the GazettE – DIM

chronique - 21.07.2009 00:00

Légèrement voilé

4e album studio au bout de 7ans d’activités, the GazettE, dont le succès est plutôt important, est ce qu’on peut appeler, un groupe actif. Malgré les multiples changements de styles, autant au niveau musical que vestimentaire, nombreux sont ceux, fans ou non, qui ont attendu avec impatience ce que nous réserve ce groupe qui semble avoir choisi une nouvelle orientation musicale, qui suit toutefois le précédent album. Avec pas moins de dix-sept pistes pour environ une heure d’écoute, the GazettE semble vouloir entrer dans la cour des très grands. Alors, DIM est-il plutôt un rayon de soleil dans ce gris mois de juillet, ou est-il, comme son nom l’indique, une faible lumière qui saura vite être éclipsée… ?

A l’inverse des introductions plus ou moins chantées auxquelles on était habitués, 「Hakuri」 nous plonge directement dans ce qui semble être l’univers tissé pour l’album, un univers sombre et glauque. Telle une musique de film d’épouvante, nos oreilles sont vite bercées par la bonne musicalité de cette intro, avant de nous inviter à la suite.
C’est alors qu’explose THE INVISIBLE WALL. Mêlant sons électro, notamment sur la voix de Ruki, et lourds riffs de guitare, la chanson semble bien adaptée pour une intro de concert. Malheureusement sans grosse démarcation musicale, la chanson se laisse pourtant écouter sans problème. A MOTH UNDER THE SKIN arrive ensuite, avec encore une fois un lot d’effets électroniques, qui semble à la mode actuellement. Sons efficaces cependant, qui se mélangent plutôt bien à la batterie rythmique de Kai. S’enchaîne seulement, après deux minutes cinquante-huit, LEECH, qui s’inscrit désormais dans les chansons incontournables du groupe, notamment grâce à son rythme claquant, et les sons de guitares qui ont spécialement été retravaillées pour l’occasion. Un véritable coup d’accélérateur dans cet album qui peine à démarrer, à laisser ses marques. Nakigahara, une des deux ballades (avec Guren) est la plus longue chanson de l’album. Avec son interlude musical au kôto, qui colle très bien au titre purement japonais de la chanson (à l’inverse de Guren, dont l’origine chinoise du titre explique l’utilisation d’un instrument à cordes chinois), elle ne lasse pas, bien que l’on peut ne pas forcément apprécier l’autotune qui ajoute (une fois de plus) des effets électroniques dignes d’une chanson de R’n’B. Le chant de Ruki, bien que peu profond pour une chanson de ce genre, est vite compensé par la belle poésie des paroles, plus particulièrement sur les derniers vers de la chanson.
「Erika」 est la première interlude musicale de cet album qui en compte 4. Son utilité se limite peut-être à séparer le calme de Nakigahara avec HEADACHE MAN, chanson que l’on a pu déjà découvrir sur le single de DISTRESS AND COMA, et qui démarre sur une intro digne d’une chanson de Slipknot. Une chanson aux lourds riffs qui casse littéralement avec le reste de l’album. Riffs lourds, et surtout un Ruki qui se lance dans des sons graves et autres cris dignes de Kyo (Dir en grey) , ce qui ne lui réussit pas réellement. Après une légère pause musicale, la chanson repart sur un son aux fortes touches occidentales, à tel point qu’on ne reconnaît plus rien de the GazettE. Quoiqu’il en soit, HEADACHE MAN vous donnera soit la pêche, soit un profond mal de tête… Et c’est alors que l’on repart dans un registre plus calme avec Guren, premier single précédant la sortie de l’album, et qui a entre autre bénéficié d’un excellent travail au niveau du clip.
Nouvelle interlude. 「Shikyu」, prend tout son sens lorsque l’on voit que le titre se traduit par « utérus ». Sons d’un enfant qui pleure, ponctué par un son répété de cloche, le tout retouché par des effets électroniques, assure un effet glauque que certaines oreilles ne supporteront pas, mais qui assure un parfait enchaînement pour 13STAIRS[-]1. La chanson démarre sur un son lourd, poursuivi par un Ruki à la voix grave. Voilà encore un style que le groupe n’avait pas encore exploré, mais qui est pourtant bien maîtrisé. Une accélération de rythme après un rapide premier couplet vous donnera l’occasion de faire des headbangs, avant de basculer sur DISTRESS AND COMA, qui reste une chanson plutôt banale malgré l’accompagnement par un orchestre classique.
S’ensuit un nouvel interlude musicale, 「Kanshoku」, composée de piano et d’un rythme hip-hop, sans grand intérêt encore une fois. Shiroki Yuutsu est peut-être la seule chanson de l’album qui tend à nous rappeler ce que Gazette était autrefois. A l’intro à la guitare acoustique accompagnant un chant reposé, se joint des violons. La basse de Reita fera même son apparition avant de laisser la place à un solo d’Uruha, dont on était habitué auparavant, mais qui est devenu chose rare dans cet album. En bref, une chanson qui éveille un brin de nostalgie. Ce qui ne sera pas le cas de la suivante, IN THE MIDDLE OF CHAOS, qui peut se résumer rapidement à une copie d’un groupe punk californien, auquel vient s’agrafer de manière bancale un chant dans un anglais plus qu’approximatif. Les guitares et basse ne sont plus présentes, la batterie aligne un rythme plat…Une vraie déception quand on connaît les qualités du groupe. Mais bon, l’erreur est humaine, dira-t-on.
Et le nouvel interlude musical, 「Mourou」, même si c’est le dernier, ne sera pas d’assez pour nous faire oublier. Mais OGRE, dont le titre est très explicite, efface tout et nous propose à nouveau un changement de style. Malgré le retour de la voix rauque de Ruki, qui ne semble toujours pas adaptée au style, musicalement, c’est une pépite qu’enfin nous dévoile le groupe. Changements, de rythmes, riffs rapides, batterie efficace, tout est là pour nous faire sauter de joie, si ce n’est qu’encore une fois, on est loin de s’imaginer que c’est le même groupe. Qu’à cela ne tienne, OGRE est une véritable réussite et devrait facilement s’imposer en concert. Enfin, et sans interlude, nous voilà à la fin de l’album. DIM SCENE, est une chanson qui se veut lourde, triste, mais qui malheureusement, manque en profondeur, et en longueur certainement. Avec seulement cinq minutes treize pour une clôture d’album, et un solo sans grande valeur, la fin nous laisse un peu sur notre faim.

Grosse attente de cette année 2009, the GazettE semble avoir tenté le pari de surfer sur diverses vagues musicales, en proposant un panel plus large encore que pour STACKED RUBBISH, mais ne réussira sûrement pas à rassembler tous ses fans sous la même bannière cette fois-ci. Alors qu’on peut y trouver quelques éléments originaux, le quintette semble s’être trop éloigné de ce qui faisait son originalité propre, laissant ses auditeurs un peu perplexes, se demandant quelle orientation le groupe prendra prochainement.

★★★☆☆
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