Loudness - The Everlasting

chronique - 20.09.2009 00:00

Quel chant du cygne!

Loudness est un groupe qui dans sa carrière a joué de malchance. Pionnier des groupes japonais s’étant exportés en Europe, le groupe était, dans les années 80, considéré comme l’une des formations de Heavy Metal qui comptent, à la popularité énorme grâce au hit Crazy Night. Des mauvais choix, des changements de chanteur multiples ont fait sombrer le groupe dans l’oubli en Europe, sans pour autant remettre en cause sa popularité au Japon, le groupe étant coutumier des salles remplies de plusieurs milliers de personnes encore aujourd’hui.

Malgré toutes les crises, rien ne laissait présager un si noir évènement, avec la mort l’an dernier du batteur Munetaka Higushi, alors que le groupe revenait enfin à la popularité avec le retour du chanteur originel, Minoru Niihara. Malheureux évènement que le groupe a malheureusement accepté, pour enregistrer ce nouvel album au nom si évocateur, The Everlasting. Album tout à l’honneur de son batteur décédé, qui voit dans sa composition un exutoire à toute la tristesse engendrée ces derniers mois, et en fait un brulot de rage.

Oubliés les écarts de conduite, les incartades neo-metal de ces dernières années, tout l’album n’est fait que d'un seul marbre, celui du heavy-metal, le plus brut possible. Dès Hit The Rails, la claque est immense. La verve du guitariste Akira Takasaki retrouvée, les riffs s’enchaînent, brutaux et violents, au sein d’une production très moderne. Le ton est donné pour tout l’album, les écarts de conduite sont peu nombreux et on ne notera que deux mid-tempi sur les douze bombes, à savoir les touchantes Crystal Moon et surtout Life Goes On.

Ainsi le chant est constamment sur la corde raide, semblant crier le désespoir de la perte d’un être cher. Remplies de mélancolie, les hurlantes de Minoru rappellent l’âge d’or de la NWOBHM, avec ses montées dans les aigüs, pour mieux hurler sa colère et sa tristesse. Toutes les chansons sont ainsi bercées de ce sentiment, cette tristesse que l’on ne connaissait pas chez Loudness, qui sort l’album le plus sombre de sa discographie. La basse est pesante, très mise en avant pour faire ressortir la lourdeur des riffs d’Akira.

Autant les derniers disques de Loudness laissaient à désirer en ce qui concernait le jeu de guitare, autant ici l’album s’ancre dans la tête, remplie de moments mémorables comme le refrain entêtant de Flame Of Rock, ou la puissance épique de Change. Et ne parlons pas des solos avec lesquels le guitariste a fait sa réputation. Puissants et remplis de groove, ceux-ci sont des merveilles où la technique se pose dans la plus pure musicalité et non pas pour faire de la simple démonstration.

Tout l’album est dédié à la mémoire de ce batteur disparu, ami de longue date laissant un vide qu’un album seul ne peut combler. Tout du moins est-ce le message que laisse penser ce disque, comme sur la chanson éponyme, véritable cri d’amour à celui parti vers les cieux. Rarement le heavy n’aura été aussi triste et puissant.


Loudness aurait-il eu les moyens de sortir un tel disque sans cette disparition ? Là n’est pas la question, simplement en l’état, l’album s’avère être l’un des disques de heavy metal de l’année 2009, et l’un des meilleurs de la longue carrière du groupe. Alors vous, amateurs de heavy, précipitez vous simplement sur The Everlasting !

Note : ★★★★☆ Un album magistral.
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