Kiyoharu - madrigal of decadence

chronique - 03.09.2009 00:00

Un album à la hauteur de ses attentes.

Après avoir sorti divers albums de reprises pour fêter ses quinze ans de carrière musicale et ses cinq ans de carrière solo, Kiyoharu sort son véritable nouvel album depuis Forever Love, madrigal of decadence, le 26 juillet 2009. Les deux singles précédents avaient laissé un avis mitigé aux fans. En effet, Kiyoharu avait mis le feu aux poudres lors de la sortie de Kuratta kajitsu grâce au côté puissant de la chanson titre qui pouvait laisser présager un retour aux sources. Mais malheureusement, peu de temps après, le très attendu single darlene a déçu majoritairement son public avec son refrain répétitif et agaçant à souhait. Beaucoup de gens l'apprécient tout de même mais il laisse un goût amer après la sortie précédente et est très décevant musicalement. madrigal of decadence permet donc d'avoir un avis définitif sur la tournure musicale de l'artiste et d'avoir un avis concret sur l'intérêt de ses nouvelles œuvres, d'autant plus que c'est le premier album avec des compositions originales sortant chez Avex Trax.

La grande déception lors de l'annonce officielle de cet album est le nombre de versions différentes... Une version normale et deux versions limitées, l'une contenant un photobook de 52 pages et l'autre un DVD contenant 6 clips dont 2 inédits : experience et Karatachi. Cependant, malgré le fait qu'habituellement Kiyoharu met une chanson différente par version pour rendre le choix encore plus difficile, ce ne sera pas le cas de cet album.
Même contenu musical pour les trois albums donc : 17 morceaux dont 4 des précédents singles et I know, chanson très attendue par les fans que l'on a déjà pu écouter dans son DVD light and shade et The 40th birthday pour un total d'1h10 environ. Que demande le peuple ? Kaigansen et Tarantula peut-être ! Mais bon, ne soyons pas trop gourmands ! Il n'y a que 16 titres indiqués, mais une musique instrumentale est glissée entre Kubiwa et Tatta hitori.

madrigal of decadence, bien qu'étant très varié est assez puissant et sombre. Notamment la première partie et la fin de l'album. En ce sens, il suit la lignée de Kuratta kajitsu et Alien masked creature pour vous donner une petite idée de ce à quoi vous pouvez vous attendre. Pas mal de compositions devraient permettre de chauffer le public assez facilement sur scène.
Cependant, ce n'est pas du tout l'effet que l'on a lorsque l'on lance l'album dans sa chaîne hi-fi...
experience nous met d'emblée le froid dans le dos et calme bien vite nos ardeurs. Cette introduction techno-électro est un véritable désastre dans le genre et ne colle pas du tout avec ce que Kiyoharu a l'habitude de faire et sait faire apparemment. A oublier, en espérant qu'il n'y en aura pas d'autres dans le genre à l'avenir et que ça ne restera qu'une expérience, comme il dit.
Heureusement pour nos oreilles, il n'y aura que deux chansons désastreuses dans l'album (celle-ci incluse), l'autre étant darlene. A première vue, elle est deux fois moins longue que la version single. On pourrait donc penser que le refrain répétitif ait été coupé et la mélodie par conséquent complètement remodelée. Mais non en fait, au contraire, il ne reste plus que ça. A zapper très vite.

La lignée des musiques puissantes commence avec petty. Les lourds accords de guitare donnent le ton de la chanson. Kiyoharu alterne le chant avec des couplets qui nous tiennent en haleine et qui nous laissent présager un refrain avec des cris comme il en a l'habitude, mais qui est en fait entraînant et retenu à notre grande surprise. Mais il n'y a pas qu'aux guitares que Kiyoharu donne de l'importance, et il nous le prouve avec my first pleasure et sa basse couvrant largement la partie de guitare saturée pour marquer le contraste entre ces deux instruments et sa voix. Kubiwa, ilyd, devil... Kiyoharu a vraiment parié gros sur ce côté de l'album visant peut-être à garder les anciens fans qu'il a récupéré lors des divers évènements en rapport avec Kuroyume. Cependant, ça n'a rien à voir avec ses anciens travaux. L'impression qui émane de tous ces morceaux est tout de même la suffocation. Les titres instrumentaux glissés accentuent d'ailleurs encore plus cet effet. L'effet groovy auquel nous avions toujours le droit est abandonné et le côté punk de Kuroyume et SADS n'est pas présent. Ces compositions sont dynamiques et lentes à la fois, elles sont puissantes et calmes en même temps. Elles marquent vraiment une rupture par rapport à tout ce qui a été fait auparavant et nous montre un renouvellement assez surprenant de l'artiste. Je ne pense pas que beaucoup s'attendaient à une majorité de musiques de ce genre en voyant les quatre reprises de singles sur la playlist. La chose la plus marquante en les écoutant est quand même la légère pointe électro plus ou moins présente selon les morceaux. Elle est assez retenue mais sert un peu à accentuer le côté sale de l'effet de distorsion des guitares et noir de l'album ce qui est, ma foi, assez bien réussi.

Même s'il n'y en pas beaucoup, les ballades sont tout de même à l'honneur dans cet album. Elles ont toutes la particularité d'être assez sombres et sont toutes aussi intéressantes les unes que les autres. Tatta hitori par exemple est incontournable par son refrain chanté en faisant vibrer sa voix tout comme la partie de guitare électrique, et nous restera longtemps dans la tête. Le chant de Kiyoharu nous noie et nous impressionne encore une fois. L'arrangement musical et la façon de chanter semble nous faire remonter le temps.
Mention spéciale pour I know ! Comme dit lors de la description de l'album, elle était très attendue par les fans à cause des diverses fois où il l'avait jouée. Finalement, elle a été remixée pour l'occasion en accélérant le rythme et en lui donnant un peu plus de punch. L'ancienne version, que l'on peut écouter notamment dans le DVD light and shade, était très bonne aussi mais celle-ci est plus abordable et est un meilleur compromis entre deux compos dynamiques pour ne pas trop casser la fougue du public. Côté remix, celui de loved est assez étonnant lui aussi. La face B du single, loved -Type II- était inutile tant la différence n'était pas notable, alors que cette fois la chanson n'a presque plus rien à voir. Le rythme est ralenti, la mélodie est adoucie, le chant est plus retenu, permettant à Kiyoharu de mieux nous transmettre ses émotions.
Malgré cela, le titre qui ressortira le plus de l'album est innocent. Cette ballade comporte tout ce qu'il faut pour marquer l'auditeur. Une jolie partie de guitare sèche, une guitare électrique en contraste et une mélodie totalement sublime. Le refrain chanté d'une façon désespérée fait rupture avec le chant presque murmuré des couplets et mettrait les larmes aux yeux aux plus sensibles.


Un très bon album donc malgré le faux départ qui est assez perturbant à la première écoute. Il faut d'ailleurs l'écouter encore et encore pour se rendre compte de tous les détails rendant la complexité de chaque morceau. Peu importe de l'avoir entendu une, deux, cinq ou dix fois, à chaque nouvelle écoute, quelque chose d'autre fait tilt. C'est ça la magie des musiques de Kiyoharu et elle est brillamment représentée dans cet album. Il ne manque plus qu'à attendre de voir ce qu'elles donnent en concert !


★★★★☆
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