MUCC – Kyuutai (球体)

chronique - 21.05.2009 08:50

La sphère "MUCC" continue de rouler

Moins d’un an après la sortie de Shion qui symbolisait une nouvelle direction musicale, et une longue tournée notamment à l’étranger, le quatuor japonais poursuit sa lancée avec Kyûtai (球体). Alors que l’on avait toujours été habitué à une plus longue période d’enregistrement, voilà que cette fois l’album est (trop) rapidement dans les bacs. Alors, la cuvée MUCC 2009, saura-t-elle encore une fois nous étonner,ou bien aura-t-on le droit cette fois à un navet commercial, indigne du groupe ?

L’intro au titre éponyme de l’album démarre à peine que l’on ressent une continuité à Shion. Bruits de tams-tams indiens, guitare envoutante…Ce serait donc là le descendant direct du précédent album. Pourtant, Hoko (咆哮) démarre en trombe, sur fond de batterie super rythmée et de guitare frénétique, un peu comme du death métal mélodique. Oaow, encore un style que le groupe aborde presque pour la première fois mais qu’il semble déjà maîtriser. Tatsuro assure un chant grave que l’on n’avait plus trop l’habitude d’entendre, mais qu’il sait caler avec aisance entre les riffs de la guitare de Miya. Ce dernier d’ailleurs nous fera part d’un solo digne de ce nom, et le refrain ponctué de « ooohoooohoooh » en fait une bonne chanson pour les concerts. De toute façon le groupe a toujours su assurer ses intros d’albums, histoire de chauffer le public correctement. Encore une fois, c’est bel et bien réussi.
Mis à part une liste de lecture un peu chaotique, chose à laquelle on est habitué avec MUCC (rappelez-vous Kuchiki no To par exemple…), le tout passe agréablement, notamment Sora to Ito, qui semblait un peu vide lors du single, mais qui trouve tout son intérêt et sa place dans l’album. Paradoxalement Ageha, qui avait suscité plus de polémique, et se retrouve calée juste après la détonante Hoko, comme si on avait souhaité qu’elle soit plus ou moins effacée. Musicalement parlant, l’album se démarque très bien, avec encore une fois, une multitude d’effets sonores utilisés ici et là, notamment dans Hide & Seek, qui allie toute la puissance de la guitare de Miya (dans des riffs nous rappelant Zekuunotamment) avec des effets électroniques et une façon de chanter unique à Tatsuro. On découvre sinon Oz, vraie petite sœur de Fuzz, drôle de mix entre les années 80 et aujourd’hui, qui n’a pas ravi beaucoup de fans, même en concert… Kagero (陽炎) et Fuyu (浮遊) seront sans doute les chansons de cet albums qui ne marqueront pas les esprits malgré de belles paroles. Certes, ces deux chansons sont bien construites, et seront peut-être les deux seules où l’on entendra distinctement la basse de YUKKE qui semble cruellement absente de l’album, éclipsée par la guitare de Miya qui elle, est très présente dans chaque chanson.
Il reste néanmoins 3 chansons de ce 8e album qui ont plus facilement marqué les esprits. Lemmings est ce que l’on peut appeler en quelque sorte un retour aux sources. Une chanson au rythme rapide, où toute l’image que l’on a du MUCC « groupe de rock » est concentrée : un son de basse bien présent, des riffs de guitare biens secs et mélodieux, une voix entraînante qui donne le ton et l’ambiance de la chanson, le tout supporté par la batterie bien efficace de SATOchi. S’en suit Sanbika (賛美歌), un vrai hymne comme le titre l’indique (Sanbika signifiant « hymne »), qui pour l’anecdote est un hommage à la grand-mère de Miya.
La chanson est lourde, pesante, puis c’est la libération, avec le groupe qui reprend en chœur « Ave Maria », avant de repartir dans une ambiance sombre. Puis enfin hanabi cloue ce dernier album un peu court (10 pistes si l’on retire l’intro) par une belle ode merveilleusement chantée par un Tatsuro qui ne cesse de nous surprendre par sa voix. La chanson démarre dans une ambiance calme, reposante, sur un fond de piano, pour éclater en milliers de couleurs et nous emmener dans un paysage d’été. Même si MUCC n’a jamais utilisé l’anglais dans ses chansons, et se maintien donc dans un respect de son pays, cette chanson semble encore plus ancrée dans leur culture. Belle conclusion d’album en tout cas.

Le dernier MUCC confirme la règle : le groupe a décidé d’explorer diverses scènes de la musique, afin de nous proposer quelque chose d’original, sans pour autant renier ses origines musicales. La maturité a certainement joué un rôle dans l’écriture de cet album qu’il reste difficile de classer comme une perle ou un navet. Néanmoins la différence notable par rapport à Shion reste sans doute dans la forte présence des sons de guitare, peut-être influencée par le producteur de l’album qui n’est autre que ken, guitariste de l’Arc~en~Ciel. Kyûtai sera donc une belle image du style éclectique du groupe qui semble bien lancé dans sa prise de risque en proposant toujours un contenu divers et varié, que les fans ont l’air de bien apprécier. Une réelle aubaine pour le quatuor qui gagne en popularité !

Avis : ★★★★☆

Les + :
- Les chansons diverses et variées tant au niveau musical que dans l’ambiance,
- Un réel travail qui se ressent, malgré le peu de chansons,
- Tatsuro qui ne cesse de s’améliorer vocalement,
- Les paroles traduites en anglais dans le livret.
Les - :
- La guitare est bien présente certes, mais la basse ne l’est pas assez, ce qui ne ressemble pas au groupe,
- La courte durée de l’album (11 pistes dont 1 intro),
- Une liste de chanson un peu aléatoire…
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