Compte rendu du concert parisien d'UnsraW

live report - 23.02.2010 00:35

Une odieuse parodie de concert.

Après une bien longue pause, qui laissa ses fans sur le carreau, UnsraW était de retour en novembre avec un maxi-single bien plus lisse que ses anciennes productions et décevant au niveau du manque d'originalité et d'inspiration. Alors oui, évidemment, on pardonne cette pause, mais ce qui est plus difficile à digérer c'est la précipitation du groupe à vouloir sortir au plus vite un maxi-single d'une aussi piètre qualité ainsi que l'organisation d'une tournée qui n'aurait pas dû voir le jour avant au moins un an (voire deux). Mais avant de jeter des cailloux, bien que, vous vous en doutez, c'est ce que je vais faire, laissons donc le temps à cette soirée de s'écouler.

Pour ouvrir ce bal des horreurs, c'est EYELESS qui s'y colle. Avec un son death plus ou moins mélodique aux virements hardcore sur la fin du set, bien carré mais peu original, le groupe aura quelques difficultés à faire vraiment bouger le public par la seule force de ses morceaux. Heureusement, plusieurs compères sont disséminés dans la salle pour provoquer quelques pogos et le circle pit que le chanteur réclamera pendant au moins trois morceaux. Quand on a des influences suédoises, il faut qu'on sonne... suédois, malheureusement. En ressort un sous-produit d'In Flames pour le début du set, heureusement vite oublié par la sueur et les consonances hardcore de la fin. Techniquement, aucun reproche à faire, si ce n'est que le chant n'a rien d'original et n'offre absolument aucun intérêt aux morceaux, pourtant bien portés par une instrumentation mélodique et enivrante à souhait.
 
Heureusement que le ridicule ne tue pas (du moins pas physiquement, dommage), UnsraW serait déjà six pieds sous terre depuis samedi soir. Ce concert français et même cette tournée européenne étaient très attendus par les fans du groupe, de la première heure ou les plus récents, mais c'est au final très déçu que certains sont ressortis de la salle. Le groupe a été moyen, en dessous de ses capacités et franchement peu entraînant, si ce n'est lors du rappel. La fatigue ? La récente reprise d'activité qui aura été difficile ? La tournée s'est peut-être déroulée trop tôt, sans vraiment leur laisser le temps de reprendre un peu de forces.
 
Mais UnsraW accumule les clichés des groupes actuels "qui vendent", lui qui était pourtant si différent à ses débuts. Paradoxalement, la musique reste la même, du Dir en grey-like bien formaté, mais au niveau de la prestation, on a du mal à croire qu'il s'agit de la même formation que sur Screaming Birthday. Il ne manquait plus que les paillettes et des pouffiasses dandinant leur gros cul derrière les membres pour nous achever, heureusement, cela n'arriva jamais. Vêtements d'un mauvais goût rarement égalé, chorégraphies minables et inutiles (surtout si c'est pour en faire une seule de tout le concert !) sorties d'un concert d'ayabie ou Antic Cafe, guitariste sorti lui aussi d'ayabie (forcément, sans le masque et avec une coupe "mignonne", ça le fait moins) et pire que tout, du playback honteux sur certains morceaux ! Bref, de quoi être fortement déçu, autant par le visuel que par la musique. On ne demande pas au groupe de briller de milles feux, mais au moins d'être présentable, donner envie de regarder, plutôt que d'obliger les gens à détourner les yeux. En bref, un écœurant mélange de niaiserie assumée et désobligeante.

Tout n'était bien sûr pas à dénigrer durant leur prestation, mais malheureusement, l'ingénieur du son qui semblait s'être endormi, sûrement trop ennuyé par un groupe aussi pitoyable, avait du mal à gérer l'ensemble et le son renvoyé à la foule était comme une sorte de bouillie digérée où seuls se distinguaient le chant et la batterie. Le reste étant noyé dans un flot de décibels écrasés et insupportables. Les fans semblaient être extrêmement excités pendant le concert, ils étaient bien nombreux à monter sur scène pour montrer leur "amour" aux membres, n'hésitant pas à les déranger pour une ou deux embrassades ridicules.

Tout de même, il n'était pas déplaisant d'avoir en rappel Maria, de feu CORE THE CHILD ainsi qu'une version longue de Warai Oni, sur lequel le groupe s'excitera et n'hésitera pas à sauter pour plusieurs bains de foule. Peut-être que la prochaine fois, s'il y en a une, le groupe aura mûri et nous offrira une performance digne de ce nom, plutôt que "ça", à peine digne d'être qualifié autrement. Petit point à souligner et qui n'était pas vraiment agréable. Pour cette tournée, ayant perdu son bassiste il y a peu, Jin, qui officiait chez since1889 ou encore Black:List se faisait une joie de monter sur scène. Malheureusement, sa basse ne semblait pas vraiment présente, était-elle branchée au moins ? À moins que cela ne soit vraiment voulu pour que l'on puisse apprécier "le reste du groupe" plutôt que ce simple membre de session ? Dommage.

Et si ce texte est construit sur des propos fielleux, ce n'est pas en vain, c'est pour appuyer le fait que cette soirée était désastreuse. Ce n'est pas avec plaisir que ces lignes sont rédigées, mais c'est un devoir qui nous est imposé de rétablir un semblant de vérité. Non, ce n'était pas un bon concert, oui le groupe était minable et enfin non on ne pardonne pas tout du fait que l'un des membres ait été hospitalisé de longs mois. Tout simplement une déception.
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