lego big morl - Quartette Parade

chronique - 21.01.2010 07:00

Du sang frais sur la scène rock

lego big morl, que l'on classe encore dans la catégorie des jeunes groupes, sortait il y a peu son premier album complet Quartette Parade. Surprenant, l'album montre par a + b que ce groupe est une étoile montante de la scène rock indépendante. A la fois accessible et prenant, revenons en détails sur ce disque.

lego big morl c'est avant tout un groupe étonnant, au premier abord très simple, mais dont les compositions provoquent une addiction incroyable. Chaque morceau débute en présentant les différents instruments, comme lorsque l'on place devant soi tous les ingrédients nécessaires à la préparation d'un plat succulent. Indépendamment l'un de l'autre, aucun ne semble très particulier ou original, mais l'enchaînement des accords et la rythmique se lient parfaitement et font monter la sauce. Ce schème, tempo lent, mise en bouche et accélération puissante, a beau se retrouver dans l'ensemble des titres, rien n'est pourtant semblable. Tous les morceaux de cet album ont une personnalité impressionnante. La basse hypnotique de Shintaro Yamamoto, les deux guitares qui dialoguent et la batterie qui joue tantôt le rôle du métronome tantôt celui de la brute : tout cela mène sa vie librement tout en créant une mélodieuse harmonie. L'impression que chaque piste audio se détache l'une de l'autre, traverse votre esprit. Tout est remarquable et identifiable dans les moindres détails et pourtant tout s'accorde. Une dualité prodigieusement menée ; c'est donc cela la magie de lego big morl, qui séduit chaque jour un peu plus de monde.

Dans cet album le groupe parade avec sa musique. Une parade temporelle puisque d'anciens morceaux comme Yuri no Kanaria, Maiashimoto ou encore A étaient déjà présents sur la première démo du quatuor. Mais peu importe puisque Quartette Parade vous emmène hors du temps, dans le monde de lego big morl. Titres anciens et récents se côtoient alors sans problème.

Le monde de lego c'est un mélange atmosphérique de guitare électrique au son métallique et d'un lyrisme léger et enjoué. Quartette Parade regroupe différents styles et différentes ambiances : quelques ballades, comme Sono toki no koto, qui démarrent en douceur et trompent l'auditeur laissant s'infiltrer d'un pas assuré, la basse omniprésente et la guitare mélodique. Puis tout explose sous la pression au refrain. Takehiro Tanaka ne laisse cependant pas dérailler sa voix, son chant reste droit et fort. La chanson Ray, qui est sortie en version single, est dans le même genre mais déjà un peu plus rythmée, elle s'embrase via une partie instrumentale juste avant que le chant s'envole. Nostalgie ou promenade joyeuse, le cœur sursaute de concert avec la musique qui décélère, pour reprendre de plus belle puis stopper net, laissant l'auditeur face au vide. Le silence entre deux chansons devient plus lourd et significatif, comme l'accalmie qui succède le tourbillon émotionnel de cette chanson. Mais il y a aussi de la vraie ballade, simplement intitulée A, cette chanson remplie l'immensité que peut contenir une simple lettre. Une infinité de significations transmise au travers d'une chanson sublime ; des sons parsemés de-ci de-là, une batterie des plus légères qui fait battre votre cœur comme lors d'une course effrénée vers l'inconnu. Une fuite ou un retour à l'origine ? A nous plonge dans l'émotion pure et simple. Détendu, le regard tourné vers le ciel imaginaire d'une nuit lumineuse, ce morceau ne peut qu'émouvoir profondément, rappelant la fougue d'un Coldplay à ses débuts.

Mais c'est surtout du rythme, de l'énergie, qui monte jusqu'au déchaînement, avec toujours cette pointe de sagesse pour ne pas devenir énervant, qui fait la force de lego big morl. Un peu plus garage que les nouvelles compositions, les guitares de Waapu sonnent plus abruptes, la rapidité du doigté des musiciens pour cette chanson est très appréciable, faisant découvrir l'une des facettes les plus intéressantes du groupe. Titre entraînant, Waapu reste avec Maiashimoto le morceau le plus vivant de cet album. On retrouve également cette excitation avec Cinderella Syndrome, où Tanaka se lâche littéralement vocalement tandis que la basse s'affole. Dans un défoulement total, la tempête qui est évoquée partiellement dans l'énervement passager des autres titres, ressurgit libérée pour emporter l'auditeur dans ses vagues.

On notera également la présence de chansons intermédiaires assez joyeuses, telles que Noticed, pour lesquelles le rythme répétitif et modéré de la guitare reste en tête rapidement. Mais rien n'est aussi simple chez lego, et même les chansons les plus bon enfant proposent une structure complexe qui s'éloigne du couplet-refrain pop-rock habituel. Le travail de mélodie décalée des deux guitares confère aux différents morceaux, une identité propre très plaisante et ajoute une petite touche de couleurs à l'ensemble. Dans cette lignée, impossible de ne pas citer Yuri no Kanaria qui, sans être poussée à l'extrême, est très entraînante, tant par la batterie d'Hiro Asakawa qui se fait discrète tout en servant de base au morceau, que par le jeu de guitares alternées.


Pour conclure il est évident que Quartette Parade est un album immanquable à tout fan de ce que l'on appelle communément chez les disquaires : le rock indé. A la fois facile d'accès et rempli de petites surprises agréables, Quartette Parade offre une variété de sentiments et d'interprétations possibles, tel un reflet abyssal. On s'y perd et on s'y retrouve selon le contexte de l'écoute. L'organisation des pistes endort malheureusement, faisant, après plusieurs écoutes, passer d'une piste à l'autre sans s'en rendre compte. Mais un petit coup de shuffle pour se réveiller et rester attentif suffit à apprécier l'album de nouveau, même après une centaine d'écoutes. Un groupe à suivre assurément, qui a su taper fort dans le monde musical en s'imposant à la fois dans le milieu exigent des amateurs de rock et celui du public de masse.

★★★★☆
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