus en plus saisissants (le vibrato qu'il met dans sa voix y est pour beaucoup). Le morceau s'achève alors avec cette mélodie qu'on croirait tout droit sortie d'une boîte à musique...

Et l'album se termine par Fuyu no Castanet. Bien loin des autres productions de Merry, nous avons droit ici à une chanson de Noël... Certes la chanson se révèle être très belle mais totalement incomparable avec leurs autres ballades et il aurait été plus judicieux de terminer l'album sur une petite bombe telle que Gekisei.

Au final, Under-world est probablement l'un des meilleurs albums de 2009, plus inspiré que M.E.R.R.Y, il n'en reste pas moins inférieur à un Modern Garde ou Gendai Stoic. La quintette n'a rien perdu de son talent et nous prouve qu'il s'impose bien comme l'un des groupes de Visual-kei les plus talentueux. Contrairement à des groupes qui commencent à tomber dans la facilité et cèdent aux exigences des labels (12012 pour n'en citer qu'un) Merry se montre toujours égal à lui-même. Ainsi même si cet album est plus sombre que les précédents, on a perdu ici le petit côté pop du précédent album pour faire revenir en force le rock aux influences jazzy avec des sonorités punk qui sont maintenant chères au groupe.

Côté packaging l'édition limitée est livrée dans une très belle boîte cartonnée. On trouve à l'intérieur l'album tel qu'il est en édition régulière ainsi qu'une boîte noire qui n'est autre que le DVD contenant le clip de Under-world et GI.GO.) et le book « burst ». Cette édition limitée montre quelques points faibles comparée à celle de M.E.R.R.Y puisque le contenu du DVD est pauvre comparé au précédent (deux clips seulement, contre un live entier pour le dvd bonus de M.E.R.R.Y) et le book n'est autre qu'une interview des membres avec les photos que l'on trouve dans le booklet du CD. (Et comme on pouvait s'y attendre, tout est en japonais). Malgré ces points faibles, cette édition est quand même de très bonne facture, et on ne peut que saluer les magnifiques artworks qui ornent la boite cartonnée ainsi que le booklet. Du très bon Merry.

Note : ★★★★☆

Les points forts :

- Gara alterne chant clair et cris avec une facilité déconcertante
- Des chansons taillées pour le live ! (Under-world, [human farm])
- Un album d'une durée plutôt conséquente (presque une heure)

Les points faibles :

- Fuyu no castanet
- L'édition limitée qui perd une partie de son intérêt si l'on ne sait pas lire le japonais
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