Holstein - Teleology

chronique - 08.09.2009 00:00

Coup de cœur!

Holstein est, pour ceux qui ne le connaissent pas, un quintette tokyoïte formé en ce début de siècle. Peu de sorties à leur actif mais une série de concerts pour ce groupe résolument progressif. C’est par hasard que je suis tombé sur ce Teleology, dernier mini-album du groupe datant de fin 2008, et la magie n’en a été que plus immédiate.

Puissante, mélodique et aux structures alambiquées, la musique d’Holstein sort définitivement des sentiers battus. Vingt minutes de bonheur à savourer sans modération. Dès la première chanson, Farewell To Our Memories, voilà les membres lancés dans une envolée aux confins du post-rock.

Jouant sur les différentes structures que peuvent porter le métal et le rock, le groupe propose une mixture unique. Peu ou prou de structures radiophoniques et pourtant l’écoute de ce Teleology se fait d’une traite, sans aucune pause. Malgré des coupures et des changements de rythme à la pelle, faits avec brio, ne jouant pas simplement sur l’alternance couplets/refrains, le fil conducteur des musiques du groupe ne se brise pas, et toutes les chansons s’enchaînent comme une seule et unique piste. Un hymne à la vie qui se laisse écouter sans modération.

Portées par la voix douce de Masaru Kuribayashi, les compositions passent entre les genres avec talent, alternant entre structures heavy metal et morceaux simplement rock. C’est simple, malgré la violence qui surgit aux détours de ces morceaux, on se laisse bercer par les notes, comme dans tout bon groupe de post-rock. Piochant nombre d’éléments dans les musiques actuelles, le résultat est un melting-pot unique et entraînant.

Les chansons laissent facilement deviner les paroles, comme sur Funeral March, véritable ode funèbre et épique de 5 minutes transpirant la mélancolie avant d’exploser dans des refrains ultra-mélodiques, où la batterie s’emploie à déployer trésors d’imagination tandis que la basse joue entre les lignes de guitares avec une originalité et une puissance finissant de laisser l'auditeur sur le carreau. Les thèmes abordés par le groupe vont dans ce sens au-delà des sempiternelles histoires d’amour allant, comme semble si bien l’indiquer le nom du disque, dans une approche philosophique de l’écriture, le clou du spectacle étant la chanson René Descartes, au nom évocateur et à l'écriture très réussie.

L’approche réfléchie de la musique rend ainsi celle-ci terriblement différente des standards actuels, sans pour autant tomber dans la démonstration et la mise en avant de leurs capacités à casser les rythmes. Ici tout est au service de la mélodie et à l’écoute de ces 4 morceaux (plus une interlude de 25 secondes). La seule et unique chose que le cerveau retient d’Holstein est la qualité de sa musique!

En l’état, Holstein a sorti un excellent CD, parmi ce qu’il s’est fait de mieux dans les sorties japonaises de ce genre ces dernières années. Envoûtante, entraînante, follement excitante, les adjectifs manquent pour qualifier la musique de ce groupe unique à écouter de toute urgence. Si vous avez la possibilité de jeter une oreille sur ce Teleology, ne vous privez pas de son écoute tant la qualité est au rendez-vous pour un groupe trop injustement méconnu. En une simple phrase, ce disque est juste Magistral.

Note: ★★★★★ Du Grand Art, avec un grand G !
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