Nombreux étaient ceux qui attendaient l'annonce d'un nouveau concert. Versailles l'a fait et Paris reçoit cette fois encore les honneurs d'être le final de la tournée. Ce retour se fait donc sans surprise dans un Trabendo complet. Le Trabendo parlons-en d'ailleurs, une scène bien trop basse, avec une difficulté inégalable pour trouver une place au point de vue convenable. Chose bien dommage lorsque qu'il s'agit d'un groupe au visuel si important. Mais soit, le concert commence dans l'obscurité presque totale (où rien que le fait d'entrer dans la salle est un périple dangereux).
L'intro de Sound in Gate résonne attirant l'attention du public, impatient comme devant la première d'un film. Puis vient Prelude, à la rengaine scandée à coup de « We are Versailles », repris naturellement par le public qui trépigne de plus en plus. C'est au son de cette seconde introduction héroïque que les membres de Versailles font leur apparition. KAMIJO hurle encore une fois « We are Versailles » pour ceux qui n'auraient pas saisi, puis amorce Aristocrat Symphony. Les premières notes réjouissent la foule et le groupe se démarque déjà à coup de démonstrations techniques de la part des deux guitaristes. MASASHI, bassiste de session tout de noir vêtu, se cache dans l'ombre de TERU. HIZAKI est très agité et ne cesse de bouger malgré son costume imposant. De son côté, le leader fait des effets de cape majestueux en souhaitant la bienvenue dans le monde de Versailles. En réponse à ses mots, le public brandit des roses en tout genre. Arrive alors Shout & Bites, plus agressive, qui montre la frappe puissante de YUKI et permet à KAMIJO de prouver, en s'époumonant sur le refrain, que sa voix ne fait pas que dans le lyrisme. TERU et HIZAKI ouvrent un dialogue musicale en alternant les solos. Le tempo du concert, bien que rapide, s'offre une petite pause pendant laquelle le public à droit au fameux "Bonjour" du chanteur de feu LAREINE. Mais voilà que la mélodie de Zombies retentit, faisant vibrer les cordes au son lourd. La salle est portée par cet air frénétique et tape dans ses mains. Les deux guitaristes oscillent d'un seul et même mouvement, avant que TERU ne s'avance au centre pour un nouveau solo. Les amoureux de la technique pourront également profiter du doigté de nos deux acolytes avec Ai to Kanashi no Nocture, qui prend alors la suite. KAMIJO headbangue sauvagement de concert avec le public, tandis que le plus fluet des deux guitaristes attire l'attention sur l'avant-scène une nouvelle fois.
Il est temps d'une pause supplémentaire : KAMIJO s'exclame en toute modestie « I'm Beautiful, I'm special, I'm your Prince », annonçant la prochaine chanson, PRINCE. Un morceau plus doux pour lequel il attrape l'une des roses de la fosse et la soulève comme une coupe avant de chanter en la serrant contre son cœur et d'envoyer une pluie de pétale sur ses fans. Malheureusement, l'éclairage de la scène est bien mauvais, n'appuyant pas un instant l'ambiance qui tente de se dégager de cette charmante scène. Le chanteur est souvent entouré d'une lumière nébuleuse pénible pour les spectateurs. Le concert continue cependant avec une autre ballade du répertoire du quintette. TERU, à son habitude, marmonne les paroles tout en jouant, alors que HIZAKI, dont le jeu est ici plus lent, frappe ses cordes gracieusement. Une fois le morceau terminé, les membres quittent étonnement la scène, mais rien de grave, cela fait parti du spectacle ! L'instrumentale épique de DESCENDENT OF THE ROSE retentit et les quatre musiciens apparaissent sous les acclamations de la foule, nous offrant une instrumentale aux lignes de guitare heavy et tortueuses : Silent Knight. La batterie s'emballe dans une frappe vive, lorsque soudain le morceau devient plus angoissant. La salle est emportée dans un tourbillon de notes. HIZAKI et TERU finissent par jouer face à face avant de conclure le morceau et quitter de nouveau les planches. Ce dernier revient alors seul au centre de la scène pour interpréter l'une de ses compositions, l'élancée et joyeuse Reminiscence. Il balance de droite à gauche, comme dansant sur sa propre musique qui s'accélère allègrement. Une onde de gaieté emplit la salle avant que les membres reviennent enfin au complet, encouragés par la marée de mains qui les saluent. Catharsis relance le rythme dément du concert par son intro plus lourde. Mais ce n'est rien comparé à la violence de Gekakku, qui suit peu après. La foule suit la fougue de KAMIJO et ses compères en headbangant sans relâche sous leurs cris. Seul point noir au tableau, le son qui, loin d'être parfait depuis le début du concert, ne semble pas supporter l'entrain de ce titre et n'en devient que plus terrible.
Après tant d'animosité, nous avons droit à un nouvel MC suivit directement par Amorphous, où l'on peut apprécier un sursaut de conscience du technicien lumière. Le titre plus calme fait sortir les roses lumineuses que possèdent les fans et KAMIJO finit par lancer la sienne dans le bain de foule. L'ambiance est à point lorsque ce dernier annonce « A present for you ! » en parlant de Serenade, une ballade touchante, surtout chez les plus sensibles qui ne restent pas de marbre. Le public reprend les paroles, bercé par la douce mélodie de cette chanson. Le chanteur remercie alors ses fans avant de se plaindre de la difficulté de la langue anglaise, qui est cependant, dit-il avec humour, moins difficile que le français.
Histoire de ne pas trop plomber l'ambiance, le groupe reprend en trombe avec Ascendead Master, musique pour laquelle les deux guitaristes recevront une ovation pour leur duo époustouflant. Mais KAMIJO aura lui aussi droit à son heure de gloire sur God Palace, une composition entraînante durant laquelle sa prestance vocale ne peut qu'être soulignée, et ce notamment lors de ce passage magnifique et émouvant sur fond d'orgue : un passage très prenant qui reste un point fort du concert. Ce dernier touche d'ailleurs lentement à sa fin. Après le titre précédent assez fantastique, voilà l'annonce de la dernière chanson du jour qui débute sur fond de cloches. PRINCESS, comme un hommage, vient clore le set de ce soir. Les fans en réclament encore, voulant, malgré la chaleur, profiter de cette performance plus longuement. C'est donc après un peu de répit que le groupe réapparait pour un rappel au rythme effréné. En effet, Versailles interprète la puissante The Red Carpet Day, qui semble ensevelir le public sous une avalanche de sons bruts et permet à chacun de se défouler ; y compris les plus calmes qui décident enfin de se remuer. KAMIJO en appelle au public : « approchez-vous! » lance t-il ! Comme pour saisir l'intégralité de ces derniers instants d'échanges intenses avec les fans. Au refrain, tous y vont de leur voix pour reprendre le nom du groupe. Dans cette folie continue, après une présentation des membres parmi lesquelles Jasmine You figure toujours symboliquement, c'est au tour de The Revenant Choir, un choix pertinent pour dire adieu.
Le groupe quitte la scène, cette fois-ci pour de bon, laissant avec ce final grandiose l'impression d'un concert qui valait son prix. La setlist, bien qu'axée naturellement sur le dernier album, était savamment choisie avec notamment un rappel plaisant pour les fans de la première heure, laissant profiter des bons vieux morceaux. Des prouesses vocales réussies -bien qu'un brin nasillardes- de KAMIJO, aux solos rapides et habiles de TERU et HIZAKI, en passant par la batterie puissante de YUKI et la basse discrète de MASASHI, ce concert tant attendu n'a pas déçu. Il aurait pu cependant marquer un sans faute si les conditions avaient été meilleures ; si la lumière n'avait pas donné l'impression permanente d'un brouillard fumant et épais, accompagnée d'un son gâchant ce pour quoi les artistes ont travaillé durement. En espérant donc pour la prochaine fois un concert encore meilleur.
Final de la tournée de Versailles, le 13 juillet au Trabendo, Paris
live report - 13.10.2010 07:00
Les Roses ont brillé à travers la brume.

© Versailles - JaME - Didier CABOCHE















